Visant jusqu’à 8% de part de PIB et la création de 50.000 emplois annuellement
Semaine nationale. Lancée le 28 avril 2026 lors d’une rencontre dédiée, la Semaine nationale de l’économie sociale et solidaire met en lumière la transformation progressive du secteur, passé d’initiatives dispersées à un écosystème en voie de structuration juridique et institutionnelle. Contribuant à 5 % du PIB et regroupant près de 3 % de la population active, l’ESS affiche un potentiel grandissant. Les efforts récents ont porté sur l’amélioration de l’accès au marché, le renforcement des compétences et le soutien aux coopératives, avec une forte participation des femmes. Parallèlement, des programmes d’appui, des partenariats nationaux et internationaux et des initiatives de financement ont permis de dynamiser le secteur. Au cœur de cette dynamique, le projet de loi-cadre 17.26 vise à structurer durablement l’ESS, à renforcer sa gouvernance et à favoriser la création de valeur. Les ambitions affichées portent notamment sur la création de 50.000 emplois par an et l’augmentation de sa contribution au PIB, dans une logique de développement inclusif et durable. Les détails.
Le secrétariat d’Etat chargé de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire organise du 27 avril au 3 mai 2026 dans les villes de Rabat et Salé, la Semaine nationale de l’économie sociale et solidaire. L’occasion pour Lahcen Essaadi, secrétaire d’Etat chargé de l’artisanat et de l’économie sociale de présenter, en détail, les avancées, les perspectives et les nouvelles ambitions du secteur. L’organisation de cette Semaine nationale s’inscrit dans un contexte marqué par une évolution qualitative notable de l’économie sociale et solidaire (ESS). Longtemps caractérisé par des initiatives dispersées et un soutien ponctuel, le secteur amorce aujourd’hui un tournant décisif vers des politiques publiques intégrées, misant sur l’investissement dans le capital humain et une structuration juridique et institutionnelle progressive. Cette mutation traduit l’émergence d’un secteur désormais capable de générer de la valeur, de la richesse et des opportunités d’emploi.
Ce rendez-vous national vise à dresser le bilan des réalisations accomplies, tout en dévoilant les grandes orientations du futur cadre législatif, notamment le projet de loi-cadre n° 17.26 relatif à l’ESS et ses textes d’application. La finalité étant de renforcer la structuration du secteur, garantir la reconnaissance de ses composantes, encadrer les mécanismes d’appui selon des règles transparentes et intégrer progressivement les activités informelles dans le tissu économique national. L’événement constitue également une plateforme de concertation entre les différents acteurs institutionnels et partenaires, autour d’une approche participative fondée sur la complémentarité et la convergence. La cérémonie d’ouverture a d’ailleurs réuni un large éventail d’intervenants : départements gouvernementaux, établissements publics, collectivités territoriales, Chambres professionnelles, organisations de l’ESS, ONG et partenaires internationaux.
Un secteur en expansion
Les chiffres témoignent de l’importance croissante du secteur. L’ESS regroupe environ 3 % de la population active et contribue à hauteur de 5 % du PIB. Elle s’appuie sur un réseau dense comprenant près de 268.000 associations, une dizaine d’institutions de microcrédit, 40 mutuelles, ainsi qu’environ 63.000 coopératives, totalisant près de 788.000 membres. Malgré cette ampleur, le potentiel économique et social du secteur reste encore largement supérieur à sa contribution actuelle, laissant entrevoir des marges de progression significatives.
Accès au marché : Une dynamique en consolidation
Ces dernières années, les efforts se sont intensifiés pour améliorer la commercialisation des produits issus de l’ESS. Cette dynamique s’illustre notamment par une forte participation des femmes, atteignant jusqu’à 70 % dans certaines activités. Au total, plus de 2.800 coopératives et associations ont pris part à 45 éditions de marchés itinérants, tandis que 22 foires régionales et 8 salons nationaux ont été organisés. Par ailleurs, plus de 3.900 structures ont participé à ces salons, signe d’un secteur en pleine structuration. L’enjeu dépasse désormais la simple exposition des produits. il s’agit de bâtir un écosystème durable intégrant qualité, labellisation, conditionnement, digitalisation, exportation et insertion dans les chaînes de valeur.
La montée en compétences, levier stratégique
Le renforcement des capacités constitue un pilier central du développement du secteur. Entre 2010 et 2024, plus de 5.300 opérations d’accompagnement ont été menées, couvrant des domaines clés tels que la gouvernance, la gestion, le marketing et la digitalisation. Près de 8.600 sessions de formation ont été organisées, bénéficiant à plus de 69.000 coopératives. Parallèlement, plus de 6.400 actions de sensibilisation ont touché environ 220.000 bénéficiaires, confirmant le rôle stratégique de l’accompagnement dans l’amélioration de la performance économique des acteurs.
Des conventions structurantes pour l’avenir
L’économie sociale et solidaire s’impose, désormais, comme un pilier du développement régional et de la justice territoriale. Entre structuration institutionnelle, montée en compétences et ouverture sur les marchés, le secteur semble ainsi être engagé sur la voie d’une croissance inclusive et durable. Lors de la cérémonie de lancement de la Semaine nationale dédiée, plusieurs conventions stratégiques ont été signées pour soutenir cette dynamique. Au premier rang de ces conventions figure une convention-cadre de partenariat avec l’Association des Régions du Maroc (ARM), qui ambitionne de renforcer le rôle de l’économie sociale et solidaire dans le développement régional, à travers l’implication des conseils régionaux, la création de pôles territoriaux spécialisés, l’unification des programmes à l’échelon territorial, le partage des ressources, le renforcement des capacités régionales, la garantie de la convergence des programmes et des projets, et la coordination des mécanismes de financement, d’enregistrement, des labels distinctifs et des programmes incitatifs, outre le renforcement de l’échange d’expertises et d’expériences réussies entre les régions.
