90 millions de quintaux attendus pour les céréales et un PIB agricole en hausse de 15%
Contexte favorable: La 18ème édition du SIAM s’ouvre sous le signe de la durabilité et de la souveraineté alimentaire, avec un focus sur la production animale, pilier clé de l’agriculture marocaine pesant près d’un tiers du PIB sectoriel. Dans un contexte climatique plus favorable, les perspectives s’améliorent pour le secteur agricole.
Les détails.
Les travaux de la 18ème édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) se sont ouverts sur une conférence internationale de haut niveau consacrée à la production animale et à la transformation des systèmes alimentaires, donnant le ton d’une édition placée sous le signe des enjeux stratégiques. Le ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Ahmed El Bouari, a souligné lors de cette rencontre tenue le 21 avril 2026 : « Après plusieurs années marquées par la sécheresse, la saison actuelle se distingue par une amélioration notable des précipitations et des ressources hydriques. Cette évolution suscite un regain d’optimisme et renforce la dynamique du secteur agricole. Grâce aux pluies abondantes enregistrées à l’échelle nationale, la superficie cultivée en céréales a atteint 3,9 millions d’hectares, et la production devrait s’élever à près de 90 millions de quintaux. Les cultures arboricoles ont également affiché de bonnes performances, notamment l’olivier, les agrumes et le palmier dattier, confirmant ainsi la tendance haussière qui caractérise cette campagne agricole. Dans l’ensemble, la saison actuelle s’annonce prometteuse, avec une progression attendue du PIB agricole d’environ 15 % par rapport à l’année précédente. Par ailleurs, les précipitations pluviales et neigeuses ont contribué à relever significativement le niveau de remplissage des barrages, qui a atteint désormais 13 milliards de mètres cubes, soit un taux de 76 %. Cette amélioration des ressources hydriques devrait favoriser le développement de l’agriculture irriguée, les réserves disponibles permettant de couvrir les besoins en irrigation des cultures, en parallèle du lancement d’un programme dédié pour la prochaine campagne agricole». Pilier essentiel de l’économie agricole, l’élevage représente près d’un tiers du PIB du secteur. Il génère environ 35 milliards de dirhams de valeur ajoutée, mobilise quelque 135 millions de journées de travail par an et constitue une source de revenu pour près de 1,2 million d’éleveurs.
Le ministre explique dans ce sens: « Le Maroc dispose d’un cheptel de près de 33 millions de têtes, comprenant ovins, bovins et camelins. Cette richesse permet une production annuelle d’environ 530.000 tonnes de viandes rouges et de 2 milliards de litres de lait. S’agissant de la filière avicole, qui a connu une nette progression, la production a atteint 780.000 tonnes de viandes blanches et près de 6,5 milliards d’œufs de consommation, couvrant ainsi l’intégralité des besoins du marché national. La production animale contribue à hauteur de 35 % au PIB agricole et assure environ 135 millions de journées de travail par an».
Enjeux
Malgré les défis que connaît le secteur, des avancées significatives ont été enregistrées. Le Plan Maroc Vert a permis une modernisation notable des filières animales, avec notamment la couverture quasi intégrale des besoins en viandes blanches et en œufs, une progression de la production laitière et un taux de couverture des besoins en viandes rouges atteignant près de 98 %. Ces résultats ont été soutenus par des efforts en matière d’amélioration génétique, de structuration des filières et de renforcement de l’encadrement technique. Dans la continuité, la stratégie Génération Green 2020-2030 vise à consolider ces acquis en mettant l’accent sur le capital humain, la compétitivité et la durabilité. Elle privilégie la structuration des producteurs, l’intégration dans les chaînes de valeur et la valorisation des produits.
Le renforcement des organisations professionnelles, des coopératives et des interprofessions apparaît comme un levier clé pour améliorer l’accès aux marchés, aux intrants et aux financements, tout en consolidant la gouvernance sectorielle. Parallèlement, la santé animale et la sécurité sanitaire restent des enjeux majeurs. Si des progrès ont été réalisés en matière de surveillance et de prévention, l’émergence de nouvelles menaces impose de renforcer les dispositifs de contrôle, de vaccination et de biosécurité. Face à l’urgence, les pouvoirs publics ont engagé, sur Hautes Instructions Royales, un programme de reconstitution du cheptel national.

