Politique. La Confédération générale des entreprises du Maroc est à la veille d’un rendez-vous très attendu qui arrive une fois tous les trois ans, à savoir le renouvellement de ses instances dirigeantes. Eclairage.
L’année 2026 sera une année électorale par excellence. Les élections législatives sont prévues dans quelques mois. Mais en attendant, un autre scrutin attire déjà l’attention. Les patrons vont élire leurs représentants pour un mandat de trois années. Ce qui fut il y a des décennies un rendez-vous pour la bourgeoisie des grandes villes du Royaume, principalement Casablanca et Rabat, est devenu au cours des dernières années une échéance électorale très attendue aux enjeux multiples et surtout stratégiques dont les péripéties sont scrutées jusqu’au moindre détail par les médias, les forces politiques et une bonne partie de l’opinion publique. Le mandat de l’actuel bureau du patronat arrive donc à échéance. Selon les statuts de la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc), le président est élu par l’assemblée générale élective et ce pour une durée qui ne peut excéder trois (3) années. Le mandat du président prend fin à l’issue de la réunion de l’assemblée générale ordinaire appelée à statuer sur les comptes du dernier exercice écoulé et tenue dans l’année au cours de laquelle expire ledit mandat. Le mandat du président est intuitu personae. À ce titre, il occupe la fonction à titre personnel et ce, nonobstant le membre dont il est le représentant. La fonction de président ne peut être cumulée avec celles de vice-président général, de président de Fédération, de président de CGEM Région ou de vice-président de la CGEM. Le président sortant est rééligible mais ne peut cumuler plus de deux mandats successifs.
Nouveau président
Une chose est sûre donc, la CGEM aura forcément un nouveau président puisque l’actuel président cumule déjà deux mandats successifs. Il faut dire que les candidats à la présidence doivent répondre à des critères stricts. «Ne peuvent postuler au poste de président ou de vice-président général que les candidats, personnes physiques de nationalité marocaine : représentants légaux d’une entreprise membre de la CGEM et justifiant de trois (3) années d’adhésion continue à la CGEM et ce, compris l’année durant laquelle est tenue l’assemblée générale élective considérée ; ou, représentants légaux d’une des Fédérations sectorielles externes de la CGEM telles que définies à l’article 28.3 des présents statuts et justifiant de trois (3) années d’adhésion continue à ladite Fédération et ce compris l’année durant laquelle l’assemblée générale élective considérée. Outre ces qualités, les candidats doivent satisfaire aux conditions d’éligibilité fixées par le règlement intérieur», précisent les statuts de la CGEM. Une nouvelle équipe dirigeante doit ainsi prendre les rênes d’une Confédération qui est loin d’être un simple syndicat corporatiste ou un club honorifique de dirigeants et hommes d’affaires. En effet, le patronat est l’interlocuteur direct des autorités publiques dans plusieurs dossiers. Les représentants de la Confédération participent avec les autres partenaires sociaux aux rendez-vous annuels de dialogue social. Le patronat dispose même d’un groupe parlementaire au sein de la deuxième Chambre du Parlement marocain, la Chambre des conseillers.
Diplomatie économique
Par ailleurs, l’action de la Confédération peut prendre une dimension diplomatique. Sur décision du conseil d’administration, il est institué au sein de la CGEM des conseils d’affaires qui sont chargés de promouvoir les échanges et les partenariats avec des entreprises étrangères et des organisations étrangères ou internationales de même nature que la CGEM.
Sur proposition du président, le conseil d’administration nomme pour chaque conseil d’affaires un président et un vice-président, à choisir parmi les représentants des membres de la CGEM. Ils sont nommés pour une durée de trois ans renouvelable une fois. L’un des exemples concrets de cette dimension diplomatique concerne l’organisation d’événements avec des partenaires étrangers. Le Forum économique Maroc-France avait ainsi été organisé par la CGEM et le MEDEF en octobre 2025 à Dakhla. Il a réuni plus de 300 chefs d’entreprise pour renforcer le partenariat bilatéral et explorer des opportunités d’investissement dans les provinces du Sud, notamment dans l’énergie, l’infrastructure, l’agroalimentaire et le tourisme.
Organisé conjointement par la Confédération générale des entreprises du Maroc et le Mouvement des entreprises de France, à travers le Club des chefs d’entreprise Maroc-France, ce forum vise à renforcer le partenariat économique bilatéral et à identifier de nouvelles synergies entre les communautés d’affaires marocaines et françaises. C’est dire l’importance que peut prendre la Confédération sur le plan de la diplomatie économique. L’autre enjeu pour les adhérents concerne sans nul doute les commissions permanentes. Sur décision du conseil d’administration, il est institué au sein de la CGEM des commissions permanentes spécialisées qui sont chargées d’étudier les questions qui rentrent dans leurs attributions respectives ou qui leur sont soumises par le conseil d’administration, par le conseil national de l’entreprise ou par le président de la CGEM. Les commissions permanentes sont composées des représentants des membres de la CGEM qui s’y inscrivent et agissent à titre gratuit et bénévole.
Une question se pose aujourd’hui avec acuité: qui sera le futur président du patronat? Il s’agit d’une question importante lorsqu’on sait que la présidence de cette organisation a été occupée par des personnalités influentes du monde des affaires et qui ont occupé parfois des fonctions importantes. Difficile d’avancer pour le moment des noms mais dans les coulisses, il est certains qu’un ou plusieurs prétendants se positionnent sérieusement pour occuper la présidence. Affaire à suivre.
Investissement privé
Charte. Depuis plus d’une décennie, l’investissement au Maroc est en croissance continue. Cet investissement est porté toutefois majoritairement par le secteur public, représentant 2/3 de l’investissement total. L’objectif fixé par l’Etat est d’atteindre une part de 65% d’investissement privé à l›horizon 2035, conformément aux recommandations formulées par le Nouveau modèle de développement. L’investissement privé (hors épargne des ménages) qui s’élève en moyenne à 90 milliards de dirhams par an (1/3 de l’investissement total), est porté aujourd’hui à environ 40% par les investissements directs étrangers (IDE), concentrés notamment sur le secteur des industries manufacturières et à environ 60% par des investissements à capitaux marocains, avec 4 activités concentrant 60% des investissements (immobilier, commerce, industries extractives et BTP). Ainsi, conformément aux Hautes Orientations Royales, le ministère de l’investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques a fixé comme premiers objectifs de générer 550 milliards de dirhams d’investissement privé et créer 500.000 emplois pérennes. Il est question de porter la part de l’investissement privé à 50% de l’investissement total. Pour atteindre ces objectifs, des piliers stratégiques ont été identifiés, à savoir : Augmenter l’investissement privé dans les secteurs productifs (industries manufacturières, énergie, industries extractives, agriculture & pêche, tourisme, outsourcing, etc.) ; Drainer une partie des investissements publics en investissements privés par la mise en place de partenariats publics-privés (PPP); Accompagner la montée en gamme des acteurs avec une croissance des investissements privés en corrélation avec la croissance du PIB dans des secteurs tels que l’immobilier, le commerce, les services financiers et les services sociaux. En matière de répartition régionale de l’investissement privé, l’ambition est de réduire au maximum les disparités territoriales. Cet effort permettra à toutes les régions du Royaume de capter une part plus importante de l’investissement privé pendant la période 2022-2026.









