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Bientôt l’assemblage des avions militaires au Maroc ?

© D.R

«Le Maroc s’érige désormais en destination privilégiée pour les investissements, à la faveur de ses infrastructures modernes et de ses compétences capables de répondre aux exigences des industries de pointe».

Le Royaume persiste et signe. Un avion sera assemblé à 100% au Maroc dans un futur proche. Dans le cadre d’une stratégie industrielle nouvelle avec le renforcement de la souveraineté comme principal leitmotiv, l’objectif au Maroc dans les toutes prochaines années est de construire un aéronef intégralement sur son territoire. Si les ambitions du Maroc de fabriquer un avion de type commercial de A à Z localement ne date pas d’aujourd’hui, la grande nouveauté concerne le domaine militaire. Les autorités marocaines fixent la barre un peu plus haut et visent désormais l’assemblage d’un avion militaire également. C’est ce que le ministre de l’industrie et du commerce vient de confirmer récemment dans une déclaration médiatique. «L’objectif sous le leadership de SM le Roi est d’atteindre le niveau d’assemblage final d’un avion commercial ou militaire au cours des prochaines années», a indiqué Ryad Mezzour dans une déclaration au micro de la chaîne de télévision internationale CGTN Africa. Après la fabrication de voiture, le Royaume se positionne clairement dans le domaine de l’aéronautique avec une montée en gamme confirmée.
Le pays n’est qu’au début de cette nouvelle étape de l’histoire de son industrie mais sur le terrain des pas sont déjà entrepris pour renforcer l’écosystème national dans le secteur de l’aéronautique avec le lancement de projet destiné à produire des pièces et des parties très sophistiques et hautement technologique dans un avion. De même, les délégations marocaines multiplient les contacts et les visites pour prospecter de nouveaux partenariats internationaux aux Etats-Unis et en Europe mais également en Asie du Sud ainsi qu’en Asie orientale.

Ambitions
Dans le domaine des avions commerciaux des projets ambitieux avaient été annoncés au cours des dernières années. C’est le cas notamment de Kansas Modification Center, LLC (KMC), Stratos Industries et Integrated Aerospace Alliance, LLC (IAA) dévoilant une collaboration stratégique visant à redéfinir le secteur de la conversion d’avions de ligne en avions-cargos (P2F) du Boeing 777-300ER.
Ce partenariat vise notamment à unir les atouts et les capacités uniques de l’industrie aéronautique en pleine expansion au Maroc avec les capacités d’ingénierie et de certification de KMC ainsi que les compétences d’ingénierie, de certification et de gestion de programmes aérospatiaux de l’IAA.
Concrètement, le projet comprendra le développement d’une installation de production du 777-300ER P2F à l’aéroport international Mohammed V de Casablanca, au Maroc. Avec la construction de trois hangars pour gros-porteurs au Maroc par Stratos, KMC sera en mesure d’augmenter sa production de 777-300ER P2F jusqu’à huit avions supplémentaires par an.
Le projet marocain permettra à KMC, Stratos et IAA de répondre à la demande mondiale croissante de cargos 777-300ER et à celle de ses clients en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.

