EntretienSpécialUne

Entretien avec Alessandra Astolfi, Global Exhibition Director de la Division Green & Technology d’Italian Exhibition Group: Le Maroc peut devenir un acteur majeur de la transition énergétique euro-africaine

© D.R

Solutions évolutives
La nouvelle édition de KEY- The Energy Transition Expo confirme son ambition de devenir un carrefour stratégique entre l’Europe et l’Afrique. Porté par Italian Exhibition Group, l’événement renforce sa dimension internationale en multipliant les passerelles entre investisseurs, institutions et industriels engagés dans la décarbonation. Positionné parmi les leaders régionaux des énergies renouvelables et reconnu comme un partenaire stratégique de l’Europe, le Maroc s’inscrit pleinement dans l’axe euro-méditerranéen que KEY entend consolider. La participation du Royaume à cette manifestation illustre non seulement l’attractivité croissante du pays dans les filières vertes mais aussi sa capacité à jouer un rôle moteur dans la coopération industrielle et énergétique entre les deux rives. À travers cette interview, Alessandra Astolfi revient sur les innovations majeures de cette édition, les nouveaux formats dédiés à l’Afrique et les perspectives de partenariats concrets, tout en soulignant la place stratégique qu’occupe le Maroc dans l’architecture émergente de la transition énergétique mondiale.


ALM : La nouvelle édition du KEY marque un renforcement de la dimension internationale de l’événement. Quelles sont les principales innovations ou nouveaux formats introduits pour favoriser la coopération entre les acteurs mondiaux de la transition énergétique ?
Alessandra Astolfi : Avec cette nouvelle édition, nous consolidons le profil international de KEY, en renforçant son rôle de plateforme de référence pour les technologies, les services et les solutions intégrées qui accélèrent la décarbonation ainsi que son rôle de hub mondial, ouvert à l’échange avec les acteurs, les opérateurs, les institutions et les associations du monde entier. En particulier, nous déployons des efforts pour favoriser la coopération entre l’Italie et l’Afrique, en ligne avec les priorités du Plan Mattei du gouvernement italien. L’Afrique occupe en effet une place de plus en plus centrale dans la transition énergétique et dans le cadre des politiques énergétiques et industrielles européennes et c’est en ce sens qu’avec KEY nous œuvrons à la mise en relation des entreprises, des institutions et des investisseurs, dans le but d’instaurer de nouvelles collaborations et de nouvelles synergies.
La grande nouveauté de cette année est l’Africa Investment HUB, un espace intégré à KEY pour la première fois, dédié aux rencontres d’affaires et au networking, qui accueillera des associations africaines du secteur en provenance d’Égypte, d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, de Côte d’Ivoire, du Sénégal et d’Afrique du Sud. En outre, cette année encore, Res4Africa consacrera deux événements internationaux à l’Afrique, à l’autosuffisance énergétique du continent et à la nécessité de renforcer les instruments de financement afin d’améliorer l’accès à une énergie électrique fiable et durable.

Comment cet événement joue un rôle d’accélérateur des investissements et du transfert de technologies entre les pays participants, notamment ceux issus d’Afrique ?
KEY n’est pas uniquement un salon, c’est aussi une plateforme internationale axée sur les affaires et la coopération industrielle. Nous ne nous contentons pas de donner de la visibilité aux entreprises et aux technologies puisque nous travaillons par ailleurs avec les entreprises et les institutions dans une optique que j’aime définir comme «diplomatie industrielle et énergétique». L’objectif est de créer un contexte favorable à la naissance de partenariats industriels et financiers. KEY présente des solutions évolutives, qui peuvent être adaptées à des marchés aux multiples exigences.
D’autre part, pour les pays africains, la manifestation représente l’opportunité d’accéder au savoir-faire européen et international. Pendant les trois journées que dure la manifestation, nous organisons des rencontres d’affaires, créant ainsi un écosystème de relations qui soutient la croissance durable, la sécurité énergétique et le développement industriel des pays africains, en valorisant leur grand potentiel aux fins de la transition énergétique mondiale.

Comment la participation du Maroc s’inscrit-elle dans la dynamique globale impulsée par Italian Exhibition Group à travers cet événement ?
Le Maroc est l’un des pays les plus avancés de la région MENA et d’Afrique dans le développement des énergies renouvelables et c’est un interlocuteur stratégique pour l’industrie européenne. Le pays attire en effet des initiatives de grande envergure dans le secteur des énergies propres. Un rapport de la Société arabe de garantie des investissements et des crédits à l’exportation (Dhaman) a confirmé que le Maroc est la deuxième destination arabe, après l’Égypte, pour les investissements directs étrangers (IDE) dans les énergies renouvelables. Entre 2003 et 2024, 55 projets ont été réalisés par 32 entreprises arabes et internationales, en créant ainsi 12.200 nouveaux emplois, soit 15% des emplois générés dans le secteur des énergies renouvelables dans l’ensemble du monde arabe. En outre, le Maroc est leader dans la production d’énergie éolienne parmi les pays arabes. La présence du Maroc à KEY s’inscrit dans la stratégie d’internationalisation de la manifestation et contribue à renforcer l’axe euro-méditerranéen et africain de la transition énergétique.

Quels types de partenariats concrets ou d’opportunités d’affaires cet événement peut-il offrir aux entreprises et institutions marocaines opérant dans les secteurs de l’énergie propre et de l’innovation technologique ?
Au plan industriel, KEY facilite l’émergence de partenariats technologiques entre les entreprises marocaines et les acteurs européens, tandis qu’au plan financier, KEY crée des occasions concrètes de rencontre et d’échange. Sans compter le dialogue institutionnel, fondamental pour attirer les investissements.

Selon vous, quel rôle le Maroc peut-il jouer à moyen et long terme dans la coopération euro-africaine autour de la transition énergétique et quelles synergies souhaitez-vous faire émerger à travers cette édition ?
À moyen et à long terme, le Maroc peut devenir un acteur majeur de la transition énergétique euro-africaine et une référence en matière de développement durable sur le continent, tout en jouant un rôle de pont stratégique dans la coopération avec l’Europe, grâce notamment à la maturité de ses politiques énergétiques dans le secteur des énergies renouvelables.
Le pays a déjà développé de solides compétences industrielles et des projets reproductibles et adaptables à d’autres contextes africains. Aussi, nous espérons qu’à l’occasion de KEY de nouvelles collaborations entre des entreprises européennes et marocaines verront le jour et que nous pourrons commencer à réfléchir au lancement de nouveaux projets communs.