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Béni Mellal : Une handicapée violée pendant 20 ans, 8 enfants sans filiation

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Procès
Pendant près de vingt ans, une trentenaire en situation de handicap mental a subi des viols répétés dans un village isolé de la province de Béni Mellal, donnant naissance à huit enfants. Neuf hommes sont visés par l’enquête. L’instruction se poursuit et une nouvelle audience est prévue le 14 avril devant le juge d’instruction.

Dans les montagnes enclavées du village Tizi N’Isly dans la province de Béni Mellal, une affaire d’une extrême gravité a fait surface, lundi 9 mars, devant le juge d’instruction relevant de la Cour d’appel à Béni Mellal. Une jeune femme de trente-deux ans en situation de handicap mental s’est retrouvée au centre d’un dossier judiciaire qui met en cause plusieurs hommes pour des viols répétés qui se sont étalés sur près de vingt ans et ont conduit à la naissance de huit enfants dont la filiation reste incertaine.
Originaire du douar isolé de Tihouna Naït Ouidir, dans la commune rurale de Tizi N’Isly, la victime a commencé à subir ces agressions alors qu’elle n’avait que quatorze ans. Orpheline de mère et vivant dans une grande précarité avec son père octogénaire et malvoyant, elle se trouvait dans une situation d’extrême vulnérabilité.
Selon les éléments de l’enquête menée par les éléments de la gendarmerie royale, les faits ont été commis de manière répétée par plusieurs hommes appartenant à son entourage ou à son environnement proche. Ces agressions sexuelles ont donné lieu à plusieurs grossesses successives.

Aujourd’hui, huit enfants sont issus de cette situation. L’aîné, un garçon, est âgé de dix-sept ans et vit avec sa mère ainsi que trois autres enfants. Un nouveau-né est décédé peu après sa naissance, tandis que trois enfants ont été confiés à d’autres familles, dont un bébé récemment placé auprès d’une famille à Agadir.
L’affaire qui a éclaté en janvier dernier a connu un nouveau développement judiciaire, lundi dernier, devant le juge d’instruction. D’abord, seuls six suspects parmi les neuf impliqués dans cette affaire et poursuivis en état de liberté provisoire ont répondu positivement à la convocation du juge d’instruction alors qu’un seul s’est absenté. Deux des neuf suspects n’ont pas encore reçu de convocation.

En effet, selon les informations recueillies d’une source de la société civile soutenant la jeune femme, l’un des prévenus a partiellement reconnu devant le juge d’instruction avoir entretenu des relations sexuelles répétées avec la victime, se déclarant prêt à reconnaître tout enfant dont la paternité serait confirmée par des analyses génétiques. Les autres mis en cause ont, pour leur part, nié toute charge retenue contre eux. Et en l’absence de trois autres suspects, le juge d’instruction a reporté l’examen de l’affaire au mardi 14 avril 2026 afin d’être sûr qu’ils seront présents.
On apprend, par ailleurs, que des tests d’identification par ADN ont été effectués, mardi 24 février, au centre régional de la gendarmerie royale à Béni Mellal. Affaire à suivre.