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Un panel de haut niveau et des initiatives ambitieuses lancées : L’intelligence artificielle au cœur du Gitex Africa Morocco

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Selon M. Hilale, le Maroc a tout à gagner à passer d’une logique de participation à une logique de contribution active, en s’appuyant sur son modèle éprouvé de coopération Sud-Sud et triangulaire. 

Souveraineté numérique : La 4ème édition du Gitex Africa Morocco à Marrakech a mis en lumière le rôle central de l’intelligence artificielle dans la transformation numérique de l’Afrique. Cette technologie de rupture a été au centre des débats . Retour sur les rencontres clés.

L’intelligence artificielle a été au cœur des travaux de cette 4ème édition. Un panel de haut niveau a été dédié à cette nouvelle technologique auquel a pris part Omar Hilal, ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès des Nations Unies. Le diplomate a mis en avant le rôle qu’entend jouer le Royaume en tant que pont et catalyseur dans la gouvernance mondiale de l’IA. Une ambition qui s’appuie sur la Haute Vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour un développement intégré du Royaume et d’une Afrique qui compte sur ses propres forces. «L’intelligence artificielle constitue aujourd’hui un véritable levier de pouvoir qui touche à la compétitivité économique, à la sécurité nationale et aux équilibres géopolitiques», rappelle M. Hilale. Et de préciser qu’ « au moment où le marché mondial se projette à cinq trillions de dollars à l’horizon 2033, l’Afrique ne représente que 2,5% du marché, et capte à peine 1,5% des investissements, avec seulement 17 cadres nationaux adoptés à ce jour. De même, 89% des pays africains restent en dehors des grandes initiatives internationales. Face à cette réalité, M. Hilale a insisté sur le caractère désormais stratégique d’une coopération internationale cohérente et équitable, rappelant à cet égard les efforts de l’ONU sanctionnés par l’adoption du Pacte numérique mondial adopté par l’ONU en 2024, la création du Panel scientifique international et le lancement du Dialogue mondial sur l’IA prévu en juillet 2026. Cependant, il a relevé que ces efforts progressent à un rythme conditionné aux divergences d’intérêts entre les Etats.

Parallèlement, l’analyse a été élargie aux initiatives régionales, notamment celles de Bletchley Park, Séoul, Paris et New Delhi ayant structuré la discussion internationale. Toutefois, la nécessité d’une coordination réelle entre ces mécanismes a été mise en avant pour éviter la fragmentation des approches. Dans ce cadre, M. Hilale a avancé cinq orientations pour structurer une coopération plus cohérente et solidaire: repenser le multilatéralisme en articulant mieux l’ONU et les initiatives régionales, prévenir une fragmentation durable par une interopérabilité minimale des cadres réglementaires, transformer l’inclusion en réalité concrète, passer des principes aux actions opérationnelles et faire de l’IA un véritable levier de développement. S’agissant du positionnement du Maroc, le diplomate a mis en avant les atouts du Royaume pour agir comme un acteur de liaison entre l’agenda africain, la gouvernance mondiale et les investissements technologiques. Cette trajectoire s’appuie notamment sur sa feuille de route nationale «IA Made in Morocco», qui vise à transformer l’industrie nationale en un soft power continental, conformément à la Haute Vision de Sa Majesté le Roi. Dans cette perspective, l’ambassadeur a présenté Marrakech comme une plateforme susceptible d’accueillir et de structurer cette ambition, en lien avec la dynamique portée par Gitex Africa. Il a, en outre, proposé un schéma concret d’action portant sur la consolidation de l’industrie nationale, le développement d’un pôle africain de certification et de confiance en IA adapté au contexte africain, la mise en place d’un cadre permanent de coordination continentale, ainsi que l’ouverture au sein de l’ONU sur le rôle de l’IA dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable. M. Hilale a conclu en soulignant que le Maroc a tout à gagner à passer d’une logique de participation à une logique de contribution active, en s’appuyant sur son modèle éprouvé de coopération Sud-Sud et triangulaire.

Il est à noter que l’intelligence artificielle a également fait l’objet d’un partenariat renforcé entre le Maroc et l’Union européenne. Les deux parties ont lancé en marge de la 4ème édition du Gitex Africa Morocco le dialogue numérique, reflétant une vision commune visant à libérer le potentiel des solutions numériques, de données et d’intelligence artificielle (IA), en soutenant une économie et une société numériques au service des personnes. La finalité étant d’apporter des avantages concrets aux entreprises, aux start-up, aux instituts de recherche et aux autres parties prenantes. Il renforcera, par ailleurs, la coopération entre les fabriques d’IA de l’UE et l’écosystème marocain d’innovation dans le domaine de l’IA. Dans les détails, le dialogue numérique UE-Maroc sera axé, entre autres, sur la facilitation du déploiement de réseaux et d’infrastructures numériques sûrs et fiables afin de soutenir la coopération dans des domaines tels que l’IA et les infrastructures publiques numériques. A cela s’ajoute l’échange de bonnes pratiques ainsi que le soutien du déploiement d’infrastructures de calcul fondées sur l’IA et des écosystèmes qui l’entourent. Les deux parties s’engagent également à mettre en place une coopération avancée entre les instituts de recherche marocains sur l’IA et les fabriques d’IA de l’Union européenne, notamment en facilitant la coopération en matière de projets de recherche et d’innovation, de partage des ressources et des connaissances.

«Nexus AI Factory Plateform» 12 milliards de dirhams pour l’opérationnalisation des premières phases du projet

Infrastructures numériques : Le lancement opérationnel des premières phases du projet «Nexus AI Factory Plateform» se concrétise. Un protocole d’accord a été signé en marge du Gitex entre Nexus Core Systems, le ministère de la transition numérique et de la réforme de l’administration, celui de l’investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques (MICEPP) et l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) et ce en présence de l’ambassadeur des États-Unis d’Amérique au Maroc Duke Buchan III.
Le «Nexus AI Factory Plateform» repose sur un modèle intégré et combine un Data Center de calcul haute performance (HPC), un Centre d’excellence dédié aux services et au transfert de compétences, ainsi qu’un hub d’innovation conçu pour incuber les solutions de demain, indique un communiqué du ministère de la transition numérique et de la réforme de l’administration. Le projet repose également sur une montée en puissance technologique soutenue par un investissement initial de 12 milliards de dirhams mobilisé sur deux phases qui visent la création de 125 emplois directs fin 2027. Lors de la 1ère étape, une enveloppe de 5 milliards de dirhams sera consacrée à l’activation d’une capacité de 16 MW sur le site de Nouaceur. Cette première phase marquera le lancement opérationnel du projet avec la création de 50 emplois directs. Lors de la 2ème étape consacrée à l’expansion Nord, une enveloppe additionnelle de 7 milliards de dirhams sera déployée sur un site pour une capacité supplémentaire de 20 MW. Ce déploiement portera la capacité cumulée à 36 MW fin 2027,