Tromperie
De Fès, elle lui promettait une vie à deux. Et de Belgique, il lui envoyait de l’argent. Mais quand il est venu pour l’épouser, il a découvert qu’il ne s’agissait que de fausses promesses, d’amour simulé et d’argent extorqué. Mais il n’est pas resté les mains croisées.
Il croyait avoir trouvé l’amour à des milliers de kilomètres de chez lui. Installé en Belgique, ce ressortissant marocain en Europe avait fait, il y a plus d’une année, la connaissance d’une femme marocaine sur Instagram. Très vite, les messages se sont multipliés, les appels se sont prolongés et les promesses ont commencé à fleurir. Demeurant à Fès, elle lui parlait de mariage, d’une vie commune et d’un avenir qu’ils construiraient ensemble. Lui, seul et confiant, s’est laissé emporter par cette illusion. Elle se présentait à lui comme une veuve, mère de deux petites filles. Elle prétendait avoir hérité de son mari décédé, il y a quelques mois, des biens immobiliers surtout à Rabat, mais disait se heurter à des obstacles administratifs pour les vendre. Chaque difficulté nécessitait une aide financière. Elle évoquait aussi la maladie de sa fille, les frais de traitement, la scolarité, et la lenteur des démarches liées à la pension de son défunt mari. À chaque histoire, il envoyait de l’argent, convaincu qu’il aidait celle qui deviendrait bientôt son épouse. Au fil des mois, les transferts se sont accumulés. Tantôt pour régler un problème administratif, tantôt pour préparer leur rencontre, et d’autres fois pour organiser une visite familiale ou enregistrer un bien qu’elle prétendait avoir vendu à un prix exorbitant. Il a fini par lui envoyer plus de cent-quatre-vingt mille dirhams. En échange, elle lui offrait des mots rassurants et la promesse répétée d’un mariage prochain, après qu’elle aura réglé les problèmes de la pension mensuelle qu’elle devait empocher mensuellement et qui est de l’ordre de dix-sept mille dirhams.
Dernièrement, décidé à mettre fin à l’attente, il s’est rendu au Maroc afin de conclure les démarches et officialiser leur union. Mais sur place, le rêve s’est effondré. Il a compris peu à peu qu’il n’y avait ni biens à vendre, ni héritage, ni maladie, ni projet réel de mariage. Tout n’était que mise en scène. Avant qu’il ne découvre l’ampleur de la tromperie, elle lui avait rédigé une reconnaissance de dette qu’elle a légalisée à l’annexe administrative El Adarrissa relevant de l’arrondissement urbain d’Agdal, à Fès. Seulement, elle l’a déchiré sous ses yeux lorsqu’il lui a demandé de lui rendre son argent tout en lui ordonnant d’aller ailleurs chercher son argent en l’absence de toute preuve. Blessé et humilié, il s’est tourné vers la justice. Il a déposé une plainte auprès du procureur du Roi près le tribunal de première instance de Fès tout en appuyant ses accusations par des enregistrements sonores qu’il avait gardés et qu’il a gravés sur des CD. L’officier de l’état civil qui a légalisé la reconnaissance de dette a également été mis en cause, tout en l’accusant de faux et usage de faux et complicité à l’escroquerie. Mais, en l’absence de preuves, il a été libéré par le juge d’instruction auprès le tribunal de première instance de Fès. Quant à la jeune femme, elle a été poursuivie, par le même juge d’instruction, en état de liberté provisoire, pour escroquerie. Etant donné qu’elle a contrefait une carte d’identité nationale, elle a été poursuivie également de faux et usage de faux pour qu’elle soit traduite devant la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance.









