En choisissant, pour son prochain cadre de partenariat avec le Maroc, de concentrer son action sur l’eau, l’énergie et les infrastructures – tout en portant l’horizon du programme à dix ans au lieu de cinq – la Banque mondiale envoie en réalité des signaux subtils qu’il convient de décrypter (lire l’article en pages 4 à 6).
Des signaux qui, surtout, viennent conforter des choix stratégiques opérés par le Royaume depuis déjà plusieurs années. La poursuite de l’effort d’investissement public, déjà massif, dans les infrastructures confirme d’abord que cette composante demeure l’épine dorsale du modèle de développement et de croissance national. Les près de 300 milliards de dirhams d’investissements publics programmés ne relèvent donc pas d’une fuite en avant budgétaire, mais bien d’une ligne de cohérence reconnue par les partenaires internationaux.
La question de l’eau, elle, s’inscrit presque dans l’ADN des politiques publiques marocaines depuis l’après-indépendance. Face à la succession des cycles de sécheresse et aux épisodes de dérèglement climatique de plus en plus marqués – comme celui observé entre décembre et début février – la vision hydrique du Royaume démontre aujourd’hui toute sa pertinence et, surtout, sa capacité d’adaptation.
Quant au volet énergétique, les programmes intensifs engagés depuis plus d’une décennie dans le solaire et l’éolien, puis plus récemment dans l’hydrogène vert, traduisent l’avance stratégique progressivement construite par le Maroc sur ces filières d’avenir, y compris à l’échelle internationale.
Enfin, en décidant d’inscrire son partenariat avec le Maroc dans une temporalité de dix ans, la Banque mondiale acte implicitement un élément essentiel : la stabilité, la lisibilité et la continuité des politiques publiques nationales permettent désormais une planification de long terme. Et dans un monde devenu plus incertain, cette reconnaissance vaut, à elle seule, un signal de confiance majeur.










