EditorialUne

Transparence utile

© D.R

Certains progrès se voient immédiatement. D’autres avancent plus discrètement, sans bruit au risque d’être quasiment invisibles. La transparence budgétaire au Maroc en est un exemple parmi d’autres. Elle progresse, elle se structure, elle s’installe… mais sans toujours capter l’attention qu’elle mérite.

La preuve, les évaluations internationales le confirment, les indicateurs évoluent dans le bon sens, les classements s’améliorent. En 2025, le Maroc gagne encore des points et consolide sa position parmi les pays les mieux classés de la région MENA en matière de transparence budgétaire. Derrière ces résultats, un travail de fond, patient et méthodique : enrichissement des contenus, amélioration de l’accessibilité, diversification des formats.
Budget citoyen, budget genre, supports pédagogiques, déclinaisons simplifiées… La loi de Finances ne se limite plus à un document technique réservé à quelques spécialistes. Elle se décline désormais en plusieurs lectures, pensées pour des publics différents, avec une ambition claire : élargir le cercle des initiés et rendre la donnée budgétaire plus intelligible.

Mais une question persiste.
Car cette transparence reste encore, pour une large part, une transparence de production. On publie davantage, on explique mieux, on structure l’information… sans que cela ne se traduise systématiquement par une appropriation réelle. L’information existe, elle est disponible, parfois même bien présentée. Mais elle circule peu, elle est peu mobilisée, rarement discutée.
Or, la transparence ne se mesure pas uniquement à ce qui est mis en ligne ou rendu public. Elle se mesure à ce que les citoyens en font. Comprendre un budget, c’est déjà entrer dans le débat. S’en saisir, c’est commencer à peser.
Le défi, désormais, n’est plus d’ajouter des documents ou d’améliorer les scores mais de transformer cette matière disponible en un véritable levier d’engagement, de pédagogie et, pourquoi pas, pour un débat public plus avisé et surtout moins intoxiqué.

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