Chroniques

Jeunes mre : La terre de leurs ancêtres collée à la semelle de leurs souliers…

© D.R

Identité plurielle
Rentrer ou ne pas rentrer au pays est en définitive une fausse question : cela se fait naturellement, un retour définitif, un retour épisodique, un retour temporaire…le principal est l’envie !

 

Cette phrase est belle, il faut en saisir tout le sens et l’émotion pour comprendre la sensibilité, l’identité, l’âme de la jeunesse de la diaspora…
Moi-même né en France, y ayant grandi, passé mon enfance, mon adolescence et une partie de mon âge adulte (je suis rentré il y a plusieurs années dans mon pays d’origine où j’espère sincèrement faire œuvre utile !!!), je connais ce sentiment : notre amour pour notre pays d’origine, notre attachement à notre Roi dépassent largement ce que l’on appelle patriotisme, il y a ici une dimension supplémentaire, spécifique à la communauté marocaine de l’étranger. Il y a dans cet amour un aspect identitaire, affectif, humain qui fait de nous ce que nous sommes.
Cette phrase je l’employais toujours pour me décrire tant lorsque j’étais jeune acteur associatif que lorsque j’étais conseiller ministériel dans deux cabinets en France.
Arracher cette part de nous serait tout d’abord impossible, et nous déracinerait, ferait de nous des ovnis. Nous ne serions plus nous !
Je sais, sans doute est-ce difficile pour certains de comprendre cette spécificité, mais croyez-moi elle est indiscutable.

Tout d’abord parce que nous sommes les enfants ou petits-enfants de ces Marocains qui ont quitté leur pays dans les années 70, parfois les années 60, non pas pour fuir mais au contraire pour aller dans des pays qu’ils ne connaissaient pas afin de subvenir aux besoins de leurs familles avec cet espoir chevillé au corps de revenir après quelques années…
Hélas beaucoup y reviennent aujourd’hui dans un cercueil…
Ils ont non seulement élevé leurs enfants mais ont aussi énormément -et toujours-, contribué au développement du Maroc. Sans jamais rien demander, car cela était pour eux naturel !!!!
Ils nous ont transmis les valeurs, les traditions, la culture du pays d’origine… tout cela est inhérent à nous, il ne s’agit nullement de renier ce que nous devons aux pays d’accueil, aux pays de vie… il s’agit tout simplement de nous laisser gérer cette identité plurielle qui est nôtre.

Rentrer ou ne pas rentrer au pays est en définitive une fausse question : cela se fait naturellement, un retour définitif, un retour épisodique, un retour temporaire…le principal est l’envie !
L’envie de contribuer, l’envie de participer, l’envie de se vouloir partenaire… alors certes il y a des exceptions -certains qui roulent des «mécaniques», qui se croient indispensables, irremplaçables, qui oublient que le Maroc regorge de talents et croient qu’il n’attend qu’eux… mais avouons-le ces cas sont très marginaux face à l’immense majorité de toutes les générations de MRE, animés par leur bonne foi, leur amour, leur besoin existentiel d’être aussi Marocains… ils mettent leurs acquis, leurs connaissances, leurs talents au service de la Nation…
Très peu de diasporas sont dans ce moove : je citerais les Portugais, les Turcs… mais les Marocains n’ont pas leur équivalent.
Il ne faut pas oublier que les nouvelles générations ne sont pas «flexibles» face à la hogra, ils ont du répondant !!!!
Les paroles de Sa Majesté Mohammed VI, invitant les Marocains de la diaspora à participer au développement du Maroc, sont présentes en chacun d’eux et rien ni personne ne peut -ni ne doit- envisager de s’interposer. Le Roi est leur interlocuteur suprême…

J’ai vécu au sein de la jeunesse – qu’elle soit du Royaume ou de la diaspora – les réactions lors de la CAN et j’ai vu ces jeunes s’identifier aux attitudes, aux gestes de Smit Sidi, notre Prince Héritier. Les similitudes générationnelles étaient émouvantes…
Ce lien, nulle tempête dans un verre d’eau ne pourra le dissoudre !
Cela n’est pas donné à tout le monde d’appréhender le rapport des MRE à leur pays d’origine… cela nécessite de la sensibilité, du tact, du respect, de l’affection… c’est d’ailleurs pour cela que la plupart du temps les politiques en charge de la communauté de l’étranger échouent… Ils n’ont pas cette fibre.
Assistez à la cérémonie des Trophées de la Fondation des Marocains du Monde, allez fouler les travées du SMAP-IMMO à Paris ou à Bruxelles et là peut-être comprendrez-vous ce feu qui les anime… Peut-être…

Lors du Ftour Pluriel de Marocains Pluriels et Salam Lekoulam, la semaine dernière, jeunes du Royaume et jeunes MRE étaient mis à l’honneur – aucun de ces jeunes venus de France, de Belgique, du Canada n’a demandé une quelconque prise en charge, tous se sont assumés financièrement, la joie au cœur.
Et personnellement ce qui m’a profondément touché c’est cette symbiose, cette fraternité qui s’est installée aussitôt entre les jeunes venus de l’étranger et ceux venus du Royaume, unis dans une darija colorée…
Le secret est là : un(e) Marocain(e) où qu’il vive est un Marocain à part entière et ne sera jamais un Marocain entièrement à part !
#AllahAlWatanAlMalik.