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La Stratégie nationale de Supply Chain Finance lancée

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Levier stratégique pour fluidifier les financements et renforcer les chaînes de valeur

Vision : Le lancement de cette stratégie ouvre la voie à l’engagement de la phase de mise en œuvre, qui devra traduire les orientations stratégiques en actions concrètes et coordonnées, à travers un dispositif de gouvernance structuré associant les principales parties prenantes.

La stratégie nationale de Supply Chain Finance (SCF) sur les rails. Le lancement officiel de ce dispositif a eu lieu mercredi 22 avril couronnant les effets du ministère de l’économie et des finances, Bank Al-Maghrib (BAM) et la Société financière internationale (IFC), de mettre en œuvre une feuille de route qui tend à améliorer l’accès au financement des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) et de renforcer la résilience des chaînes de valeur. L’ambition étant de structurer un écosystème de financement intégré, fondé sur des solutions innovantes et digitales, tout en favorisant la fluidification des flux financiers entre les différents acteurs économiques. Il est également question de réduire les délais de paiement, d’optimiser la gestion de trésorerie des entreprises et de consolider la compétitivité du tissu productif national, en particulier celui des TPME. « Cette initiative constitue une étape structurante pour le renforcement du financement des chaînes de valeur au Maroc», assure dans ce sens Abderrahim Bouazza, directeur général de Bank Al-Maghrib (BAM). Et de préciser que «cette stratégie vise à définir un cadre opérationnel intégré, assorti d’une feuille de route claire pour son déploiement progressif». Se référant à M. Bouazza, cette stratégie apporte une réponse à des défis structurels bien connus. « Les très petites, petites et moyennes entreprises, qui représentent plus de 99% des entreprises au Maroc et 72% des emplois formels, voient leur contribution limitée à 32% du PIB et à 26% des exportations», énumère-t-il. Et de préciser qu’«un accès restreint au financement du fonds de roulement, des délais de paiement trop longs et des tensions sur la trésorerie constituent l’un des principaux freins à leur développement et limitent leur compétitivité ».

Les réponses apportées par la stratégie

Pour répondre à ces contraintes, la Supply Chain Finance mobilise rapidement les liquidités nécessaires pour exécuter les commandes, financer les stocks ou soutenir les distributeurs. Elle optimise, par ailleurs, la gestion des flux financiers tout au long des chaînes de valeur. En termes de bénéfices ; les PME pourront accèder à un financement plus rapide, moins coûteux et mieux adapté. Pour leur part, les grandes entreprises sécuriseront leurs chaînes de valeur tandis que les institutions financières enrichiront leur gamme de services et renforcent leurs liens avec une clientèle plus large. Les régulateurs, quant à eux, stimuleront l’inclusion financière et la compétitivité nationale.

Une mobilisation institutionnelle et internationale

L’élaboration de cette stratégie se veut le fruit de mobilisation d’un large écosystème institutionnel et financier, ainsi que l’appui technique et financier de partenaires internationaux. Intervenant à cet égard, Bchir Mohamed Tarik, directeur du Trésor et des finances extérieures (DTFE) au ministère de l’économie et des finances, a affirmé que «la stratégie nationale de Supply Chain Finance constitue une réponse structurante aux enjeux actuels de financement des TPME ». Il a mis en avant le caractère stratégique du financement des chaînes de valeur, le qualifiant de levier déterminant pour la compétitivité, la résilience du tissu productif et la souveraineté économique du Royaume. Il a par ailleurs rappelé les efforts déployés ces dernières années pour renforcer l’accès au financement, citant notamment le programme Intelaka ayant permis de mobiliser plus de 54 milliards de dirhams au profit de 86.000 bénéficiaires, ainsi que la mise en place du Fonds Mohammed VI pour l’investissement et le lancement de plusieurs fonds sectoriels. Pour sa part, Naouar Riadh, responsable des services de conseil pour le Groupe des institutions financières de la Société financière internationale pour l’Afrique du Nord, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale, a salué le leadership du Maroc dans la conception de cette stratégie, relevant qu’elle s’inspire des meilleures pratiques internationales tout en étant adaptée aux spécificités du tissu économique national. Le responsable a expliqué que la Supply Chain Finance constitue un levier opérationnel de fluidification des flux financiers tout au long des chaînes de valeur, permettant de mobiliser rapidement les liquidités nécessaires au financement des stocks, à l’exécution des commandes et au soutien des distributeurs.

Quid du potentiel ?

Il est à noter que le potentiel de la Supply Chain Finance au Maroc est considérable. Selon une étude menée en 2020, son marché dépasse plus de 80 milliards de dirhams d’encours, alors que les volumes réellement mobilisés à l’époque n’en représentaient qu’environ 10 %.
À l’international, les programmes de SCF affichent depuis plus d’une décennie une croissance à deux chiffres, signe de leur capacité à résister aux chocs économiques, y compris durant la pandémie. L’affacturage, produit central de la SCF, représente ainsi en moyenne 11 % du PIB des pays européens, avec autour de 20 % du PIB en Belgique, au Portugal et en Espagne. En Afrique du Sud, il représente aux alentours de 11%. Cependant, il demeure marginal au Maroc, à un peu plus de 3 % du PIB, malgré vingt ans d’existence.
Dans ces pays, des programmes SCF robustes ont démontré leur rôle de leviers puissants de relance, particulièrement en période de crise, en renforçant la résilience des PME et en dynamisant les chaînes de valeur.

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