Le ratio est d’un médecin (public et privé) pour 1.108 habitants
Radioscopie : La nouvelle carte sanitaire 2025 du ministère de la santé et de la protection sociale révèle une évolution plus marquée des effectifs du corps médical dans le secteur privé que public.
Le nombre total de médecins dans le privé s’élève à 18.542 contre 17.213 en 2024. Dans le public, leur nombre est passé de 15.452 à 15.631. La densité médicale s’est améliorée avec désormais un ratio d’un médecin (public et privé) pour 1.108 habitants contre 1 médecin pour 1.156 habitants en 2024.
Les détails.
Le ministère de la santé et de la protection sociale vient de publier sur son site officiel la carte sanitaire au titre de l’année 2025. Celle-ci donne un aperçu très détaillé des ressources humaines exerçant dans le secteur public et privé, leur répartition par spécialité et par région ainsi que les infrastructures et les équipements. Les données du ministère montrent une évolution des effectifs du corps médical tant au niveau du secteur public que privé. En effet, le corps médical exerçant dans le public a légèrement augmenté en passant de 15.452 en 2024 à 15.631 en 2025. Le Maroc compte 3.309 médecins généralistes et 11.631 spécialistes dans le secteur public. A ceci s’ajoutent 458 dentistes et 233 pharmaciens.
Pour sa part, le corps paramédical dans le public s’élève à 41.792 dont 18.113 infirmiers polyvalents et 6.740 sages-femmes. Signalons qu’en 2024, le corps paramédical dans le public s’était élevé à 40.102 (18.147 infirmiers polyvalents et 6.527 sages-femmes). Dans le secteur privé on dénombre 6.239 médecins généralistes contre 5.978 en 2024. Quant aux médecins spécialistes, leur nombre a aussi augmenté en passant de 11.235 en 2024 à 12.303 en 2025. Le nombre total de médecins dans le privé s’élève à 18.542 contre 17.213 en 2024. Le Maroc compte au total 34.173 médecins (secteur public et privé) en 2025 contre 32.665 médecins l’année précédente.
Concernant les indicateurs de desserte qui mesurent l’adéquation entre l’offre de soins (ressources, infrastructures) et la demande de la population sur un territoire donné, on note une légère amélioration. Les données font état d’un ratio d’un médecin (public et privé) pour 1.108 habitants contre 1 médecin pour 1.156 habitants en 2024.
Dans le public, on compte un infirmier pour 887 habitants alors qu’en 2024 ce ratio était de 1 infirmier pour 918 habitants. Parmi les autres indicateurs, on note un lit hospitalier pour 1.291 habitants en 2025 alors que ce ratio était d’un lit hospitalier pour 1.307 habitants l’année précédente.
Seulement 198 neurochirurgiens et 107 hématologues dans le public
La nouvelle carte sanitaire révèle que le secteur public continue de faire face à un manque de médecins spécialistes. En 2025, le Maroc compte 653 gynécologues, 621 pédiatres, 657 radiologues, 604 ophtalmologues, 545 anesthésistes–réanimateurs, 503 traumatologues, 464 cardiologues, 413 chirurgiens. Pour ce qui est des autres spécialités, les données font état de 381 gastro-entérologues, 379 psychiatres, 342 néphrologues, 220 radiothérapeutes, 286 dermatologues, 272 oncologues, 262 urologues, 258 rhumatologues, 248 neurologues, 198 neurochirurgiens, 107 hématologues, 76 pédopsychiatres.

Situation de l’offre de soins de santé – Année 2025.
Notons que le secteur public ne compte que 44 médecins en génétique, 6 gériatres, 7 virologues, 9 toxicologues, 5 médecins en biophysique, 3 médecins en hygiène hospitalière et 2 mycologues. Par ailleurs, la répartition par région montre que les inégalités persistent. En effet, les médecins dans le secteur public sont concentrés essentiellement dans les régions de Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra avec respectivement 3.555 et 2.525 médecins. Viennent ensuite les régions de Fès-Meknès avec 2.082 médecins, Marrakech –Safi (1985), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (1.662), l’Oriental (1.630), Souss-Massa (1.029), Béni Mellal-Khénifra (479). A l’inverse les provinces du Sud sont les moins dotées en médecins, à savoir Drâa-Tafilalet (296), Laâyoune-Sakia El Hamra (165), Guelmim-Oued Noun (145) et Dakhla-Oued Eddahab (78).
172 hôpitaux publics avec une capacité de 27.140 lits
S’agissant des infrastructures publiques, on relève 3.084 établissements de soins de santé primaire dont 885 centres de santé urbains et 2.199 centres de santé ruraux. Pour ce qui est du réseau hospitalier, les chiffres du ministère font état de 172 hôpitaux publics à travers tout le pays avec une capacité de 27.140 lits. A ceci s’ajoutent 12 hôpitaux psychiatriques avec une capacité de 1.596 lits. Il existe actuellement 150 centres d’hémodialyse dans le public avec 3.088 appareils de dialyse. Pour ce qui est des équipements, le public compte 136 unités de mammographie, 151 échodopplers 4 D, 131 scanographes, 30 IRM, 37 unités de radiologie panoramique, système d’angiographie (23), 15 simulateurs, ostéodensitométrie (13), 2 TEP-San (Tonographie à émission de position couplé à un scanner), appareil de circulation sanguine extracorporelle (17). Ces données montrent que les hôpitaux publics font toujours face à un manque d’équipements.
