L’OPEP mobilise une enveloppe financière conséquente, pariant sur la solidité et la résilience de l’économie marocaine, l’une des plus dynamiques à l’échelle internationale.
L’OPEP fait le pari du Maroc. Les deux parties viennent en effet d’annoncer un nouveau deal d’envergure, ouvrant des perspectives importantes pour les années à venir. Dans ce cadre, la ministre de l’économie et des finances, Nadia Fettah, s’est entretenue à Washington D.C. avec Abdulhamid Al Khalifa, président du Fonds de l’OPEP pour le développement international, en marge des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Au cours de cette rencontre, Nadia Fettah a mis en exergue la résilience de l’économie marocaine dans un contexte international marqué par une forte instabilité, soulignant notamment les performances favorables de la campagne agricole. Elle a par ailleurs présenté les mesures déployées par le gouvernement pour faire face aux chocs récents, en particulier ceux liés aux tensions au Moyen-Orient. La ministre a également évoqué les principaux projets en cours susceptibles de bénéficier de l’appui du Fonds. Les deux parties ont salué la qualité et la solidité de leur partenariat et échangé sur les perspectives de son renforcement, en cohérence avec les priorités de développement du Royaume. Il convient de préciser que le Fonds de l’OPEP pour le développement international est une institution intergouvernementale fondée en 1976 par les États membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole.
L’objectif de l’OFID est de renforcer la coopération financière entre les pays membres de l’OPEP et les autres pays en développement, en apportant à ces derniers le soutien nécessaire à leur développement socio-économique. Il constitue, en particulier, un vecteur important de la coopération arabo-africaine. Parmi ses secteurs prioritaires figure l’agriculture, notamment l’irrigation et les installations de stockage du fourrage, ainsi que l’énergie, avec des appuis aux projets allant des infrastructures aux équipements, en passant par la recherche et le développement des capacités.
Fort de la résilience de son économie et de la crédibilité de ses institutions sur la scène internationale, le Maroc s’impose aujourd’hui comme l’une des destinations privilégiées par une organisation aussi stratégique que l’OPEP.
Des centaines de millions d’euros
La réunion entre Nadia Fettah et le président du Fonds de l’OPEP a été marquée par la signature du Cadre de partenariat pays (Country Partnership Framework) entre le gouvernement du Royaume du Maroc et le Fonds. Doté d’une enveloppe indicative d’environ 500 millions d’euros sur la période 2026-2028, ce cadre vise à soutenir une croissance durable, renforcer la résilience et développer le capital humain.
Le président du Fonds s’est félicité de cette signature et a réaffirmé la disposition de l’institution à accompagner le Maroc dans la mise en œuvre de ses projets prioritaires, notamment dans les secteurs stratégiques. Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une coopération fructueuse entre le Royaume et le Fonds de l’OPEP, au service du développement économique et social. Une continuité qui se traduit par un intérêt constant pour les projets marocains. En 2022 déjà, les deux parties avaient signé un accord de prêt de 100 millions de dollars pour promouvoir l’inclusion financière et la transformation numérique. Elles avaient également finalisé la documentation juridique relative au financement d’une partie de la deuxième phase des études d’avant-projet du gazoduc Nigeria-Maroc, appelé à devenir un catalyseur du développement économique en Afrique du Nord-Ouest. À ce sujet, un haut responsable nigérian avait indiqué que plusieurs organismes internationaux étaient prêts à investir dans ce projet structurant, précisant que l’OPEP figurait parmi les institutions intéressées. « Il s’agit d’un gazoduc qui transportera notre gaz à travers de nombreux pays africains jusqu’aux portes du marché européen », avait-il déclaré. À noter enfin que les Réunions de printemps 2026 du FMI et de la Banque mondiale ont été lancées lundi à Washington sous le thème « Bâtir la prospérité par les politiques publiques ». Elles portent notamment sur les mutations géopolitiques, technologiques et commerciales, ainsi que sur les conséquences du conflit au Moyen-Orient.
Au programme figurent également des échanges sur l’emploi à l’ère numérique, la finance climatique, la transition énergétique et la lutte contre la pauvreté, ainsi que plusieurs forums et publications majeures.
BAD
Coopération. Nadia Fettah, ministre de l’économie et des finances, s’est entretenue le 14 avril 2026 à Washington D.C., avec Sidi Ould Tah, président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), en marge des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Au cours de cette rencontre, les deux parties ont salué la qualité, la solidité et le caractère exemplaire du partenariat entre le Royaume du Maroc et la BAD, fondé sur une coopération étroite et mutuellement bénéfique. Les échanges ont également porté sur l’état d’avancement des préparatifs des Assemblées annuelles 2026 de la BAD, ainsi que sur les priorités communes en matière de développement économique et de renforcement des capacités institutionnelles. À cette occasion, Nadia Fettah et le président de la BAD ont procédé à la signature d’une lettre d’intention visant à renforcer la coopération en matière de fiscalité et de mobilisation des ressources domestiques. Cette lettre d’intention s’inscrit dans le cadre de la vision éclairée de S.M. le Roi, que Dieu L’assiste, visant à partager l’expérience marocaine pour participer au renforcement des capacités des pays du continent. Ainsi, le Royaume mettra à la disposition de la Banque africaine de développement son expertise, ses ressources humaines et logistiques, en vue du renforcement des capacités des responsables des pays membres de l’institution et ce, dans le domaine de la mobilisation des ressources domestiques. Une thématique revêtant une priorité absolue, pour les pays du continent, sachant que l’aide publique au développement connaît une baisse notable ces dernières années.










