EditorialUne

Intégrer les crises

© D.R

À l’instar du reste du monde, l’économie marocaine encaisse de plein fouet les répercussions de la crise au Moyen-Orient. Disponibilité et prix des intrants, coût de l’énergie, perturbations – parfois brutales – des chaînes d’approvisionnement… tout cela finit, mécaniquement, par se répercuter sur les entreprises et, au bout de la chaîne, sur le consommateur, à travers le coût de la vie.


Et pourtant, les derniers chiffres officiels de l’inflation, à travers l’ICP, racontent une autre histoire. Les prix ont globalement résisté, mieux même que ce que beaucoup anticipaient dans un contexte international aussi tendu.
Cette relative résilience n’est pas le fruit du hasard. Elle tient en grande partie à des décisions prises très tôt, dès les premiers signaux de la crise : reconduction du soutien aux transporteurs, appui au monde agricole, maintien – voire renforcement – des subventions sur des activités stratégiques comme la production d’électricité. Une forme de gestion active des chocs externes, qui suppose réactivité, ajustements permanents et capacité à revoir, presque en temps réel, l’ordre des priorités.
Mais l’équation ne s’arrête pas là. Car au même moment, les grands chantiers doivent continuer, parfois même s’accélérer. Les investissements publics structurants mobilisent des enveloppes considérables et ne peuvent être suspendus au gré des turbulences.
Et comme si cela ne suffisait pas, il faut aussi rester en alerte, garder un temps d’avance, lire les signaux faibles pour préparer l’économie de demain. Autrement dit, poursuivre la transformation tout en absorbant des crises devenues plus fréquentes, presque structurelles.
C’est sans doute là que se joue l’essentiel : dans cette capacité à tenir sur plusieurs fronts à la fois, à amortir le présent sans perdre de vue le long terme. Un exercice d’équilibre, exigeant, mais désormais vital.

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