Rapport
Selon le rapport de la Fondation Roi Abdul-Aziz Al Saoud , la production éditoriale au Maroc dans les domaines de la littérature et des sciences humaines et sociales a atteint 4124 titres , soit une hausse d’environ 10,71% par rapport à 2023–2024.
La Fondation Roi Abdul-Aziz Al Saoud vient de publier à l’occasion du 31ème Salon international de l’édition et du livre de Rabat (SIEL) son nouveau rapport sur l’état de l’édition et du livre au Maroc durant la période 2024-2025. Il ressort de ce rapport qu’au cours de la période 2024–2025, la production éditoriale au Maroc dans les domaines de la littérature et des sciences humaines et sociales a enregistré une progression notable par rapport à 2023–2024, atteignant 4.124 titres (ouvrages et revues, en formats imprimé et numérique), soit une hausse d’environ 10,71%. La moyenne annuelle de production s’établit ainsi à près de 2062 titres. Ces publications se répartissent entre le support papier et le format numérique.
Le premier regroupe 3.677 ouvrages et revues, représentant 89,16% de l’ensemble des publications dans les disciplines couvertes par le rapport, tandis que le second comprend 447 publications numériques, soit 10,84%. Les publications marocaines en littérature et en sciences humaines et sociales se caractérisent par une répartition variable selon les langues.
L’arabe domine largement, avec environ 80,09% du total, suivi du français (15,23%) et de l’anglais (2,47%). Les publications en amazigh représentent, quant à elles, près de 1,94% de l’ensemble des livres et revues tous formats confondus, parues en 2024–2025. Par ailleurs, les publications numériques sont majoritairement rédigées en français, en particulier dans des domaines tels que l’économie, le commerce, la finance, les études sociales et les sciences politiques. Le volume des documents numériques en français dépasse nettement celui des publications en arabe ou en anglais. En outre, la production numérique demeure principalement concentrée au sein des institutions publiques.
L’édition numérique représente à peine 10,84%
Les données de ce rapport indiquent que l’édition numérique en sciences humaines et sociales a représenté 10,84% du total des publications au Maroc (livres et revues) durant la période 2024-2025, soit une augmentation de près de 33,83% par rapport aux données du rapport précédent. Le nombre de livres publiés numériquement a atteint 289 titres, soit environ 8% de l’ensemble des ouvrages publiés, tous formats confondus (imprimé et numérique). Les données montrent que la majorité de ces publications a été publiée par des institutions publiques (ministères, Haut-Commissariat au Plan, Bank Al-Maghrib, Conseil de la concurrence, Cour des comptes…), ou œuvrant dans le domaine de la recherche (Policy Center for the New South, Institut royal des études stratégiques, Conseil supérieur de l’éducation.. .), ainsi que par des centres de recherche scientifique (Foundation for Research in Philosophy and Sciences in Muslims Contexts fkaar Center for Studies and Research … ) et des organisations culturelles internationales installées au Maroc (Fondation Konrad-Adenauer, Fondation Friedrich Ebert.). Le Policy Center for the New South a publié le plus grand nombre de publications numériques, avec 41,52% de la totalité de la production numérique marocaine. La répartition linguistique de ces publications numériques révèle une diversité significative : 145 titres sont publiés en français, suivis de 74 en arabe et de 70 en anglais.
Le Policy Center for the New South est le centre le plus prolifique dans la publication du numérique en langues étrangères, représentant 53,93% de toutes les publications numériques dans ces langues. Il convient également de noter que 25,61% de la production numérique publiée en arabe est principalement constituée de traductions arabes de publications initialement publiées en langues étrangères par des institutions publiques ou des centres de recherche soucieux de publier dans plusieurs langues. C’est notamment le cas du Haut-Commissariat au Plan, le Conseil de la concurrence, le Conseil supérieur de l’éducation, le Conseil économique, social et environnemental. Ensemble, ces institutions ont publié 37,84% de toutes les publications numériques en arabe émanant d’institutions publiques.
La création littéraire en tête
La création littéraire demeure une composante essentielle de la production éditoriale nationale, avec un total de 821 titres, soit 22,72% de l’ensemble de la production éditoriale. Une progression notable est observée par rapport au rapport précédent, qui recensait 721 titres. À cela s’ajoutent les études littéraires, représentant 6,97% du total, soit 252 publications. Le domaine du droit se classe en deuxième position dans l’édition marocaine, avec 15,89% des publications (574 titres), suivi des études historiques avec 494 titres, soit 13,67%, les sciences sociales avec 307 titres, soit 8,5% et les études islamiques avec 267 titres (7,39%). Si l’édition numérique présente une structuration différente des disciplines dominantes par rapport à l’imprimé, les études économiques (116 titres) y occupent une place prépondérante, constituant environ 40,14% de la production numérique. Les études politiques et stratégiques constituent le deuxième domaine en importance dans la production numérique, avec 21,79% des publications, marquées par une contribution dominante du Policy Center for the New South (84,12%).
Les questions sociales occupent la troisième place dans l’édition numérique, avec 50 titres, soit 17,30% de la production. Le HCP en assure 42%, suivi du Policy Center for the New South (18%) et du ministère de la solidarité, de l’insertion sociale et de la famille (12%). Ce rapport met en lumière la faible présence, voire l’absence de certains champs disciplinaires, dans l’édition numérique marocaine. L’histoire, par exemple, ne représente que 2,08% des publications numériques. Les études juridiques, politiques et sociales, ainsi que la création littéraire, y sont très peu représentées, tandis que les études islamiques et la littérature en sont totalement absentes.










