Des actions restent nécessaires sur certaines plages afin d’améliorer davantage la qualité des eaux de baignade.
Qualité : La qualité des eaux de baignade et du sable a connu une amélioration notable. Selon le dernier rapport national sur la surveillance de la qualité des eaux de baignade et du sable des plages, 22 stations sont déclarées non conformes à la baignade en raison des eaux usées non maîtrisées ou d’infrastructures sanitaires insuffisantes. Les détails.
Le ministère de la transition énergétique et du développement durable a dévoilé, mardi à Rabat, le rapport national sur la surveillance de la qualité des eaux de baignade et du sable des plages du Royaume. Il ressort du rapport que sur les 498 stations surveillées (204 plages), seules 466 ont fait l’objet d’un nombre suffisant de prélèvements pour le classement durant les 4 années consécutives (2022-2025). Ainsi 444 stations, soit 95,28%, ont été déclarées de qualité microbiologique «conformes» aux exigences de la NM.03.7.199, dont 45,28% sont classées «Excellente», 36,27% «Bonne» et 13,73% «Suffisante». Les 22 stations restantes (soit 4,72%), sont déclarées non conformes à la baignade. Les principales causes sont: des eaux usées non maîtrisées (rejets directs ou indirects dans les zones côtières), infrastructures sanitaires insuffisantes (Blocs et équipements au niveau des plages), la pollution tellurique accumulée à proximité des embouchures et des baies ainsi que la pollution ponctuelle ancienne, impactant la classification de la qualité. Le rapport précise que sur la côte atlantique, la qualité des eaux de baignade de 159 plages est jugée excellente, 105 jugée de bonne qualité, 45 de qualité suffisante et pour 14 plages, la qualité des eaux de baignade est insuffisante. Pour ce qui est de la côte méditerranéenne, la qualité des eaux de baignade de 52 plages est excellente, 64 de bonne qualité, 19 de qualité suffisante et 8 de qualité insuffisante.
Le rapport signale que le taux de conformité s’est amélioré au cours des dernières années (2024 et 2025), avec une hausse significative du nombre de stations classées en catégorie «Bonne» en 2025. Parallèlement, le nombre de stations jugées «suffisantes» et «insuffisantes» a diminué depuis 2022, témoignant des efforts déployés par les différents acteurs. En revanche, des actions restent nécessaires sur certaines plages afin d’améliorer davantage la qualité des eaux de baignade. Le document précise que seulement 3 plages sont partiellement impactées par la pollution, ce qui représente 1,29% de l’ensemble des stations classées. Il s’agit de la plage de Tanger municipale en raison de l’embouchure de l’Oued Mghogha et l’Oued Souani et de l’impact des rejets clandestins issus de la Zone industrielle de Mghogha. Les deux autres plages sont celles de Mohammedia et de Oued Merzeg (Casablanca). Par ailleurs, 8 plages sont déclarées «non conformes» soit 3,43% des stations classées. Dans la province d’Al Hoceima, il s’agit des plages Quemado et Sabadilla, province de Tanger-Asilah (Jbila III, Sidi Kacem, Asilah Port), Larache (Petite plage, Miami), Oued Ed Dahab (Likheira).
Le plastique représente 86,9% des déchets collectés
Le rapport indique que 14 sur les 26 plages (54%) de la Méditerranée représentent une moyenne des déchets marins collectés inférieure à la médiane nationale (510 éléments/100 m). Toutefois, seulement 9 plages (35%) enregistrent des moyennes inférieures à la valeur de référence du PAM/PNUE, fixée à 369 éléments/100 m, avec une augmentation d’environ 12% par rapport à l’année 2024. Par ailleurs, 18 sur les 38 plages (47%) de la zone Atlantique, représentant une moyenne des déchets marins collectés inférieure à la médiane nationale (510 éléments/100 m). Toutefois, seulement 11 plages (29%) enregistrent des moyennes inférieures à la valeur de référence du PAM/PNUE, fixée à 369 éléments/100 m. Au titre de l’année 2025, la valeur médiane des déchets collectés varie entre 525 éléments/100 m sur la façade Atlantique et 473 éléments/100 m sur la façade de la Méditerranée. Ce qui reste supérieur à la valeur de référence du PAM/PNUE (369 éléments/100 m). L’analyse de la variation interannuelle à l’échelle nationale montre une baisse progressive de la médiane des déchets collectés entre 2021 et 2025, soit 25% depuis 2021. La répartition des déchets au niveau des plages surveillées montre la catégorie «Plastique/polystyrène» demeure en première position en 2025 en représentant 86,9%. Les sous-catégories dominantes dans la catégorie Plastique/polystyrène sont: mégots et cigarettes (23%), bouchons et couvercle en plastique (21%), emballages /bâtons de bonbons (15%). Ces sous-catégories représentant à elles seules plus de 50% de la totalité des déchets collectés. S’agissant de la qualité mycologique du sable des plages, les résultats obtenus, ont permis de déceler la présence de champignons de type Alternaria Sp, chrysosporium keratinophylum, au niveau de 20% des stations et des Dermatophytes de type Trichophyton Rubrum / mentagrophytes / violaceum et Microsporum canis / gypseum au niveau de 7% des stations.
Les recommandations pour une bonne gestion des plages
Pour une bonne gestion des plages, il est recommandé de garantir l’amélioration continue de la qualité conforme des eaux de baignade et de la gestion des déchets des plages ; interdire tous les rejets d’eaux usées illicites dans les réseaux des eaux pluviales, les milieux marins et les oueds qui déversent dans les zones de baignade et procéder régulièrement à leur nettoyage et entretien. Parmi les autres recommandations figure le renforcement du contrôle et l’inspection des réseaux et systèmes d’assainissement pour prévenir toute défaillance pouvant impacter la qualité des eaux de baignade. Il s’agit aussi de mettre en place des systèmes d’assainissement autonome adéquats au niveau des plages non raccordées aux réseaux publics, en privilégiant les fosses septiques étanches, en assurant leur entretien et curage régulier. Il est aussi recommandé de renforcer les plages en infrastructures sanitaires et hygiéniques en nombre suffisant et renforcer la gestion des déchets à terre, à travers l’amélioration des systèmes de collecte, de tri et de recyclage et l’installation d’infrastructures adaptées à la fréquentation et à l’étendue des plages. Il faut aussi encourager l’éco-conception des produits en plastique et inciter les citoyens à adopter des écogestes sur les zones de baignade.










