Exposition
Le Comptoir des Mines Galerie présentera à partir du 23 mai à Marrakech une exposition inédite consacrée à Abbès Saladi, figure majeure et singulière de l’histoire de l’art marocain. Il propose une relecture essentielle de l’œuvre de Saladi : une œuvre visionnaire, qui ne décrit pas le monde mais qui en invente la nécessité.
Abbès Saladi est un artiste à part. Il est l’un des rares peintres de sa génération à attiser l’imagination, à inviter le récepteur à une féerie subliminale et à partager un instant de récit à saveur mystique. C’est dans ce sens que le Comptoir des Mines Galerie de Marrakech consacre une exposition inédite à cette grande figure de l’histoire de l’art marocain, intitulée « Abbès Saladi, L’Odyssée Mystique». «Longtemps tenue secrète par nos soins, cette exposition semblait impossible à réaliser compte tenu des nombreuses discussions entamées avec les différents détenteurs des œuvres de l’artiste pour réunir un ensemble conséquent qui permettrait aujourd’hui de redécouvrir Abbès Saladi. Issues des prestigieuses collections de : feu Mustapha Segueni, Pauline De Mazières (fondatrice de la Galerie l’Atelier), Emmanuelle et Claude Amzallag ainsi que diverses autres collections privées, les œuvres figurant dans l’exposition « Abbès Saladi, L’Odyssée Mystique» sauront restituer les étapes clefs du parcours de l’artiste », explique à ce sujet le responsable du Comptoir des Mines Galerie.
Et d’ajouter : «L’exposition présentera aussi l’une de ses toutes premières œuvres réalisée par l’artiste (autour de 1977) et offerte à Pauline Demazière qui a bien voulu la confier pour l’exposition». Dans ce cadre, le Comptoir des Mines Galerie incite les publics à une relecture essentielle de l’œuvre de Abbès Saladi : une œuvre visionnaire, qui ne décrit pas le monde mais qui en invente la nécessité. «Née d’une fragilité profonde, traversée par la lutte intérieure et l’isolement son art s’impose comme d’abord un espace de survie avant de devenir un langage. Le visible devient passage et le regard expérience. Dans un monde saturé d’images produites et recomposées, l’œuvre de Saladi conserve une puissance singulière, où la fragilité devient langage et où l’image retrouve une profondeur spirituelle. Cette exposition rend également hommage aux collectionneurs, galeristes et institutions qui ont contribué très tôt à préserver et transmettre l’œuvre de cet immense artiste ».Peintre visionnaire au destin aussi singulier que bouleversant, Abbès Saladi est né à Marrakech.
Il commence en 1977 des études de philosophie à Rabat, interrompues par des problèmes de santé qui le forcent à retourner dans sa ville natale. C’est à cette époque qu’il s’isole, se replie sur son monde intérieur et donne naissance à une œuvre graphique aussi unique qu’énigmatique. Révélé tardivement, Saladi développe un univers personnel, fait d’êtres hybrides, d’allégories symboliques et de références culturelles arabo-musulmanes. Ses premiers dessins sont exposés dans les années 1970 sur la place Jamaâ El Fna, grâce à sa mère. Dès 1978, ses œuvres retiennent l’attention, notamment lors de sa première grande exposition au Centre culturel français de Marrakech. Il expose ensuite à la galerie L’Atelier de Pauline de Mazières jusqu’en 1987. En 2021, une rétrospective majeure lui est consacrée par le Musée de la Bank Al-Maghrib, consolidant sa place dans l’histoire de l’art marocain.










