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Rapport de l’Unesco 2026 : Le Maroc a fortement réduit le nombre d’enfants non scolarisés

© D.R

L’identification précoce des élèves à risque et le soutien personnalisé constituent des éléments clés d’une réforme majeure récente : le programme des écoles pionnières. 

Education : Le taux de non-scolarisation au Maroc a reculé à un rythme de 1,6 point par an, selon le dernier rapport mondial de suivi sur l’éducation de l’Unesco. Le nombre d’adolescents et de jeunes non scolarisés est passé d’un peu plus de 2 millions en 2000 à 570.000 en 2023, soit une baisse de 72 %.

Le Rapport mondial de suivi sur l’éducation de l’Unesco 2026, rendu public le mercredi 25 mars, fait état de progrès significatifs dans le domaine de l’éducation au Maroc ces dernières années. Depuis 2000, le Maroc a enregistré des progrès remarquables : le taux de non-scolarisation a reculé à un rythme de 1,6 point de pourcentage par an, une cadence soutenue pendant plus d’un quart de siècle. Selon le rapport, le taux d’adolescents hors de l’école au niveau du collège est passé de 42% à 6%, tandis que celui des jeunes en âge de lycée a chuté de 63% à 23%, atteignant désormais des niveaux comparables à ceux des pays à revenu intermédiaire supérieur. Le Maroc, dont les taux de non-scolarisation étaient en 2000 inférieurs à la moyenne des pays à revenu intermédiaire inférieur, a ainsi atteint en 2023 des niveaux comparables à ceux des pays à revenu intermédiaire supérieur.

Le nombre d’adolescents et de jeunes non scolarisés est passé d’un peu plus de 2 millions en 2000 à 570.000 en 2023, soit une baisse de 72%. Ces progrès ont été soutenus par un vaste programme de construction d’établissements publics : entre 1999/2000 et 2023/2024, le nombre d’établissements publics du premier cycle du secondaire a plus que doublé (de 941 à 2024 en 2023/2024) et celui des établissements publics du second cycle du secondaire a presque triplé (de 537 à 1.505). Il faut aussi signaler les politiques visant à limiter l’abandon scolaire, notamment les transferts monétaires conditionnels du programme Tayssir, qui a bénéficié à 3,1 millions d’élèves en 2025. Des mesures préventives -campagnes de sensibilisation, implication des familles et services sociaux- combinées à des investissements dans les transports et les internats en milieu rural ont également permis d’améliorer l’accès à l’école et le maintien des élèves dans le système. Un nouveau système d’alerte précoce aide désormais à identifier les élèves à risque de décrochage. Mais cette expansion rapide de l’accès pose aussi de nouveaux défis. Les taux de redoublement restent élevés dans le secondaire. Le document signale que le redoublement a progressivement diminué dans l’enseignement primaire pour atteindre 7% en 2024, il est resté stable dans l’enseignement secondaire durant les années 2000, avant de suivre une trajectoire différente après 2015 : une hausse dans le premier cycle du secondaire, atteignant 23 % en 2019, et une baisse dans le second cycle du secondaire, atteignant 11% en 2024. Par ailleurs, l’autre défi est le coût croissant de l’éducation. La part de l’éducation dans les dépenses totales de consommation des ménages a augmenté rapidement, passant de 1,6 % en 2001 à 2,7 % en 2007, puis à 3,7 % en 2014. Cela se reflète en partie dans la part croissante des établissements privés dans les effectifs totaux, qui est passée entre 2003/2004 et 2023/2024 de 2% à 11% dans l’enseignement secondaire collégial et de 4% à 12% dans l’enseignement secondaire qualifiant.

Par ailleurs, le rapport met l’accent sur les unités de suivi psychologique et pédagogique afin d’identifier les élèves à risque de décrochage. Ces unités orientent déjà les élèves vers le programme École de la deuxième chance, qui vise à réintégrer les jeunes en leur offrant une éducation de base et une formation professionnelle adaptées aux besoins du marché du travail. En 2011/12, le programme a permis de réinsérer 40.000 enfants et jeunes dans le système scolaire. Le réseau des Associations des écoles de la deuxième chance (RAE2C-Maroc), lancé en 2020, gère 238 centres à travers le pays, accueillant des jeunes âgés de 16 à 20 ans. En 2024/25, près de 18.000 jeunes y étaient inscrits, dont 72% ont été réinsérés : 16 % dans l’enseignement formel, 21% dans la formation professionnelle et 35% dans l’emploi. L’identification précoce des élèves à risque et le soutien personnalisé constituent également des éléments clés d’une réforme majeure récente : le programme des écoles pionnières qui est destiné à réduire le décrochage scolaire. Lancé en 2023/24 et couvrant actuellement la moitié des écoles primaires, il a été étendu à 232 collèges en 2024/25 -soit environ 10 % des effectifs- puis à 500 établissements, soit près de 30 % des effectifs, en 2025/2026. Au niveau mondial, le nombre d’enfants et de jeunes non scolarisés a augmenté pour la septième année consécutive, pour atteindre 273 millions, sous l’effet conjugué de la croissance démographique, des crises et des restrictions budgétaires. Un enfant sur six en âge d’être scolarisé est exclu du système éducatif, et seuls deux élèves sur trois achèvent leurs études secondaires.

Malgré ce constat alarmant, de nombreux pays enregistrent des progrès significatifs. Certains pays ont réduit leurs taux de non-scolarisation d’au moins 80 % depuis 2000, comme Madagascar et le Togo chez les enfants, le Maroc et le Vietnam chez les adolescents, ainsi que la Géorgie et la Turquie chez les jeunes. Au cours de la même période, la Côte d’Ivoire a divisé par deux ses taux de non-scolarisation dans les trois tranches d’âge. L’Unesco conclut que pour être efficaces, les politiques doivent également tenir compte de facteurs extérieurs à l’éducation : ainsi, au Cambodge, l’électrification a, à elle seule, permis de gagner près d’une année scolaire supplémentaire. Il a également été démontré que les programmes d’alimentation scolaire permettent de gagner jusqu’à six mois d’apprentissage par tranche de 100 dollars dépensés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Lorsque des transferts monétaires liés à la fréquentation scolaire sont versés aux enfants, leurs chances d’être scolarisés augmentent de 36%.

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