Mieux communiquer, mieux vivre…
Propres limites
Lorsque nous ne savons pas nous arrêter, notre corps finit par nous arrêter. Lorsque nous ne reconnaissons pas nos émotions, elles débordent. Lorsque nous dépassons constamment nos limites, notre communication se dérègle.
On parle souvent de poser des limites avec les autres.
Dire non. S’affirmer. Se faire respecter.
On oublie cependant une étape essentielle, presque invisible :
savoir se dire non à soi-même.
Car avant de dire non aux autres, encore faut-il entendre ce qui, en nous, murmure déjà :
«Stop».
Alors, aujourd’hui, je voudrais qu’ensemble, vous qui me lisez, on se le dise : «Hey, moi, oui, oui toi, mon moi, je te dis : Stop !»
Personnellement, pendant longtemps, je ne savais pas m’arrêter. Pas parce qu’on m’imposait des choses. Mais parce que je m’imposais beaucoup.
Envie de faire, d’aider, de partager, de contribuer…
Et cette énergie, je l’ai longtemps considérée comme une force. Ce qu’elle est.
Mais mal régulée, elle est devenue une source d’épuisement.
Je disais oui aux autres, certes.
Et surtout, je disais oui à une exigence intérieure constante.
Oui à en faire plus.
Oui à dépasser mes limites.
Oui à ignorer mes signaux.
Tiens, en vous écrivant, je repense à ma nièce adorée, qui me dit assez souvent : «Toujours plus, Tati… !».
ça pourrait sonner sympa, surtout venant d’un membre de la famille qu’on apprécie et avec lequel on a une bonne relation. Oui ça l’est, sympa, léger, même hilarant selon l’instant partagé !
Bien, évidemment les moments, et le ton où elle m’a dit ça étaient positifs, dans la rigolade et la complicité…
Mais, oui mais, même si je n’aime pas trop les «mais», et que j’essaie toujours de les remplacer, c’est limite devenu obsessionnel, et j’enseigne cette pratique de remplacement du «mais» aux autres… lol.
Des fois, le «mais» est irremplaçable et a son rôle à jouer, comme ici d’ailleurs !
Et c’est là que tout se joue. Ce toujours plus dans l’amour et la bienveillance, est un lifeskill génial, mais qui peut se transformer en comportements énergivores et toxiques envers nous-même dans plusieurs autres cas et situations.
Parce que nos limites ne sont pas seulement relationnelles. Elles sont d’abord énergétiques, émotionnelles, physiques et mentales.
Savoir se dire non, c’est reconnaître que:
• Je suis fatiguée même si je peux encore continuer
• Je suis saturée, même si je peux encore répondre
• Je suis touché(e)), même si je peux encore sourire
C’est accepter de ne pas aller au bout de tout. De ne pas être partout. De ne pas répondre à toutes les attentes… y compris les nôtres.
Et ça, c’est une compétence à part entière. Une lifeskill fondamentale.
Parce que lorsque nous ne savons pas nous arrêter, notre corps finit par nous arrêter.
Lorsque nous ne reconnaissons pas nos émotions, elles débordent.
Lorsque nous dépassons constamment nos limites, notre communication se dérègle.
Et là, un schéma, pas des meilleurs, s’impose à nous, la Fatigue devient irritabilité, la surcharge est confusion et l’épuisement se transforme en repli ou tension.
Et soudain, ce n’est plus seulement une question de gestion personnelle. C’est toute notre relation aux autres qui en est impactée. Comme le disait si justement Carl Jung:
«Ce à quoi tu résistes persiste. Ce que tu acceptes se transforme.»
Reconnaître ses limites, ce n’est pas abandonner. C’est ajuster, s’ajuster !
C’est apprendre à s’écouter avec honnêteté. Pas seulement quand tout va bien, surtout quand quelque chose en nous commence à vaciller. Et cela demande du courage. Parce que se dire non à soi-même, c’est aussi renoncer à une image : celle de la personne forte, disponible, toujours capable, positive à en revendre…
C’est accepter d’être humaine et humain…
Et là encore, nous, les femmes, sommes souvent concernées. Habituées à gérer, à porter, à anticiper, à donner… parfois sans nous inclure dans l’équation.
Hey moi, comment prendre soin des autres si l’on s’épuise à s’oublier ?!!
Apprendre à se dire non, c’est aussi apprendre à se protéger. Non pas contre les autres, mais contre nos propres excès.
C’est se dire :
• «Aujourd’hui, je m’arrête.»
• «Là, j’ai besoin de recul.»
• «Je ne suis pas obligée d’aller jusque-là.»
Et surtout :
«Je me respecte suffisamment pour m’écouter.»
Et, aussi :
«Je n’ai pas besoin d’en rajouter, de ce toujours plus, je dis point stop et c’est suffisant, et pour moi et pour les autres !!!»
Ce travail intérieur change tout.
Parce qu’une personne qui se respecte dans ses limites devient plus claire, plus stable, plus juste dans ses relations.
Elle ne déborde plus.
Elle ne subit plus.
Elle choisit.
Et sa communication devient plus posée, plus alignée, plus authentique.
Dire «non» aux autres devient alors une conséquence naturelle, et non un combat.
Comme le dit si bien cette phrase que j’aime beaucoup :
«Vous enseignez aux autres comment vous traiter, à travers ce que vous vous autorisez.»
Alors peut-être que la vraie question n’est pas :
«Comment dire non aux autres ?»
C’est, plutôt :
«Est-ce que je sais m’écouter suffisamment pour me dire «non» à moi-même quand c’est nécessaire ?!»
Parce qu’au fond, mieux communiquer, ce n’est pas parler plus fort, beaucoup, longtemps ou faire plus, longtemps, beaucoup…
C’est être plus juste envers «Moi», et c’est reconnaitre les patterns qui me disent : «Hey, toi mon moi, c’est le moment juste pour dire «non» !»
Et être juste commence toujours… à l’intérieur. Mieux communiquer avec soi-même et avec nos propres limites, pour mieux vivre…