Pistes militaires
Dans le secteur militaire, le Royaume est impliqué dans un vaste programme de modernisation ses ses Forces royales air (FRA). Le Maroc a fait l’actualité ces derniers mois, notamment dans la presse spécialisée, en raison des contacts avec des fabricants asiatiques de matériel de combat. Ainsi, une délégation marocaine avait eu des échanges avec les dirigeants de Korea Aerospace Industries (KAI) au Salon mondial de la défense 2026 en Arabie Saoudite. Le KAI est connu pour la production de l’avion de chasse FA-50, la version la plus récente du T-50 Golden Eagle. Il s’agit, en effet, d’une famille de chasseurs supersoniques et d’avions d’entraînement avancés sud-coréens, conçue, développée et fabriquée par Korea Aerospace Industries (KAI) depuis la fin des années 1990. En 2011, KAI met à niveau quatre avions d’entraînement T-50 Golden Eagle pour en faire les prototypes de chasseurs multirôles légers, désignés FA-50. Ce dernier est donc une version multirôle vendue aux Philippines, à l’Irak puis en 2020 à la Pologne. KAI continue son développement au début de la décennie 2020 et la vend à la Malaisie en 2023.
Cet avion a également plusieurs atouts, notamment la compatibilité avec la nacelle de désignation laser Lockheed Martin Sniper, une amélioration du radar de conduite de tir pour la capacité au-delà de la portée visuelle (BVR), ravitaillement en vol ainsi qu’un radar à antenne active, compatibilité avec missiles américains AIM-9X et AIM-120. Par ailleurs, les derniers mois ont été marqués par la visite au Maroc du ministre fédéral de la défense de la République Islamique du Pakistan, Muhammad Asif Khawaja, accompagné d’une délégation de haut niveau en visite de travail au Royaume du Maroc. Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre de la consolidation et de la diversification de la coopération bilatérale entre le Royaume du Maroc et la République Islamique du Pakistan, a été marquée par la signature d’un mémorandum d’entente dans le domaine de la défense et ce, en présence du Général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces Armées Royales et Commandant la Zone Sud et de l’ambassadeur de la République Islamique du Pakistan à Rabat. Ce mémorandum d’entente porte sur la coopération, notamment dans les domaines de la formation, de l’entraînement et exercices, de la cybersécurité, de l’industrie de défense, de la santé militaire ainsi que l’échange d’expérience et d’expertise dans d’autres domaines d’intérêt commun. Il prévoit également la création d’un mécanisme de suivi et de coordination conjoint des activités de coopération arrêtées d’un commun accord.
Lors de cette visite, les deux parties ont mis en exergue le caractère important du partenariat entre les deux pays et ont également passé en revue les différents volets de la coopération militaire bilatérale et les voies et moyens de la renforcer davantage dans les domaines d’intérêt commun.
Pour rappel, le Pakistan avait développé avec la Chine le JF-17 Thunder qui est un avion de combat multirôle, monoréacteur léger. L’armée de l’air pakistanaise avait besoin d’un appareil de combat économique, multirôle, de technologie intermédiaire pour remplacer sa flotte de Nanchang Q-5, Chengdu F-7P/PG et Dassault Mirage.

Ecosystème: Industrie
En attendant la concrétisation de projets d’assemblage au Maroc, le pays consolide l’écosystème industriel local avec des projets importants. C’est le cas pour le projet de réalisation d’une usine de production des trains d’atterrissage. Le lancement du projet de réalisation à Nouaceur d’une usine de production des trains d’atterrissage du Groupe Safran constitue un nouveau jalon dans le processus de développement de l’industrie aéronautique nationale, avait affirmé le ministre délégué chargé de l’investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Karim Zidane. Dans une déclaration à la presse à l’occasion de la cérémonie de présentation et de lancement de ce projet, présidée par SM le Roi Mohammed VI au Palais Royal de Casablanca, M. Zidane a souligné que cette nouvelle usine, qui renforcera la place pionnière du Maroc dans ce domaine, va créer 500 emplois au profit des jeunes compétences marocaines hautement qualifiées. Ce projet, a-t-il poursuivi, renforcera davantage le rayonnement du Maroc en tant que destination attractive pour les investissements, et aussi comme pays d’excellence et des industries de pointe, notant que ce jalon «marque un début réussi sur la voie d’atteindre l’objectif de fabrication d’un avion 100% Made in Morocco». M. Zidane a, dans ce sens, relevé que le Maroc s’érige désormais en destination privilégiée pour les investissements, à la faveur de ses infrastructures modernes et de ses compétences capables de répondre aux exigences des industries de pointe. Cette dynamique intervient conformément aux politiques sages initiées par SM le Roi Mohammed VI dans le but de faire du Maroc un pôle des industries modernes et de l’avenir à forte valeur ajoutée, a-t-il conclu.