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De lourdes peines dans une affaire d’enlèvement et viol à Beni Bouayach

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Fusillade »
Lors de la dernière semaine du mois de février dernier, la chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel d’Al Hoceïma a rendu son verdict dans une affaire mêlant enlèvement, violences sexuelles, chantage à la vidéo et fusillade nocturne qui avait semé la panique dans le quartier Bousselama à Beni Bouayach.

Le soir du jeudi 21 novembre dernier, le quartier Bousselama à Beni Bouayach dans la province d’Al Hoceïma a été brusquement tiré de sa quiétude par des détonations qui ont déchiré le silence. Dans cette zone résidentielle habituellement paisible, des coups de feu ont éclaté au milieu de la rue, provoquant un mouvement de panique parmi les habitants réveillés en sursaut. Derrière ces tirs se déroulait en réalité une affaire criminelle complexe mêlant enlèvement, violences et menaces.
Tout a commencé par une confrontation entre deux groupes circulant à bord de véhicules. D’un côté, un 4×4, de l’autre une voiture légère appartenant à une agence de location de voitures. Les échanges ont rapidement dégénéré, des tirs d’arme à feu retentissant au cœur du quartier. Alertées, plusieurs unités de sécurité ont convergé vers les lieux afin de sécuriser la zone et éviter que la situation ne s’aggrave davantage.

Dans la foulée, les éléments de la police judiciaire relevant de la sûreté régionale d’Al Hoceïma ont ouvert une enquête pour comprendre les circonstances exactes de l’incident. À bord de l’un des véhicules impliqués se trouvait un homme blessé, rapidement évacué vers l’hôpital provincial Mohammed VI. Une fois pris en charge, il a livré aux enquêteurs un récit glaçant.
Selon ses déclarations, il a été enlevé par plusieurs individus qui l’ont ligoté avant de le forcer à monter dans un véhicule. Pendant sa captivité, les agresseurs ont placé à ses côtés une quantité de drogue ainsi que des comprimés psychotropes.

Mais les faits ne se sont pas arrêtés là. L’homme a également affirmé avoir subi des violences sexuelles, avant que ses agresseurs ne filment la scène.
Les suspects l’ont ensuite menacé de diffuser la vidéo sur les réseaux sociaux s’il osait porter plainte ou alerter la police. Terrifié, il a finalement été abandonné après cet épisode, mais l’affaire a pris une tournure inattendue lorsque la confrontation armée entre les différents protagonistes a éclaté dans le quartier Boussalama. Les investigations ont rapidement conduit les enquêteurs vers un suspect bien connu des services de police.

Arrêté dans le quartier Mirador supérieur, ce jeune homme, déjà impliqué par le passé dans des affaires liées à l’organisation de l’immigration clandestine, a d’abord reconnu devant la police judiciaire avoir participé à la fusillade. Il a même décrit le trajet emprunté avec ses compagnons et cité les noms des personnes présentes dans le véhicule d’où les tirs ont été effectués. Mais face au juge d’instruction, il s’est rétracté et a nié les faits.

Au terme de l’enquête et de la procédure judiciaire, la chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel d’Al Hoceïma a tranché. Les deux principaux accusés, poursuivis pour une longue liste d’accusations graves allant de l’enlèvement à la séquestration, en passant par le viol, le vol qualifié, la détention illégale d’arme à feu, le trafic de drogue et l’enregistrement d’images d’une personne dans un lieu privé sans son consentement, ont été condamnés, trois mois plus tard, en mois de février 2026, à de lourdes peines. Le premier a écopé de quinze ans de réclusion criminelle, tandis que le second a été condamné à dix ans de prison ferme. Tous deux ont été acquittés de certains chefs d’accusation, notamment la constitution de bande criminelle pour l’un et la tentative de meurtre avec préméditation pour l’autre, mais déclarés coupables des autres faits.