Les recettes générées se sont redressées de 10,4 milliards de dirhams en glissement annuel affichant un taux de réalisation de 36,3 % par rapport aux prévisions fixées dans le cadre de la loi de Finances.
Équilibre macroéconomique : Malgré un contexte instable au niveau international, les équilibres budgétaires du Maroc restent globalement maîtrisés, avec une inflation contenue et des perspectives économiques prometteuses. Retour sur les principaux indicateurs dévoilés par Fouzi Lekjaa.
L’exécution de la loi de Finances 2026 confirme une dynamique soutenue des finances publiques et une amélioration des principaux indicateurs macroéconomiques. C’est ce que l’on peut retenir de la récente sortie de Fouzi Lekjaa. Intervenant mardi à la Chambre des conseillers, le ministre délégué chargé du Budget a dressé un bilan positif de l’exécution de la loi de Finances 2026. A fin avril, les recettes générées se sont redressées de 10,4 milliards de dirhams en glissement annuel affichant un taux de réalisation de 36,3 % par rapport aux prévisions fixées dans le cadre de la loi de Finances. Une évolution qualifiée par M. Lekjaa d’«exceptionnelle ». Elle est portée principalement par l’impôt sur les sociétés dont les recettes se sont consolidées de 9,1 milliards de dirhams marquant ainsi une hausse de 25 % comparé à la même période de l’année passée. Fouzi Lekjaa relève par ailleurs une progression de 1 milliard de dirhams de l’impôt sur le revenu ( 4,8 %) au moment où la taxe sur la valeur ajoutée s’est appréciée de 4% augmentant à 1,3 milliard de dirhams avec un taux de réalisation de 49 % au titre des quatre premiers mois de l’année. Pour ce qui est des droits d’enregistrement et de timbre, ils ont affiché une hausse de 1 milliard de dirhams affichant un pic de 11,4 %. Pour leur part, les recettes de la taxe intérieure de consommation ont augmenté de 854 milliards de dirhams. Se référant à M. Lekjaa, ces indicateurs traduisent l’amélioration de la consommation intérieure de 7,4 %. Du côté des dépenses, M. Lekjaa a affirmé que l’exécution de la loi de Finances «se déroule conformément aux prévisions», à l’exception des mesures liées à l’accompagnement des effets de la conjoncture actuelle et à l’atténuation de leurs impacts. Dans ce cadre, il a précisé que la subvention du gaz butane représente un coût mensuel de 600 millions de dirhams pour maintenir les prix des bonbonnes, tandis que 650 millions de dirhams sont mobilisés chaque mois pour stabiliser les prix du transport et 300 millions de dirhams pour maintenir les prix de l’électricité à leurs niveaux actuels, notant que le coût de l’électricité à lui seul devrait atteindre 3 milliards de dirhams. D’après le ministre, les recettes fiscales additionnelles liées à la TVA ne dépasseront pas, dans le meilleur des cas, 3 milliards de dirhams sur l’année, expliquant que la TIC n’est pas affectée par les variations de prix, puisqu’elle est calculée sur la base des volumes et non des prix. Dans ce contexte, Fouzi Lekjaa a noté que la TVA ne représente que 0,46 dirham dans le prix d’un litre de gasoil, alors que le surcoût moyen lié aux répercussions de la crise s’élève à 3,7 dirhams/litre.
Une inflation maîtrisée
Concernant l’inflation, M. Lekjaa a fait savoir que ses niveaux sont restés inférieurs à 1 % au cours des trois premiers mois de l’année, avant d’atteindre 0,9 % en mars. Le ministre délégué a exprimé dans ce sens l’espoir de maintenir ces taux « à des niveaux n’affectant pas de manière significative l’activité économique ». Il a également rappelé que l’Exécutif s’oriente vers une réduction du déficit budgétaire à 3 % du produit intérieur brut (PIB) à fin 2026, soit une baisse de 0,5 point comparativement à 2025. Se référant à M. Lekjaa la dette poursuivra sa trajectoire descendante pour se stabiliser autour de 66% du PIB en 2026. Par ailleurs, les recettes ordinaires sont passées de 256 milliards de dirhams en 2021 à 424 milliards de dirhams en 2025, avec un taux de croissance moyen de 13,5 %, ce qui, selon le ministre, consacre une tendance structurelle et une nette amélioration au cours des cinq dernières années, notamment grâce à l’évolution de l’impôt sur la société.
La confiance des institutions internationales réaffirmée
Fouzi Lekjaa a, en outre, indiqué que le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé, dans le cadre des consultations relatives au renouvellement de la ligne de crédit modulable accordée au Maroc, que le Royaume remplit les critères d’éligibilité à ce mécanisme de financement, grâce à la solidité de sa politique macroéconomique. «Cette situation a également permis à l’agence Standard & Poor’s de maintenir la notation du Maroc en catégorie investment grade avec une perspective stable, tandis que l’agence Moody’s a relevé la perspective de la note souveraine du Royaume de stable à positive», indique M. Lekjaa. Il a par ailleurs mis en avant les progrès réalisés par le Maroc en matière de transparence budgétaire dans le cadre de «Open Budget 2025», avec une amélioration de quatre points. «Cette performance est le fruit des efforts institutionnels conjoints, Parlement et gouvernement, majorité et opposition, pour améliorer la gestion des finances publiques », a-t-il souligné.
Des perspectives résilientes et des réserves de change en amélioration
En ce qui concerne les avoirs officiels de réserve (AOR) du Maroc, le ministre délégué chargé du budget a relevé un chiffre de l’ordre 469,8 milliards de dirhams au terme des quatre premiers mois de 2026, en hausse de 23,4 % par rapport à la même période un an auparavant. Ils couvrent ainsi 5 mois et 24 jours d’importations. «Le Royaume n’est pas loin d’atteindre un niveau couvrant six mois d’importations ou de besoins ». Et de préciser que «cet indicateur revêt toute son importance dans la mesure où il reflète à la fois les recettes des exportations et les besoins en importations ». M. Lekjaa affirme dans le même sillage que l’économie nationale «poursuit la dynamique positive enregistrée au cours des dernières années». A l’heure où l’économie mondiale connaît depuis mars un contexte difficile, l’économie nationale continue de faire preuve de résilience, soutenue notamment par des précipitations importantes et des perspectives de production céréalière estimées à 90 millions de quintaux (Mqx). A cet égard, Fouzi Lekjaa a précisé que chaque augmentation de 20 Mqx contribue à hauteur d’environ 0,3 % à la valeur ajoutée. Pour 2026, les projections tablent sur un taux de croissance supérieur à 5,3 % en 2026, et ce en dépit des contraintes et des prévisions émises par le FMI.









