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Rapport : La feuille de route de l’IRES pour l’égalité entre les femmes et les hommes

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Les disparités persistantes et les barrières systémiques entravent encore l’effectivité de l’égalité et la parité et la pleine participation des femmes dans tous les secteurs de la vie institutionnelle, sociale et économique.

Orientations : Dans son rapport sur l’avenir de la femme marocaine à l’horizon 2050, l’Institut royal des études stratégiques (IRES) propose des orientations stratégiques à court, moyen et long termes en vue d’ancrer une réelle effectivité de l’égalité entre les femmes et les hommes.

L’Institut royal des études stratégiques (IRES) s’est intéressé à l’avenir de la femme marocaine en publiant un rapport intitulé «L’avenir de la femme marocaine à l’horizon 2050 : nœuds du futur et orientations de politiques publiques ». Ce rapport a pour objectif d’établir un état des lieux global des acquis et des insuffisances de la situation des femmes, d’explorer leur avenir en identifiant les nœuds du futur à l’horizon 2050, d’en cerner les enjeux et les défis actuels et futurs. En outre, ce rapport propose une feuille de route d’orientations stratégiques à court, moyen et long termes pour le Royaume, en vue d’ancrer une réelle effectivité de l’égalité entre les femmes et les hommes. Il ressort de ce rapport que le Maroc a placé les droits des femmes au premier plan des réformes institutionnelles, en menant un processus de modernisation du statut des femmes marocaines, marqué par des avancées importantes, en matière d’égalité femme-homme, de promotion et de protection des droits des femmes, aussi bien au niveau du cadre normatif que dans les politiques publiques, les stratégies sectorielles et les mécanismes institutionnels. En dépit de ces efforts, des défis subsistent quant à la pleine réalisation de l’égalité des droits au niveau du statut personnel, à une égale participation dans la sphère politique et économique, et les discriminations intersectionnelles demeurent prépondérantes dans les espaces, public et privé, les femmes et les jeunes filles ne jouissant pas, dans la pratique, de tous leurs droits. Beaucoup de discriminations subsistent encore dans l’arsenal juridique et dans les pratiques, constituant ainsi un frein pour ce qui est de leur autonomisation. Le rapport révèle que bien que les femmes puissent théoriquement accéder aux mêmes droits que les hommes, les disparités persistantes et les barrières systémiques entravent encore l’effectivité de l’égalité et la parité et la pleine participation des femmes dans tous les secteurs de la vie institutionnelle, sociale et économique.

Les orientations des politiques publiques

Les orientations des politiques sont organisées selon deux axes : l’investissement dans la culture de l’égalité et l’investissement dans l’éducation transformationnelle. Ainsi, il s’agit d’ancrer la culture de l’égalité en tant que vecteur d’une transformation sociétale. Dans ce cadre, il s’agit de promouvoir l’égalité dans les médias audiovisuels : institutionnaliser des régulations strictes pour éliminer les stéréotypes de genre dans la production, la sélection et la diffusion des programmes télévisés. Dans son rapport, l’IRES recommande d’élaborer une politique numérique inclusive visant à encourager l’innovation tout en respectant une utilisation éthique de la technologie, pour lutter contre la discrimination algorithmique, les inégalités digitales, le trolling, le doxing et le hacking, dans le but de protéger les femmes contre toutes formes d’abus d’exploitation en ligne.
S’agissant de la promotion de l’éducation transformationnelle, comme stratégie clé pour l’autonomisation des femmes, il s’agit dans ce cadre de renforcer le programme de développement intégré de la petite enfance en rénovant les programmes visant à soutenir le développement des petites filles et garçons au niveau des compétences, physique, cognitive, sociale et psychique, ce qui constitue le socle d’investissement dans le capital humain. Il est aussi question de promouvoir la démocratie participative par la société civile en faveur des droits des femmes: soutenir l’utilisation des droits constitutionnels par la société civile, à travers la vulgarisation d’outils permettant l’expression des volontés collectives.
Parmi les autres recommandations phares du rapport figure le renforcement de la cellule familiale pour promouvoir l’épanouissement des femmes.
Dans ce cadre, il s’agit de promouvoir l’équilibre travail-vie personnelle pour renforcer les liens familiaux, en réduisant le temps de travail pour les hommes et les femmes, favorisant ainsi un engagement accru dans la vie familiale. Il s’agit également de mettre en place des politiques de travail flexibles qui permettent aux travailleurs, hommes et femmes, de consacrer du temps à leurs familles sans préjudice pour leur carrière ou leur sécurité financière à long terme. Parmi les autres recommandations figurent la mise en œuvre des stratégies pour favoriser l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale des femmes ainsi que le renforcement du cadre juridique et réglementaire du travail des femmes.
Dans ce cas précis, l’IRES recommande d’appliquer la Convention 100 de l’OIT sur l’équité salariale entre les femmes et les hommes, en renforçant les mécanismes de contrôle de l’application de la législation sociale pour garantir son efficacité. Il s’agit aussi d’adopter des réformes législatives recommandées par l’OIT pour encadrer et sécuriser le travail indépendant, le travail à domicile et les formes de travail qui émergent en dehors de tout cadre législatif, et qui peuvent améliorer significativement les conditions de travail des femmes, et renforcer leur autonomie économique. L’Institut note qu’en inventant des politiques publiques adaptées, convergentes et coordonnées, le pays dispose des ressources nécessaires pour amorcer une dynamique forte d’intégration des femmes et de dépassement des nœuds existants. Investir dans la culture de l’égalité, en s’appuyant sur les valeurs authentiques de l’identité marocaine dans sa diversité, permettra une transformation culturelle apte à changer les mentalités et lever les tabous liés aux stéréotypes persistants.
Mener une stratégie de politique familiale cohérente et renforcée consolidera la cellule familiale et contribuera à renforcer le lien social de base. Préconiser et mettre en œuvre des politiques de l’emploi socialisées assurera la fluidité et l’efficacité de sa participation au développement économique. Enfin, modifier les structures des systèmes de gouvernance en y intégrant les dimensions égalitaire et paritaire leur donnera plus de force, de créativité et d’effectivité, et fera émerger un leadership féminin capable de relever les défis du futur, dans une société équilibrée et inclusive.

Le nombre de femmes inactives augmenterait de 5,2 millions à l’horizon 2050

Activité
À l’horizon 2050, la population en âge d’activité devrait augmenter de 8 millions de personnes, dont la moitié serait constituée de femmes. Selon les simulations effectuées, prenant en considération la baisse tendancielle du taux d’activité féminin, le nombre de femmes inactives augmenterait de 5,2 millions, portant leur total à 16,2 millions en 2050. Selon le rapport, ces pressions demeureront significatives même avec un scénario de taux d’inactivité constant, avec une augmentation prévue de 3,2 millions de femmes inactives, portant leur nombre à 14,2 millions. Ainsi, les opportunités d’emploi restent limitées, les écarts salariaux persistent et les femmes demeurent sous-représentées dans les secteurs économiques clés. L’IRES estime que sans une action décisive et coordonnée, leur autonomisation économique risque de demeurer un objectif lointain, laissant le potentiel économique et social des femmes largement sous-exploité.