Depuis le lancement de l’initiative Al Moutmir, plus de 7.300 plateformes de démonstration d’olivier ont été mises en place.
Hausse : L’initiative Al Moutmir a organisé, le 5 mars, l’Open Innovation Lab Olivier 2026 consacré à la présentation des résultats des plateformes de démonstration d’olivier pour la campagne agricole 2024-2025. Les résultats montrent une amélioration notable des performances des vergers ayant adopté les bonnes pratiques agronomiques. Les détails.
L’initiative Al Moutmir a organisé, le 5 mars, l’Open Innovation Lab Olivier 2026, un webinaire consacré à la présentation des résultats des plateformes de démonstration dédiées à l’olivier pour la campagne agricole 2024-2025. Cette rencontre a réuni chercheurs, experts et acteurs de la filière oléicole autour des avancées scientifiques et des innovations susceptibles de soutenir une oléiculture plus durable. Les échanges ont notamment mis en évidence les conditions climatiques particulièrement favorables qui ont marqué la campagne oléicole 2024-2025. En effet, des pluies bien réparties avant le débourrement puis durant les phases de floraison et de nouaison, associées à des températures clémentes, ont permis un développement optimal des arbres. Les précipitations enregistrées en début d’année dans les principales régions oléicoles du nord et du centre du pays, complétées par des épisodes pluvieux au printemps et en fin de campagne ainsi que par l’enneigement dans les zones montagneuses, ont contribué à améliorer les réserves hydriques. Malgré un déficit temporaire dans certaines provinces, les pluies tardives ont permis de rétablir la situation, faisant de cette campagne une année de très bonne production à l’échelle nationale.
Un impact positif sur les cultures
Les plateformes de démonstration (PFD) ont confirmé leur efficacité. Comparées aux parcelles témoins, elles ont enregistré un rendement moyen de 7,9 tonnes par hectare, contre 6,3 tonnes, soit une progression de 25 %. Cette performance s’est accompagnée d’une amélioration de 15 % de la croissance végétative des jeunes pousses et d’une hausse de 14 % du poids de 100 fruits, illustrant l’impact positif des pratiques agronomiques optimisées mises en œuvre sur ces parcelles. La productivité de l’eau s’est également améliorée, atteignant 1,98 kg d’olives par m³ dans les PFD, contre 1,51 kg/m³ dans les parcelles témoins, soit un gain de 31%. Sur le plan économique, la marge bénéficiaire moyenne a progressé pour atteindre 23 093 dirhams par hectare, contre 18.184 dirhams pour les parcelles témoins, soit une amélioration de 27 %. «Ces résultats confirment que l’adoption du programme de gestion intégrée des cultures (ICP) constitue un levier stratégique, en optimisant la nutrition minérale, la gestion rationnelle de l’eau et la protection phytosanitaire. Ils soulignent l’importance de poursuivre l’optimisation et l’adaptation continue du programme des PFD afin de renforcer durablement la productivité, la résilience et la compétitivité de la filière oléicole marocaine », indiquent les initiateurs du programme.
Un dispositif robuste
Depuis le lancement de l’initiative Al Moutmir, plus de 7.300 plateformes de démonstration d’olivier ont été mises en place. Plus largement, le programme des PFD constitue l’un des piliers du modèle Al Moutmir. «Plus de 32.000 plateformes ont été installées dans plus de 42 provinces depuis le lancement de l’initiative. Chaque plateforme démontre l’impact des meilleures pratiques agricoles sur le rendement, la qualité de la production et le revenu généré », expliquent les organisateurs. Co-construit avec l’écosystème agricole et scientifique, ce programme bénéficie notamment du soutien de l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir. Pour la campagne 2024-2025, 391 plateformes de démonstration d’olivier ont été déployées dans 23 provinces et 106 communes, couvrant l’ensemble des zones oléicoles du Royaume. L’initiative vise à accompagner les agriculteurs dans l’adoption de pratiques agricoles optimisées et adaptées aux spécificités locales. Grâce à ce dispositif, plus de 241 agriculteurs ont bénéficié directement des plateformes, tandis que plus de 4.000 producteurs ont été accompagnés indirectement à travers les écoles aux champs, les formations théoriques et les échanges sur les réseaux sociaux ainsi que sur la plateforme digitale @tmar. L’objectif est de créer un effet d’émulation porté par les agriculteurs hôtes de ces plateformes, devenus de véritables ambassadeurs des bonnes pratiques et garants de la diffusion des innovations au sein de leurs communautés.
