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Casablanca : Chronique d’une nuit cauchemardesque d’une mineure

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Séquestration et viol
Il l’a forcée à le suivre. Une nuit entière, enfermée dans une baraque perdue au milieu des bidonvilles de Sidi Moumen, elle a subi l’indicible. Mais la police, grâce aux témoins et aux caméras de surveillance, a retrouvé sa trace.

Cette mineure est sortie de chez elle, au quartier Sidi Bernoussi, à Casablanca, mais elle n’a plus donné signe de vie. Chez elle, l’angoisse allait crescendo. Les amies, interrogées une à une, n’en savaient rien. Les allées et venues dans la rue n’ont rien révélé. La famille, dévastée, s’est finalement résignée à l’impensable : la mineure a disparu. La police judiciaire relevant du district de la sûreté de Sidi Bernoussi a été alertée et a pris l’affaire en main. Les enquêteurs ont d’abord recueilli les témoignages des amies de la victime, puis ceux de quelques garçons du quartier. Chaque témoignage a offert une bribe de chemin.

Chaque regard a indiqué une direction possible. Ensuite, ils ont examiné les images de plusieurs caméras de surveillance. Des silhouettes furtives, des images granuleuses. Un fil ténu, mais un fil tout de même. Les recherches ont conduit les policiers non loin d’un bidonville, du côté de Sidi Moumen. Là bas, au milieu des décombres et des baraques de fortune, l’adolescente a été aperçue pour la dernière fois, accompagnée d’un jeune homme. Le renseignement est tombé quelques heures plus tard en révélant qu’une mineure correspondant au signalement a été retrouvée enfermée avec un jeune homme dans l’une de ces baraques. La décision a été immédiate. Les agents ont pris d’assaut l’abri de tôle et de bois. La porte a cédé. À l’intérieur, une scène de misère et d’horreur. La victime, prostrée, en compagnie de son bourreau.

Les policiers ont mis fin au cauchemar. Placé en garde à vue, le jeune homme a tenté de retourner la situation. Il a expliqué, l’air faussement détaché, qu’il avait croisé l’adolescente par hasard dans la rue, qu’elle l’avait suivi de son plein gré, qu’ils avaient eu des relations consenties et qu’il lui avait même demandé de partir, par égard pour sa famille. Mais qu’elle, selon lui, avait choisi de rester. De passer la nuit. Quand la victime a été entendue, en présence de son tuteur légal, la vérité a jailli, brutale. Elle a parlé d’une ombre qui suivait ses pas depuis plusieurs jours, d’une apparition soudaine devant elle et d’une voix menaçante.

De la peur. Il l’a forcée à le rejoindre dans la baraque. Il a fermé la porte. Il n’a pas écouté ses larmes, ni ses suppliques. Il a pris son corps sans son consentement. Elle a cru, un instant, que ce serait fini après cela. Qu’il la laisserait partir. Mais la porte ne s’est pas ouverte. Il l’a refermée au contraire, plus solidement. Et la nuit est tombée. Une nuit entière, elle a subi ses violences, elle a attendu, sans savoir si quelqu’un viendrait. Puis, dans le bruit sourd de l’assaut des policiers, la porte a cédé pour qu’elle soit enfin sauvée. Son ravisseur a été traduit devant le parquet général près la Cour d’appel de Casablanca.