Plus de 3.000 sites sont accessibles à travers le Royaume, proposant des services de dépistage gratuits et garantissant un anonymat total de l’acte.
Sensibilisation : Le ministère de la santé et de la protection sociale va lancer une application mobile pour la sensibilisation autour du dépistage VIH, HV et syphilis. Elle devra encourager le passage à l’acte en facilitant l’orientation des utilisateurs vers les structures de dépistage.
Le dépistage du VIH, des hépatites virales (HV) et de la syphilis constitue une porte d’entrée essentielle vers la prévention, le traitement précoce et la rupture des chaînes de transmission. Il permet aux personnes infectées de bénéficier rapidement d’une prise en charge adaptée, tout en contribuant à la protection de leur entourage et de la santé publique. Conscient de ces enjeux, le ministère de la santé et de la protection sociale a multiplié les initiatives pour élargir et diversifier l’offre de dépistage. Aujourd’hui, plus de 3.000 sites sont accessibles à travers le Royaume, proposant des services de dépistage gratuits et garantissant un anonymat total de l’acte. Malgré ces avancées, la demande de dépistage demeure insuffisante. Pour remédier à cette situation, le ministère va lancer une application mobile pour la sensibilisation autour du dépistage VIH, HV et syphilis. Cette application mobile multiplateforme (Android et iOS) permettra de sensibiliser les publics cibles aux enjeux du dépistage ; de fournir une information fiable, claire et accessible sur le VIH, les hépatites virales et la syphilis. Elle permettra d’orienter les usagers vers les services de dépistage disponibles et offrira un espace confidentiel, interactif et rassurant favorisant l’accès aux services et la communication avec les utilisateurs. Il est également prévu une application web d’administration permettant le paramétrage, la configuration et la gestion centralisée des contenus, des utilisateurs et des fonctionnalités de l’application mobile.
Un tableau de bord web interactif sera mis en place permettant la visualisation et l’analyse des indicateurs de suivi et de performance, avec des possibilités de consultation par niveau territorial et par profil d’utilisateur, afin de faciliter le suivi des activités. Le ministère précise que l’application devra intégrer une fonctionnalité de géolocalisation permettant d’identifier et de localiser facilement les centres de dépistage disponibles. Elle devra proposer un module d’auto-évaluation des risques, sous forme de questionnaire interactif, permettant aux utilisateurs d’évaluer leur niveau d’exposition et de recevoir des orientations adaptées. L’application inclura un assistant virtuel (chatbot) ou un système de conseil interactif permettant de répondre aux questions des utilisateurs et de les orienter de manière personnalisée. Il est à noter qu’un haut niveau de sécurité sera assuré garantissant la confidentialité des données et l’anonymat des utilisateurs conformément aux bonnes pratiques en matière de protection des données. L’application devra contribuer à améliorer le niveau de connaissance et de compréhension des publics cibles concernant le dépistage, ses bénéfices et son caractère gratuit, confidentiel et accessible ; favoriser une perception positive et dédramatisée du dépistage. Elle devra également encourager le passage à l’acte en facilitant l’orientation des utilisateurs vers les structures de dépistage et renforcer la visibilité et la crédibilité institutionnelle du ministère dans le domaine de la prévention et de la santé sexuelle.
Pour rappel, dans le cadre du plan stratégique national de lutte contre le Sida, les infections sexuellement transmissibles et les hépatites virales 2024-2030, le Maroc s’est engagé à atteindre l’objectif mondial dit des «trois 95 » d’ici 2030, à savoir : 95 % des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) connaissent leur statut, 95 % de celles diagnostiquées sont sous traitement antirétroviral, 95 % des personnes traitées présentent une charge virale indétectable. Si les efforts accomplis ces dernières années ont permis d’enregistrer des progrès importants, l’atteinte de ce premier objectif -faire connaître leur statut à au moins 95 % des PVVIH- reste un défi majeur. En 2024, 80% des PVVIH connaissaient leur statut. Cela implique non seulement de rattraper l’écart actuel (estimé à près de 15 points), mais surtout d’instaurer une dynamique nouvelle pour renforcer l’accès et l’adhésion au dépistage de manière durable.