Une convention de partenariat a également été signée avec l’Agence de développement du digital (ADD), en vue d’accompagner la transformation numérique des organisations de l’économie sociale et solidaire, à travers l’organisation de formations spécialisées en gestion et marketing digital, la création d’une plateforme de formation à distance, la fourniture d’un accompagnement de terrain pour l’adoption des solutions numériques, et la mise en place d’un mécanisme conjoint de suivi et d’évaluation. Dans le même contexte, une convention a été signée avec l’Organisation migration & développement, dans le but de financer et d’accompagner les projets des organisations de l’économie sociale et solidaire, de soutenir l’emploi des jeunes et des femmes, de renforcer le développement territorial, et de favoriser l’intégration économique et sociale des migrants et des Marocains résidant à l’étranger, en les incitant à créer des coopératives et des entreprises collectives ou à y adhérer, et en mettant à profit leurs expertises et leurs compétences dans l’accompagnement et l’encadrement des coopératives locales, parallèlement à l’appui aux projets coopératifs mixtes, de manière à consolider la cohésion sociale ainsi que l’échange culturel et économique.
Une convention de partenariat a également été signée avec l’Agence nationale de lutte contre l’analphabétisme (ANLCA), dans le but de renforcer les capacités des organisations de l’économie sociale et solidaire et de consolider leurs compétences entrepreneuriales, à travers des programmes intégrés de lutte contre l’analphabétisme entrepreneurial, ciblant principalement les jeunes, les femmes et les catégories vulnérables, en particulier dans les zones rurales, montagneuses et oasiennes. De son côté, l’Office du développement de la coopération a signé une convention avec l’Agence nationale de lutte contre l’analphabétisme, afin de contribuer à la réduction de l’analphabétisme parmi les catégories liées aux coopératives, en accordant une attention particulière aux femmes, aux jeunes et à la population du monde rural et péri-urbain, faisant ainsi de la lutte contre l’analphabétisme un levier d’autonomisation individuelle et collective, d’amélioration de l’employabilité économique et sociale, et d’ancrage des valeurs de coopération, d’auto-organisation, de travail collectif et d’esprit d’initiative.
L’Office du développement de la coopération a également signé une convention de partenariat avec l’Université Al Akhawayn pour la mise en œuvre, à titre expérimental, du programme « TAWYENUN» dans la province d’Ifrane, articulé autour de l’accompagnement des coopératives dans les domaines de l’accès aux marchés, de la digitalisation, du renforcement de l’identité commerciale et de l’amélioration de la gouvernance, avec la participation d’étudiants issus de différentes spécialités. Une convention a par ailleurs été signée entre l’Office du développement de la coopération et l’Agence de développement du digital, en vue d’accompagner la transformation numérique du secteur coopératif, à travers le diagnostic du niveau de maturité numérique des coopératives, la mise en œuvre de parcours de qualification numérique, et l’amélioration des services numériques de l’Office.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du soutien à la structuration du secteur de l’économie sociale et solidaire, de la valorisation et de la commercialisation de ses produits et services, du renforcement des capacités des acteurs et des structures régionales, de l’encouragement des projets innovants, et de l’accélération de la transformation numérique, en accordant une importance particulière aux initiatives féminines et à l’inclusion des jeunes, notamment dans le monde rural et les zones montagneuses, consacrant ainsi l’économie sociale et solidaire comme un pilier fondamental du développement régional et de la justice territoriale.
Une réforme structurante en marche
Etape majeure. Le projet de loi-cadre 17.26 constitue un tournant majeur. Il vise à doter le secteur d’un cadre juridique complet, à en définir les contours et à structurer sa gouvernance. Parmi les principales innovations figurent la création de nouvelles instances, dont une agence nationale, un observatoire et des pôles territoriaux. Cette réforme marque le passage d’une logique d’appui à une logique de création de valeur, axée sur l’investissement productif, l’innovation, l’intégration dans les chaînes de valeur et la mesure de l’impact économique et social. Parmi les priorités à court terme figurent l’accélération de l’adoption des textes d’application, la mise en place des nouvelles structures, la digitalisation des services et le renforcement de l’accès au financement et aux marchés. À plus long terme, les ambitions sont élevées avec la création de 50.000 emplois par an, la hausse de la contribution au PIB entre 6 % et 8 %, renforcement de l’inclusion des femmes et des jeunes, et consolidation du rôle de l’économie locale dans la richesse nationale.
Programmes, partenariats et impact
Dynamique. Le programme « Moazara » illustre cette dynamique, avec 223 projets financés en 2025 et un objectif de 569 projets pour 2026, soit plus de 10.400 emplois créés sur ces deux éditions. De son côté, le programme « Lalla Al Moutaawina » a récompensé 159 coopératives. Le programme « Tahfiz Niswa » a accompagné plus de 300 coopératives (phase précédente) avec l’objectif de soutenir 2.000 femmes à l’horizon 2028 et 5.000 emplois attendus. En termes de partenariats, plus d’une cinquantaine ont été conclus avec les régions, ainsi qu’avec des universités, associations et acteurs du développement. Ces collaborations portent notamment sur la formation, l’incubation de projets et l’accompagnement des coopératives dans divers secteurs. À l’international, des accords ont été noués avec plusieurs organismes, incluant des initiatives en faveur de l’autonomisation économique des femmes, de l’entrepreneuriat féminin, du renforcement des capacités et de l’élaboration du cadre législatif.











