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Entretien avec Abdellah Ilhami, directeur général de la Société régionale multiservices de Marrakech-Safi: «Notre objectif est de garantir un accès équitable aux services essentiels dans tout le territoire»

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Consolidation
Selon le DG de la SRM-MS, la société adopte une approche qui repose sur trois leviers principaux : d’abord l’investissement massif dans les infrastructures : un programme d’investissement ambitieux de plus de 18 milliards de dirhams à l’horizon 2030. Ensuite, l’amélioration de la performance des réseaux, notamment pour réduire les pertes et garantir la continuité de service. Et enfin, la digitalisation et la proximité client, avec des plateformes de gestion des réclamations et des centres relationnels régionaux. Cela sans oublier la nécessité d’accélérer la transition vers des solutions durables et résilientes face au changement climatique.

ALM: La SRM est entrée en fonction en novembre 2024, qu’est-ce qui a été réalisé depuis cette date ?
Abdellah Ilhami: Depuis notre entrée en activité en novembre 2024, nous avons engagé une phase structurante de mise en place et de consolidation de notre modèle régional intégré. Concrètement, nous avons assuré la continuité de service pour plus de 1,5 million de clients dans les secteurs de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement. On a harmonisé les systèmes de gestion et engagé la structuration organisationnelle et RH avec plus de 2.400 collaborateurs mobilisés. On a également lancé et poursuivi des projets structurants en électricité, en eau potable et assainissement liquide dans les zones urbaines et rurales. Nous avons par ailleurs déployé des actions concrètes en matière de digitalisation, de relation client et de pilotage des interventions, notamment par la mise en place de la plateforme de gestion des réclamations et des centres relationnels régionaux. Nous avons également réalisé des avancées importantes dans les projets d’investissement, notamment en matière de sécurisation de l’alimentation en eau, en Energie et le renforcement des infrastructures.

Assurer l’accès équitable et performant aux services publics essentiels est un enjeu majeur, comment faites-vous pour y parvenir ?
Notre approche repose sur trois leviers principaux : d’abord l’investissement massif dans les infrastructures : un programme d’investissement ambitieux de plus de 18 milliards de dirhams à l’horizon 2030. Ensuite, l’amélioration de la performance des réseaux, notamment pour réduire les pertes et garantir la continuité de service. Et enfin, la digitalisation et la proximité client, avec des plateformes de gestion des réclamations et des centres relationnels régionaux. Nous travaillons également sur la préservation des ressources en eau en misant sur des eaux alternatives, notamment à travers des projets innovants comme le dessalement de l’eau de mer, la déminéralisation des eaux saumâtres, la réutilisation des eaux usées épurées pour l’irrigation des espaces verts

Il y a aussi la problématique de la justice territoriale pour réduire les inégalités d’accès, que faites-vous dans ce sens ?
En fait, l’équité territoriale est au cœur de notre mission. Nous intervenons de manière prioritaire dans les zones rurales et enclavées à travers notre programme d’investissement : Des programmes d’alimentation en eau potable des douars, des projets d’électrifications et d’assainissement sont déjà entamés dans certaines régions tandis que d’autres notamment dans les provinces de Safi, Essaouira et Youssoufia, sont planifiés et seront exécutés selon un planning établi tenant compte des zones prioritaires. Le déploiement de stations monoblocs de dessalement et de déminéralisation, adaptées aux zones à stress hydrique. L’extension des réseaux pour atteindre les populations non desservies. Ainsi, notre objectif est clair : garantir un accès équitable aux services essentiels dans tout le territoire.

Comment se passe la gestion des services essentiels en collaborant avec les collectivités ?
La gouvernance de la SRM repose sur une logique de partenariat étroit avec les collectivités territoriales. Nous travaillons en coordination avec le groupement des collectivités territoriales Marrakech-Safi de Distribution (GCTD) ; les conseils régionaux et communaux ; les autorités locales et les partenaires institutionnels comme le ministère de l’Intérieur. Cette collaboration se traduit par la co-construction des programmes d’investissement ; une planification territoriale concertée et un suivi partagé des projets et des performances. Ce modèle permet en fin de compte d’assurer une meilleure adéquation entre les besoins des territoires et les solutions déployées.

Est-ce que le statut de société régionale a amélioré les services ?
Absolument. Le passage au modèle de société régionale a permis plusieurs avancées majeures : une vision intégrée multi-services (eau, électricité, assainissement) ; une mutualisation des moyens techniques et humains ; une meilleure capacité d’investissement et de planification à long terme et enfin une plus grande réactivité opérationnelle qui se traduit par une collaboration étroite des différents services techniques de la région et de l’implication des autorités locales pour solutionner tous les problèmes ou contraintes rencontrées. Une méthode qui renforce également la proximité avec les territoires et améliore la qualité globale des services rendus. Il s’agit d’un interlocuteur unique pour le client favorisant une communication fluide et transparente ainsi que des interventions terrains rapides et structurées

Quels sont les défis ou les obstacles que vous rencontrez dans vos missions ?
De toute évidence, nous faisons face à plusieurs défis structurants. Il y a le stress hydrique et la raréfaction des ressources en eau ; il y a l’étendue territoriale importante avec des zones rurales difficiles d’accès ; il y a aussi les besoins élevés en financement pour améliorer la performance des réseaux dans un vaste territoire et enfin il y a les contraintes foncières pour la réalisation des projets. À cela s’ajoute la nécessité d’accélérer la transition vers des solutions durables et résilientes face au changement climatique.

Où en êtes-vous vis-à-vis du processus de dessalement dans la région ?
Le dessalement constitue un axe stratégique majeur pour sécuriser l’approvisionnement en eau. Aujourd’hui, la station de dessalement de Safi, en partenariat avec OCP, assure déjà l’alimentation totale de la ville de Safi et de plusieurs zones rurales, couvrant environ 760.000 habitants. Nous avons par ailleurs un projet structurant de transfert de l’eau dessalée vers le Grand Marrakech, qui est en phase d’achèvement, avec un investissement de plus de 4,3 milliards de dirhams. Et nous pensons que ce projet permettra à terme de sécuriser durablement l’alimentation en eau potable de Marrakech et de ses environs.