Le sport en fin d’après-midi, juste avant l’iftar, peut convenir s’il reste léger : marche rapide, mobilité, étirements, gainage doux. L’avantage est de pouvoir boire et manger immédiatement après.

Médecin spécialiste en Rhumatologie
Éthique, IA & Santé, Oujda
Ramadan : Bouger… mais autrement
Pendant le Ramadan, beaucoup se posent la même question : faut-il arrêter le sport, continuer comme d’habitude ou tout repousser après le mois béni ? La réponse est simple… et nuancée: oui, il est possible de bouger, et c’est même souhaitable pour beaucoup. Mais il faut changer de logique. Ramadan n’est pas le mois des records, c’est le mois de l’équilibre : préserver sa santé, son énergie et sa sérénité.
À jeun : Comprendre ce qui change
Quand on jeûne, le corps continue de fonctionner, mais il s’adapte. Il utilise d’abord l’énergie disponible, puis apprend à économiser. En parallèle, l’hydratation devient plus fragile, car il est impossible de boire pendant la journée. Le sommeil évolue également : coucher plus tardif, lever précoce pour le suhoor, récupération parfois diminuée. Résultat : faire du sport reste possible, mais l’organisme ne dispose ni du même «carburant», ni de la même capacité de récupération. L’objectif devient alors de bouger intelligemment, sans s’épuiser.
Trois profils, trois stratégies
Il est essentiel de distinguer plusieurs profils.
Le sportif «forme» pratique la marche, le vélo doux ou des exercices légers à domicile ou en salle. Son objectif est de rester actif, de préserver le souffle, la mobilité et le moral. Ramadan peut être une période idéale pour entretenir sans se fatiguer. Une séance courte, de 20 à 40 minutes, à intensité modérée, suffit largement.
Le sportif régulier s’entraîne trois à cinq fois par semaine : jogging, renforcement musculaire, sport collectif, avec un objectif de progression personnelle. Pour lui, l’enjeu est d’éviter une baisse brutale de rythme sans tomber dans l’excès. Il est préférable de réduire l’intensité, d’ajuster la durée et surtout de choisir soigneusement le moment de l’effort.
L’athlète de haut niveau ou de compétition se trouve dans une situation différente. Il ne s’agit plus seulement de bon sens, mais de planification, de charge d’entraînement, de récupération et parfois d’enjeux médicaux précis. Le jeûne peut être compatible dans certains cas, mais il doit être encadré et réfléchi. Dans certaines situations, la dispense religieuse peut être envisagée comme une mesure de sagesse.
Le bon moment fait toute la différence
Pour la majorité des personnes, le moment le plus sûr et le plus confortable reste après l’iftar, en attendant 60 à 90 minutes. L’organisme est alors hydraté, a récupéré un peu d’énergie, et l’effort devient plus sécurisé.
Le sport en fin d’après-midi, juste avant l’iftar, peut convenir s’il reste léger : marche rapide, mobilité, étirements, gainage doux. L’avantage est de pouvoir boire et manger immédiatement après. En revanche, une intensité élevée augmente le risque de malaise ou de déshydratation. Le sport avant le suhoor peut être envisagé par certaines personnes, notamment celles qui apprécient le calme matinal. Mais cela exige une organisation rigoureuse du sommeil, condition indispensable à une bonne récupération.
Ramadan n’est pas le mois des records
Pendant ce mois, l’objectif n’est pas de pousser fort, mais de rester régulier. Réduire l’intensité n’est pas reculer : c’est protéger son corps. Une activité douce et maîtrisée vaut mieux qu’un effort intense qui épuise l’organisme et déséquilibre le corps.
Hydratation : Le détail qui protège
Entre l’iftar et le suhoor, il est recommandé de boire régulièrement, sans attendre la sensation de soif. Lors des repas, il est préférable de privilégier les protéines, les légumes et les fibres, tout en évitant les excès de sucres rapides qui provoquent des variations d’énergie.
Les signaux qu’il ne faut jamais ignorer
Vertiges, malaise, palpitations, crampes importantes, maux de tête inhabituels : dans ces situations, il faut s’arrêter. Le corps envoie un signal. En cas de doute, demander un avis médical reste toujours préférable.
À retenir
Ce qu’il faut retenir sur le sport pendant le Ramadan
Bouger est bénéfique, mais Ramadan n’est pas le mois des performances. Pour la plupart des personnes, le moment le plus adapté est après l’iftar. Avant l’iftar, il convient de privilégier des activités douces. L’intensité diminue, la régularité prime, et l’hydratation entre l’iftar et le suhoor devient une priorité.
Regard éthique et médical
Le jeûne est une école de maîtrise, pas une épreuve de mise en danger. Adapter son sport n’est ni une faiblesse ni un renoncement : c’est un acte de responsabilité. Préserver sa santé, c’est honorer un dépôt précieux.









