Les obstacles à l’inclusion pleine et effective des femmes sont persistants et multiformes.
Evénement : À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) met en lumière un point de vigilance clé de son dernier Rapport annuel 2024 relatif à l’inclusion des femmes dans la vie publique et à son rôle stratégique dans le développement. Les détails.
Le CESE rappelle que le Royaume du Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a engagé des réformes structurantes et volontaristes pour conforter la place de la femme dans la société. Ces avancées se sont traduites par la consécration du principe d’égalité et de l’engagement en faveur de la parité dans la Constitution marocaine de 2011, par l’adoption de cadres juridiques renforçant la protection des droits des femmes ainsi que par la mise en place de mécanismes institutionnels et stratégiques dédiés à leur promotion, souligne le communiqué. Ces acquis ont profondément transformé le paysage normatif et institutionnel national. Cependant, les données les plus récentes mettent en évidence une réalité préoccupante : un écart persistant subsiste entre les droits consacrés et leur pleine effectivité dans la vie quotidienne des femmes. Le Rapport annuel 2024 du CESE met en évidence un paradoxe : malgré un niveau d’instruction en constante progression, notamment dans les filières scientifiques et techniques, l’insertion économique des femmes reste limitée. En 2024, le taux d’activité des femmes n’atteint que 19,1%, contre 68,6% pour les hommes.
Le chômage féminin s’élève à 19,4%, frappant plus particulièrement les diplômées du supérieur dont 33,5% sont sans emploi. Les inégalités salariales persistent également : l’écart moyen de rémunération dans le secteur privé atteint 23%, et dépasse 40% dans certaines catégories socioprofessionnelles. Plus de la moitié des femmes salariées perçoivent une rémunération inférieure au SMIG, tandis qu’un quart des femmes actives occupées exercent une activité non rémunérée, souvent dans un cadre familial ou informel. À ces fragilités économiques s’ajoute un double fardeau domestique : les femmes consacrent en moyenne plus de cinq heures par jour aux tâches ménagères, contre moins d’une heure pour les hommes. Cette répartition inégalitaire limite mécaniquement leur disponibilité pour l’emploi, l’engagement associatif et la participation politique.
Au-delà de ces déséquilibres, la sous-représentation des femmes se fait particulièrement sentir dans les sphères décisionnelles. Elles demeurent peu présentes au sein des institutions élues, des postes de prise de décision et des instances de gouvernance, tant au niveau national que territorial. Le CESE relève que les obstacles à l’inclusion pleine et effective des femmes sont persistants et multiformes. Ils s’enracinent dans des pratiques sociales discriminatoires, une répartition inégale des rôles, une organisation institutionnelle fragmentée, ainsi que dans le manque de services d’appui adaptés. Ce cumul de facteurs engendre un décalage marqué entre compétences et performance. Certes, les femmes marocaines affichent des résultats académiques remarquables, mais peinent à accéder aux emplois qualifiés et aux postes de responsabilité.










