Les performances enregistrées par le secteur confirment la forte dynamique de l’industrie chimique marocaine.
Industrie : La Fédération de la chimie et de la parachimie (FCP), en partenariat avec le ministère de l’industrie et du commerce, organise les 13 et 14 mai 2026 à Rabat, une conférence axée sur l’industrie chimique.
Les 13 et 14 mai se tient à Rabat la quatrième édition du Forum international de la chimie sous le thème «La chimie au cœur de l’intégration industrielle ». «Le secteur de la chimie n’est pas un secteur parmi d’autres, il est le maillon transversal qui relie l’énergie, les mines, l’agriculture, l’automobile, les batteries, les matériaux avancés et l’ensemble des industries manufacturières», a souligné Abed Chagar, président de la Fédération de la chimie et de la parachimie, lors de la séance d’ouverture de cette conférence. Il a appelé à bâtir « une industrie marocaine pleinement intégrée, compétitive et résiliente». Les performances enregistrées par le secteur confirment la forte dynamique de l’industrie chimique marocaine.
En 2024, le secteur a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 180 milliards de dirhams et emploie directement plus de 180.000 personnes, consolidant ainsi son rôle de moteur de création de richesse et d’emplois industriels. La production globale a également atteint 180 milliards de dirhams, tandis que les investissements ont avoisiné les 50 MMDH, illustrant la confiance croissante des investisseurs dans le potentiel de l’industrie nationale. Intervenant en visioconférence à l’ouverture du Forum, Ryad Mezzour a souligné que cette évolution positive repose sur « la stabilité du cadre macroéconomique du Maroc, les dispositifs publics de soutien aux entreprises ainsi que l’essor des activités à forte valeur ajoutée ». Le ministre a également présenté l’industrie chimique comme un levier stratégique d’innovation, de compétitivité et de création de valeur locale. Selon lui, les mutations industrielles mondiales imposent aujourd’hui une transformation profonde vers «une chimie plus durable, plus verte et plus souveraine». La chimie de demain sera ainsi portée par l’économie circulaire, les procédés bas carbone, les solutions énergétiques innovantes et les principes actifs souverains. Une transition qui ouvre de nouvelles perspectives à l’industrie chimique marocaine, notamment sur des segments à forte valeur ajoutée comme l’hydrogène vert et les batteries.
De son côté, Omar Hejira a rappelé que le contexte international reste marqué par des perturbations des flux énergétiques et logistiques, estimant que «le renforcement de l’intégration industrielle s’impose désormais comme une nécessité stratégique». Dans ce cadre, la chimie, souvent qualifiée «d’industrie de toutes les industries», est un secteur clé. Historiquement énergivore, le secteur représente à lui seul 26% de la consommation énergétique industrielle nationale, ce qui l’expose fortement aux chocs extérieurs. Mais il constitue également un levier essentiel de résilience industrielle, conditionnant directement la performance de secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’automobile, la pharmacie, l’agro-industrie ou encore les matériaux avancés.
Premier secteur productif de l’industrie marocaine, la chimie demeure également le principal contributeur aux exportations industrielles du Royaume, avec 23 % des exportations du secteur industriel. Loin d’être un simple acteur économique, le secteur continue d’afficher une progression soutenue, près de la moitié de son chiffre d’affaires étant orientée vers les marchés internationaux, où il consolide chaque année davantage ses positions. M. Hejira à toutefois appelé à une lecture lucide des défis à venir. « Plus que jamais, le secteur de la chimie doit jouer pleinement son rôle dans le développement du pays, non seulement comme levier central d’intégration industrielle, mais également comme vecteur d’une meilleure intégration territoriale », a-t-il été souligné. Aujourd’hui, l’activité du secteur reste fortement concentrée dans les régions de Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, qui représentent à elles seules près de 85 % de l’activité nationale.










