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Future of Work Africa Forum : Pleins feux sur les défis du travail de demain pour drainer les talents et les fidéliser 

© D.R

La 3ème édition du Future Of Work Africa Forum a permis de réunir des experts des RH pour rappeler les défis futurs concernant le travail . 

IncentivePendant deux jours, DRH, décideurs, experts, universitaires, étudiants se sont réunis pour prendre conscience que l’environnement en pleine mutation ne peut qu’impacter le travail de tout un chacun. C’est ainsi que la 3ème édition du Future of Work Africa Forum a démarré en zoomant sur le mouvement, les incertitudes et le courage de faire différemment. Retour sur les faits marquants d’une journée bien remplie.

Autour des Arches de Buren au sein du Parc de la Ligue Arabe, l’échauffement symbolique matinal Tai Chi démontre à quel point le bien-être au travail devient important et influence directement les performances. Gaita Kalemba, associate Leaders On Purpose et maîtresse de cérémonie, rappellera qu’«avant d’agir il faut sentir ce qui bouge». Pour elle, «il est essentiel de prendre la mesure des évolutions à l’œuvre de poser un diagnostic, partager des tensions, des ruptures et/ou des opportunités». S’ensuivront des panels animés d’intervenants de tous horizons et toutes activités confondues pour livrer des avis d’experts sur la manière de manager aujourd’hui et de la difficulté soit à recruter, soit à fidéliser la perle rare. C’est justement ce que soulignera dans son intervention Abdou Diop, membre du Group Governing Board- Forvis Marzars. Concernant l’IA, le manager proposera d’avoir une approche pour savoir comment cette nouvelle intelligence viendra apporter un plus à l’entreprise en termes de performance. Il insistera également sur la résistance au changement et conseillera à l’audience de ne jamais imposer des mécanismes. Un équilibre à faire est nécessaire.

Samuel Durand, Speaker du Future of Work et auteur de documentaires Work In Progress et la newsletter Billet du Futur, est unanime à dire que dans l’ensemble «nous sommes mal préparés à l’IA». En fait pour plusieurs intervenants, le vrai socle d’un individu est lié à l’éducation avant la formation. Autrement dit, le monde du savoir et celui du savoir être sont à confronter d’une manière continue. «L’IA ne permettra que d’optimiser le temps disponible. Il faudra que le salarié soit à nouveau formaté pour accompagner l’entreprise», poursuivra le speaker.
Sans mâcher ses mots, Rosa Canadas, présidente de Talea Capital Corporate Finance, M&A et fonds alternatifs pour Pymes Mediterranea Focus et présidente de la Fondation de Tanger (think tank pour l’intégration), prendra à son tour la parole pour faire remarquer que «les flux de capitaux ne sont pas assez dirigés vers la transformation des talents». Sur un autre registre, la Tangéroise affirmera que «les Africains ont plus de capacité à résister à l’incertitude que les Européens. Et l’Europe doit venir chercher les talents à ce niveau».
Autre figure emblématique du leadership mais dans le sport cette fois ci, Jawad Ziyat, président du Raja Club Athletic, qui pour lui, «les personnes qui ont travaillé leur propre transformation sont celles qui ont déjà du talent mais aussi ont adopté une bonne attitude, à savoir celle de la persévérance». La bienveillance a également été citée comme une caractéristique louable chez les talents. Le débat s’est prolongé évoquant des défis notoires à relever en matière d’utilisation de l’IA notamment mais aussi en matière de liens sociaux puisque le télétravail a été instauré dans plusieurs entreprises après la pandémie liée à la Covid-19.

D’autres notions ont fait prendre conscience à l’auditoire comme l’entreprise libérée. Et c’est Mehdi Berrada, head of internal sales and business partnerships, qui en fera son plaidoyer dans le sens que la confiance apporte plus d’argent. «Je suis plus à l’aise avec le mot leader que manager car le management est une fonction et le leadership est une posture». Tout est dit. Ou presque. Cette première journée aura permis de donner le ton à un événement qui d’année en année confirme l’urgence à ce que le top management mette tous les efforts pour asseoir une stratégie de transformation compte tenu des nouvelles donnes. D’ailleurs, la génération Z n’a plus les mêmes attentes que les précédentes. Et les fidéliser sous-entend de leur proposer au-delà du salaire un environnement où agilité, flexibilité et leadership sont les premiers ingrédients.

Younes Sekkouri, ministre de l’inclusion économique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences

Verbatim :  Au-delà la casquette de ministre, je pense que pour être dans une situation optimale, il faut gérer son stress et son temps. Et bien souvent il y a des postures à adopter. Et c’est dans un modèle de leadership distribué que l’on réussit. L’impact d’une décision d’un ministre est en général mesurée à l’échelle d’un groupe de personnes réduit. La décision doit répondre à un objet ou un territoire sur lequel elle devrait interagir.

Cela peut être une décision difficile et c’est pour cela qu’il faut être à l’écoute des normes sociales. Et pour être prêt à endosser de telles responsabilités il faut déjà acquérir une posture. A mon sens, le réveil matinal représente un point fondamental important. Il faut également être disponible pour l’environnement pour lequel on travaille. D’un autre côté, il faut avoir l’énergie nécessaire pour absorber toutes les énergies négatives existantes.