Casablanca-Settat toujours en tête avec 6.442 médecins privés
La région de Casablanca-Settat continue de concentrer le plus grand nombre de médecins dans le secteur privé avec un chiffre qui s’élève à 6.442. En seconde position figure la région de Rabat-Salé-Kénitra avec 3.724 médecins. Viennent ensuite les régions de Marrakech-Safi (2091), Fès-Meknès (1.789). Pour ce qui est des autres régions, la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima concentre 1.506 médecins, Souss -Massa (997), l’Oriental (924), Béni Mellal-Khénifra (637), Drâa-Tafilalet (218), Laâyoune-Sakia El Hamra (123), Guelmim-Oued Noun (58) et Dakhla-Oued Eddahab (33). Pour ce qui est des infrastructures, on dénombre 475 cliniques privées en 2025 avec une capacité de 21.553 lits. Notons qu’en 2024, leur nombre s’était établi à 453 cliniques avec une capacité de 24.845 lits. La nouvelle carte sanitaire révèle que la région de Casablanca-Settat concentre à elle seule 147 cliniques, suivie de Rabat–Salé-Kénitra (74 cliniques), Marrakech-Safi (58), Fès-Meknès (52), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (46), Béni Mellal-Khénifra (32), l’Oriental (30), Souss-Massa (26), Draâ-Tafilalet (5), Guelmim-Oued Noun (2), Laâyoune-Sakia El Hamra (2) et Dakhla-Oued Eddahab (1).
Par province, Casablanca-Anfa compte 72 cliniques, Rabat (38), Marrakech (35), Tanger-Assilah (30), Fès (28), Agadir (18), Ain Chock (17), Béni Mellal (17), Meknès (16), Oujda Angad (14), Kénitra (14), Hay Hassani (13), El Jadida (10), Salé(10), Nador (9), Khourigba (8), Tétouan (7), Safi (7). Signalons que les cabinets de consultation médicale dans le privé sont au nombre de 15.399. Le privé compte également 386 cabinets de radiologie, 859 laboratoires d’analyse, 6.552 cabinets dentaires, et 10.596 pharmacies.
Renforcement de l’offre de soins hospitaliers
Réforme
Le Maroc a entamé une réforme profonde de son système de santé avec des actions majeures, notamment la construction de nouveaux CHU, la mise à niveau et rénovation d’hôpitaux, l’opérationnalisation progressive des groupements sanitaires territoriaux, la généralisation de la feuille de soins électronique. Le Maroc a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de son système de santé avec la mise en service de deux grandes structures hospitalières, à savoir le nouveau Complexe Hospitalo-Universitaire de Rabat qui avait inauguré le 3 novembre 2025 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et la mise en service du CHU Mohammed VI d’Agadir.
Ces deux structures qui comprennent des équipements et des technologies de dernière génération marquent un tournant décisif vers une médecine moderne en offrant un véritable bond qualitatif dans l’offre de soins. L’année 2026 sera marquée par la poursuite du chantier de construction des CHU, à travers l’équipement du nouvel hôpital Ibn Sina à Rabat, dont l’achèvement des travaux est prévu en 2026, ainsi que la poursuite des travaux de construction et d’équipement des nouveaux CHU, notamment de Beni Mellal, Guelmim et Er-Rachidia. Les crédits qui seront mobilisés pour cette rubrique structurante de l’offre des soins s’élèvent à 5,3 milliards de dirhams au titre de l’année 2026.
Ce chantier permettra ainsi de renforcer la capacité des structures de santé publiques de plus de 3.800 lits. Le renforcement de l’offre de soins hospitaliers figure parmi les priorités du ministère à travers la poursuite et le lancement des travaux de construction des Centres hospitaliers provinciaux et régionaux et des hôpitaux de psychiatrie, des spécialités et de proximité à travers la mobilisation d’une enveloppe budgétaire de 2,5 milliards DH en 2026.
Les chiffres à retenir
En 2025, le Maroc compte 3.309 médecins généralistes et 11.631 spécialistes dans le secteur public. A ceci s’ajoutent 458 dentistes et 233 pharmaciens. Le corps paramédical s’élève quant à lui à 41.792 dont 18.113 infirmiers polyvalents et 6.740 sages-femmes.
Dans le secteur privé on dénombre 6.239 médecins généralistes contre 5.978 en 2024. Quant aux médecins spécialistes, leur nombre a aussi augmenté en passant de 11.235 en 2024 à 12.303 en 2025. Ainsi, le nombre total de médecins dans le privé s’élève à 18.542 contre 17.213 en 2024.
Pour ce qui est du réseau hospitalier, les do nnées du ministère font état de 172 hôpitaux publics avec une capacité de 27.140 lits. A ceci s’ajoutent 12 hôpitaux psychiatriques avec une capacité de 1.596 lits. Les établissements de soins de santé primaire sont au nombre de 3.084.
La région de Casablanca-Settat continue de concentrer le plus grand nombre de médecins et de cliniques dans le secteur privé avec respectivement 6.442 et 147.