Mode d’emploi
Concrètement, une plateforme de démonstration fonctionne comme une parcelle pilote sur laquelle l’ingénieur agronome met en œuvre un itinéraire technique optimal et durable. À proximité, une parcelle témoin est conduite selon les pratiques habituelles de l’agriculteur. Cette comparaison directe permet aux producteurs de constater les écarts de performance et d’adopter plus facilement les bonnes pratiques agricoles. L’itinéraire technique appliqué dans les PFD repose sur un programme de management intégré, l’Integrated Crop Program (ICP), articulé autour de quatre piliers : la gestion rationnelle de l’eau, la fertilisation raisonnée, la protection intégrée des cultures et l’utilisation de produits de spécialité. Le processus débute par des analyses de sol, étape essentielle pour définir une stratégie de fertilisation adaptée et assurer une nutrition équilibrée des cultures. Ces analyses sont réalisées par des laboratoires mobiles déployés à l’échelle nationale par Al Moutmir. Les résultats orientent ensuite la production d’engrais adaptés grâce à l’unité intelligente de production, le Smart Blender. Une fois la plateforme installée, l’agriculteur bénéficie d’un suivi régulier tout au long des stades clés du cycle de la culture. En parallèle, des écoles aux champs sont organisées directement sur les parcelles afin d’offrir une formation pratique aux agriculteurs et à leur entourage. Ce dispositif est complété par des programmes de renforcement des capacités, sous forme de sessions de formation théorique couvrant différents aspects de la gestion des cultures.
Témoignages : L’accompagnement d’Al Moutmir change la donne
L’accompagnement du programme Al Moutmir auprès des agriculteurs marocains continue de démontrer son efficacité sur le terrain.
À travers des plateformes de démonstration et un encadrement technique rapproché, de nombreux producteurs constatent des améliorations tangibles en matière de rendement et de qualité de production. À Ouezzane, l’agricultrice Zohra Lahboussi témoigne des résultats obtenus sur son exploitation lors de la campagne agricole 2024-2025. «Avec l’équipe Al Moutmir, nous avons installé une plateforme de démonstration dédiée à l’olivier, en suivant un itinéraire technique raisonné et en appliquant la formule 15-30-10 à raison de deux quintaux par hectare », explique-t-elle. Jusqu’alors, ses pratiques se limitaient essentiellement à la taille et au travail du sol. L’introduction d’une fertilisation adaptée et d’un suivi technique plus structuré a toutefois permis d’améliorer nettement la performance de son verger. « J’ai observé des olives plus homogènes, mieux remplies et un rendement supérieur de 30 % par rapport à la parcelle témoin où je maintenais mes pratiques habituelles », précise-t-elle. Même constat du côté de Haddou Ourrichane, agriculteur à Beni Mellal, qui a lui aussi participé à la mise en place d’une plateforme oléicole dans le cadre du programme. « Cette année, j’ai appliqué la formule 12-26-18 conformément aux recommandations techniques issues de l’analyse de sol », indique-t-il. Les résultats se sont révélés particulièrement encourageants : «J’ai obtenu un rendement de 12 tonnes par hectare, alors que la parcelle témoin n’a pas dépassé 9 tonnes. Cette expérience m’a convaincu de l’importance d’une fertilisation équilibrée et basée sur des données techniques fiables». À Guercif, Hassan El Khantach met également en avant l’impact de l’accompagnement technique reçu. « Grâce au programme Al Moutmir, j’ai bénéficié d’un encadrement régulier qui m’a permis d’améliorer la conduite de mon verger d’olivier», souligne-t-il. Les recommandations de l’agronome, notamment en matière de taille raisonnée, de suivi de la fertilisation et de gestion phytosanitaire, ont permis d’optimiser l’état végétatif des arbres. «Les arbres sont aujourd’hui plus équilibrés et plus vigoureux, avec une meilleure nouaison et un calibre de fruits amélioré», explique l’agriculteur. Résultat : Un rendement de 11 tonnes par hectare contre 9 tonnes sur la parcelle témoin, soit une progression de plus de 20 %.










