Un positionnement volontariste et assumé sur le marché mondial du carbone. Un projet ambitieux pour renforcer la sécurité d’une infrastructure majeure et stratégique comme Jorf Lasfar.
Le Fonds d’équipement communal qui accompagne la résilience des infrastructures dans les territoires. Trois signaux qui peuvent, à première vue, sembler totalement séparés, presque sans rapport entre eux. Pourtant, lorsqu’on les croise, ils racontent la même histoire. Même sans le dire explicitement.
Celle d’un Maroc qui se prépare progressivement et activement au monde d’après. Et surtout qui essaie de se positionner avant que les nouvelles règles mondiales ne soient complètement figées.
Car les énergies vertes, la sécurité des infrastructures stratégiques ou encore le financement de la résilience territoriale ne sont plus de simples sujets techniques ou sectoriels. Ils font désormais partie de ce qu’on pourrait appeler les nouvelles briques de la souveraineté moderne. Une logique qui s’est accélérée depuis la pandémie de 2020 et qui s’impose encore davantage dans un monde devenu instable, fragmenté et sous tension quasi permanente.
Face à cela, les États n’ont finalement pas beaucoup d’options. Subir les transformations… ou essayer de s’y préparer.
Dans ce contexte, anticiper les grands basculements en cours ne consiste plus seulement à construire davantage d’infrastructures. Cela consiste surtout à construire des positions stratégiques. Dans l’énergie, dans la logistique, dans les territoires, dans les normes environnementales de demain ou encore dans la sécurisation des grands flux économiques.
Le marché carbone, par exemple, n’est pas uniquement un sujet écologique. C’est aussi un sujet industriel, financier et même géopolitique. De la même manière, la sécurisation d’un hub comme Jorf Lasfar dépasse largement la seule dimension portuaire. Elle touche directement à la souveraineté énergétique, industrielle et logistique.
Et au fond, c’est peut-être là que réside aujourd’hui le vrai défi : le plus difficile n’est pas forcément d’identifier les projets ni même de les lancer. Le plus difficile sera probablement de faire suivre tout le reste : les compétences, les politiques publiques, les administrations, les écosystèmes économiques et même parfois les mentalités.
Car dans le monde qui se dessine, la vitesse d’action comptera presque autant que la vision elle-même.










