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Le refus de mariage vire au détournement

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Fugue
Elle avait seize ans, lui en avait vingt et venait d’être repoussé par sa famille lorsqu’il avait demandé sa main. Dix jours après la disparition de l’adolescente, les enquêteurs l’ont retrouvée cachée avec ce prétendant dans une maison louée à Benguerir.

Il avait été éconduit. Poliment, mais fermement. La famille avait tranché : trop jeune, sans emploi fixe, sans avenir suffisamment assuré pour prétendre à la main de leur fille. Le verdict était tombé comme un couperet, et l’affaire semblait close. Personne n’imaginait alors que ce refus allait enclencher une série d’événements qui se terminerait devant la justice.
Tout commence à la fin du mois d’avril 2026. Dans la ville côtière de Safi, un père réalise avec effroi que sa fille âgée de seize ans a disparu. Pas de mot laissé sur la table, pas d’explication, pas de signe apparent. L’adolescente s’est volatilisée dans des circonstances que sa famille qualifie d’obscures. Rongé par l’inquiétude, le père prend la direction des services de la sûreté à Benguerir pour déposer une plainte et lancer l’alerte officielle. Mais ce père de famille n’arrive pas les mains vides. Dans sa déposition, il livre un nom, une piste et une intuition. Il parle de ce jeune homme de vingt ans, originaire de Benguerir, qui s’était présenté quelque temps auparavant pour demander la main de sa fille. La réponse avait été non. Un non motivé : le prétendant était trop jeune, sans emploi stable et sans les garanties que la famille exigeait pour confier leur enfant à un inconnu. Le père pensait simplement que l’affaire était réglée.
Mais ce que personne ne savait, c’est que le jeune homme, loin d’accepter ce refus, avait élaboré un plan. Avec patience et méthode, il avait approché l’adolescente, tissé un lien avec elle, l’a convaincue de le suivre. Par quelles promesses ? Avec quels mots ? L’enquête ne le dit pas clairement. Mais le résultat, lui, est établi : l’adolescente avait quitté le foyer parental et suivi ce jeune homme que ses parents jugeaient indigne de confiance. Le duo avait trouvé refuge dans une maison louée au cœur d’un quartier populaire de Benguerir. Pour ne pas éveiller les soupçons du propriétaire, le jeune homme avait soigneusement préparé sa mise en scène. Il a prétendu que c’était sa sœur. Mais pourquoi leur présence commune sous ce toit ? Une simple affaire de brouille familiale avec leur père. Un mensonge construit, rodé, suffisamment crédible pour tenir quelques semaines.
Dès la réception de la plainte, la police judiciaire de Benguerir s’est mise en mouvement. Les enquêteurs ont multiplié les vérifications de terrain, croisé les informations et ont remonté les pistes. Le mardi 5 mai, leurs investigations ont porté leurs fruits : le suspect était localisé et arrêté. À ses côtés, dans ce logement de fortune, se trouvait bien l’adolescente que sa famille recherchait depuis dix jours.
Placé en garde à vue, le jeune homme a été présenté le 6 mai devant le parquet général près la Cour d’appel de Marrakech avec sur le dos les charges de détournement d’une fille mineure, séquestration et attentat à la pudeur sur une mineure.