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African Lion 26 : Le Maroc à l’ère de la guerre assistée par IA

© D.R

Avec des frappes létales en profondeur et hors champ visuel grâce à la Data

Défense et technologie : L’exercice militaire le plus attendu du continent, African Lion 26, veut faire le pari de la haute technologie en champ de bataille. Eclairage.

Le Maroc et les USA sortent la grosse artillerie connectée et augmentée par IA. En effet, plus de 40 fournisseurs de technologies sont attendus à l’occasion de l’édition 2026 de l’exercice militaire le plus attendu du continent, African Lion. Le but est de tester des capacités militaires de pointe aux côtés des forces militaires américaines du 20 avril au 8 mai 2026, dans le cadre d’un effort visant à combler le fossé entre l’innovation émergente et le combattant au Maroc lors d’African Lion 26. Selon les premiers détails dévoilés par le Defense Visual Information Distribution Service (DVIDS), la direction des capacités avancées de la Force opérationnelle américaine pour l’Europe du Sud en Afrique (SETAF-AF) pilote cette initiative, servant de porte d’entrée du commandement pour l’écosystème d’innovation. « Notre objectif ultime est de traduire la vision de transformation du haut commandement en capacités concrètes et opérationnelles sur le champ de bataille entre les mains de nos soldats », a déclaré le lieutenant-colonel Ramon Leonguerrero, chef de projet de la division innovation de l’ACD (Army Control Development). Pour DVIDS, African Lion, le plus grand exercice d’entraînement annuel du Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM), offre l’envergure et la complexité nécessaires pour tester les performances des nouvelles technologies aux côtés de partenaires et d’alliés multinationaux. La même source précise que pour cette année, l’exercice privilégie la fourniture de solutions pratiques aux combattants plutôt que la simple démonstration d’innovations. Concrètement, les responsables affirment que «la direction se charge de la veille technique et de la coordination externe avec l’industrie et le monde universitaire, afin de sélectionner les solutions les plus prometteuses». Selon la même source, cette approche permet à plus de 40 fournisseurs américains de participer à l’exercice et de répondre à des besoins spécifiques, notamment 10 systèmes de commandement de mission, quatre capacités d’attaque en profondeur, 12 dispositifs de défense en profondeur et 15 intégrateurs de contre-attaque.

Maven, système révolutionnaire

Le choix du Maroc pour accueillir cet exercice n’est pas fortuit. En effet, le Royaume offre des avantages uniques grâce à ses vastes étendues, son espace aérien sans restriction et son spectre électromagnétique ouvert qui permettent des expérimentations réalistes. «Notre objectif est de combler le fossé entre les technologies émergentes et les combattants, en utilisant African Lion 26 pour déployer et valider rapidement les outils et les technologies nécessaires pour obtenir un avantage décisif », a ajouté Leonguerrero. L’un des principaux objectifs de SETAF-AF durant cet exercice est de transformer la manière dont l’état-major interarmées traite les données et exécute les frappes. En passant d’un système de rapports manuels à une analyse automatisée en temps réel, le commandement décloisonne l’information. « Ce changement est surtout visible dans l’accélération du processus décisionnel », a poursuivi Leonguerrero. Cette accélération est cruciale pour les opérations d’attaque en profondeur. En tirant parti de l’intelligence artificielle avancée, des outils de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, et des effets lancés par six fournisseurs clés, le quartier général raccourcit considérablement la chaîne de décision. « Cela donne au quartier général la capacité de détecter, de suivre et d’engager des cibles plus rapidement et à des distances plus importantes, révolutionnant ainsi les opérations de reconnaissance en profondeur et d’attaque », a expliqué Leonguerrero. Il en résulte une distance de tir accrue et une létalité renforcée, permettant une dissuasion terrestre crédible. Ce système dote les forces terrestres d’options d’engagement plus rapides et plus rentables, leur permettant de se concentrer sur d’autres priorités stratégiques.

Des technologies comme le système intelligent Maven contribuent à l’élaboration d’une vision opérationnelle commune en reliant les données des capteurs opérationnels et tactiques entre les différentes formations. Il faut préciser que le système intelligent Maven (MSS) représente une avancée majeure dans le domaine des technologies de commandement et de contrôle (C2), intégrant l’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage automatique (AA) pour révolutionner les opérations de ciblage et de logistique de l’armée américaine. Le système MSS a été lancé fin 2020, lors du premier exercice Scarlet Dragon, où il a été initialement utilisé par le XVIIIe corps aéroporté en collaboration avec la IIe force expéditionnaire des Marines. Les premières versions du système reposaient sur l’utilisation d’images satellites commerciales et d’algorithmes pour identifier et engager les cibles. Au fil du temps, le processus a été considérablement optimisé, passant de 12 heures pour la transmission des données de ciblage en 2020 à moins d’une minute aujourd’hui. A noter enfin que le commandement de la région sud à Agadir a accueilli durant la période du 2 au 6 février 2026 les travaux de la réunion de planification finale de l’exercice «African lion 2026 » dans sa 22ème édition, avec la participation de représentants de plusieurs pays partenaires. Cette réunion avait pour objectif de finaliser et de coordonner les différents aspects organisationnels et opérationnels de l’exercice, à travers des discussions portant sur l’interopérabilité, du soutien logistique et de l’intégration des forces participantes dans plusieurs domaines clés, notamment les domaines terrestre, aérien et maritime, ainsi que les opérations des forces spéciales, contribuant ainsi à renforcer la préparation opérationnelle et l’échange d’expériences entre les forces participantes. «L’exercice Lion d’Afrique est prévu du 20 avril au 8 mai 2026 dans les régions d’Agadir, Tan-Tan, Taroudant, Kénitra et Benguerir, dans le but de renforcer la capacité de coopération et d’interopérabilité entre les pays participants, de soutenir la préparation opérationnelle, d’améliorer la capacité à mener des opérations conjointes et intégrées, ainsi que de contribuer à consolider la sécurité et la stabilité régionales», apprend-on auprès des responsables.