Le SIAM offre une vitrine complète des mutations à l’œuvre dans l’agriculture : innovation technologique, agriculture digitale, élevage, agro-industrie ou encore valorisation des produits du terroir. (Chafik Arich)
Cette initiative structurante vise à soutenir durablement les éleveurs, à travers des mesures ciblées sur l’alimentation animale, l’encadrement sanitaire et l’accompagnement technique. L’objectif étant de restaurer progressivement les capacités de production et renforcer la résilience du secteur. Dans ce contexte, la concertation entre les acteurs s’impose comme un levier stratégique. Elle doit permettre d’identifier des solutions concrètes pour accélérer la transformation des filières animales, améliorer leur compétitivité et répondre aux défis croissants de durabilité et de souveraineté alimentaire. Véritable baromètre de l’agriculture nationale et carrefour d’échanges internationaux, le SIAM s’impose une nouvelle fois comme une plateforme de référence. L’édition 2026 met au cœur des débats la durabilité de la production animale et la souveraineté alimentaire, deux priorités structurantes pour l’avenir du secteur. Très attendu par les professionnels, le Salon, qui se tient jusqu’au 28 avril, confirme son attractivité et son envergure internationale.
Le choix du Portugal comme pays à l’honneur illustre la volonté de renforcer les coopérations agricoles et les transferts technologiques. Avec 1.500 exposants issus de 70 pays et plus de 1,1 million de visiteurs attendus, l’événement franchit un nouveau cap. Organisé autour de 12 pôles thématiques, le SIAM offre une vitrine complète des mutations à l’œuvre dans l’agriculture (innovation technologique, agriculture digitale, élevage, agro-industrie ou encore valorisation des produits du terroir). Cette édition se distingue également par une digitalisation accrue et un positionnement renforcé comme hub stratégique d’échanges, porté par un programme dense de conférences et des dispositifs de mise en relation à forte valeur ajoutée.
José Manuel Fernandes, ministre de l’agriculture portugais : «Nous sommes prêts à approfondir les projets conjoints»

Partenariat. Pays à l’honneur lors de cette 18ème édition du SIAM, le Portugal réaffirme sa volonté d’une coopération renforcée avec le Maroc dans le secteur agricole. S’exprimant lors de la conférence inaugurale, José Manuel Fernandes, ministre de l’agriculture et des affaires maritimes de la République portugaise, a souligné le rôle du Portugal en tant que partenaire de premier plan : « À l’occasion du SIAM 2026, le Portugal se positionne comme un partenaire stratégique, fort de ses technologies, de son expertise et de la qualité de ses produits agroalimentaires. Nous sommes prêts à approfondir les projets conjoints, notamment dans l’agro-industrie, la production animale, la gestion des ressources naturelles, ainsi que dans les domaines de la recherche et de l’innovation. Nous réaffirmons également notre volonté de renforcer les relations économiques et institutionnelles dans le cadre de ce salon. La transformation des systèmes alimentaires passe inévitablement par une coopération internationale accrue, soutenue par la recherche et des politiques publiques solides. Dans cette perspective, le Portugal réitère son engagement en faveur des Objectifs de développement durable. »
Maroc–France : une vision commune pour l’agriculture de demain

Coopération. Partenaire historique du Maroc, la France est également présente lors de la 18ème édition du SIAM. A cet égard, Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire, affirme : « La coopération entre le Maroc et la France couvre déjà de nombreux domaines, notamment la formation, la recherche, la génétique, la gestion de l’eau et le développement des filières. Elle recèle toutefois un potentiel encore plus vaste, que nous pouvons mobiliser pour enrichir nos expériences respectives et bâtir des solutions communes. C’est tout l’enjeu de cette conférence (…). Elle met en lumière cinq priorités partagées.
La première consiste à sécuriser la production animale et à mieux valoriser les ressources, grâce notamment à des fourrages plus résistants, des techniques d’irrigation économes et des compléments alimentaires innovants.
La deuxième vise à moderniser et professionnaliser les métiers, en renforçant la formation, la mécanisation et la numérisation.
La troisième porte sur l’amélioration génétique et le développement des biotechnologies, afin de renforcer la résilience des cheptels tout en préservant les races locales. La quatrième concerne la structuration des filières et l’intégration des chaînes de valeur, de la collecte à la transformation.Enfin, la cinquième ambition est d’accompagner l’évolution des modes de consommation, en valorisant la qualité, la traçabilité et les produits à forte valeur ajoutée».










