L’événement contribuera à accélérer la transition du continent vers des systèmes de santé intégrés, interopérables et pilotés par les données.
Evénement : Casablanca accueille du 4 au 6 mai la première édition de Gitex Future Health Africa Morocco, un rendez-vous consacré à la transformation numérique de la santé en Afrique. Pendant trois jours, le salon rassemble des acteurs publics et privés de la santé venus de plus de 27 pays, ainsi que 200 marques exposantes.
Le ministre de la santé et de la protection sociale, Amine Tahraoui, a donné, lundi à Casablanca, le coup d’envoi de la première édition de Gitex Future Health Africa Morocco sous le thème «La digitalisation de l’avenir des soins de santé en Afrique : l’IA au service des soins essentiels». Cet évènement se tient jusqu’au 6 mai, sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à l’initiative du ministère de la santé, la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS) et Kaoun International. Dans une allocution à l’ouverture du salon, le ministre de la santé a indiqué : «En Afrique, tout s’accélère en même temps : les infrastructures, le digital, l’industrie et les financements», faisant observer que «la technologie va plus vite que nous. Beaucoup plus vite».
Evoquant le thème de cette édition, M. Tahraoui a souligné que «les enjeux sont concrets. Des algorithmes épidémiologiques qui anticipent les flambées avant nos systèmes de surveillance. La télémédecine généralisée pour abolir les distances. L’aide au diagnostic qui compense les déserts médicaux. L’IA qui commence à assister les actes les plus complexes, des centres de santé jusqu’à nos CHU». Dans ce contexte, le ministre a estimé que «l’Afrique a tout ce qu’il faut pour construire sa propre souveraineté sanitaire», plaidant en faveur d’une coordination renforcée pour construire ensemble un marché africain du médicament et des dispositifs médicaux, mutualiser la production vaccinale et bâtir des systèmes épidémiologiques partagés. Pour le ministre, l’un des objectifs de cet évènement est d’offrir à l’Afrique une plateforme d’action. «Un espace où startups, industriels, investisseurs et décideurs publics se trouvent dans la même salle, autour des mêmes projets. Où des partenariats se nouent. Où des financements se décident», a-t-il soutenu. Dans un message vidéo diffusé à cette occasion, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a signalé que les technologies numériques, notamment l’intelligence artificielle, constituent un outil puissant pour mettre en place des systèmes de santé résilients, équitables et efficaces. «Ce qui importe le plus, c’est la manière dont ces outils sont conçus et déployés», a-t-il relevé, plaidant pour des solutions qui répondent à des besoins réels, des systèmes de données qui préservent la confiance, des technologies qui soutiennent les professionnels de santé plutôt que de les remplacer, et des investissements qui renforcent les capacités nationales et la collaboration régionale.
« Cette conférence rassemble des décideurs politiques, des cliniciens, des innovateurs, des investisseurs et des partenaires afin de se concentrer précisément sur ces questions, de la transformation des hôpitaux et des infrastructures numériques au financement des systèmes de santé et à la protection des données de santé», a-t-il dit. Ce dernier a affirmé que l’OMS est prête à aider les pays à mettre la transformation numérique au service des objectifs de santé publique, d’un meilleur accès, d’une meilleure qualité et d’une meilleure préparation pour l’avenir. De son côté, le directeur délégué de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS), Youns Bjijou, a affirmé que la transformation numérique du secteur de la santé doit impérativement s’inscrire dans une logique d’équité, d’accès universel et de souveraineté sanitaire à l’échelle nationale et continentale, conformément à la Vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il a estimé que la santé «n’est pas une charge budgétaire mais un investissement stratégique de premier rang», rappelant les impératifs de souveraineté sanitaire, d’élargissement de l’accès aux soins et de réduction des inégalités territoriales et sociales. Il a mis en exergue le potentiel de l’intelligence artificielle en matière de diagnostic précoce, d’amélioration de la qualité de prise en charge et de développement d’une médecine personnalisée, précisant que ces avancées doivent «augmenter les capacités du soignant» sans se substituer à la dimension humaine de la relation médicale. Par ailleurs, le directeur délégué de la FM6SS a mis en garde contre les risques d’une fracture numérique susceptible de creuser davantage les inégalités, appelant à un déploiement inclusif des innovations afin de garantir à chaque citoyen, quel que soit son lieu de résidence, un accès équitable aux soins et aux technologies de pointe. Sur le plan continental, M. Bjijou a relevé que la souveraineté sanitaire ne peut être envisagée uniquement à l’échelle nationale, plaidant pour une coopération africaine renforcée fondée sur le partage des connaissances, le transfert de technologies et le développement des capacités locales.
Dans ce cadre, il a rappelé la portée de la Déclaration de Dakhla (novembre 2025), comme référence pour une coopération Sud-Sud structurante et durable en matière de santé. Pendant trois jours (4-6 mai), le salon rassemblera des acteurs publics et privés de la santé venus de près de 30 pays, ainsi que 200 marques exposantes, notamment AstraZeneca, Pfizer, Sanofi, Numih et Elekta, confirmant l’intérêt croissant des grands groupes mondiaux pour le potentiel du marché marocain et africain de la santé. Après le Gitex Future Health Africa Executive Summit qui ouvre le programme de la première journée, les 5 et 6 mai, le Forum se poursuivra avec le Future Health Congress, articulé d’abord autour du Future Hospitals Forum, puis du Future Care Forum. En tant que hub dédié aux organisations mondiales d’innovation en santé, Gitex Future Health Africa Morocco accueille des marques internationales venues présenter des technologies digitales et médicales à travers une exposition et un sommet de rang mondial. L’événement contribuera ainsi à accélérer la transition du continent vers des systèmes de santé intégrés, interopérables et pilotés par les données.









