EditorialUne

Urgence environnementale

© D.R

À la veille de la Journée mondiale de l’environnement, célébrée ce 5 juin, la question écologique figure plus que jamais parmi les grandes préoccupations des décideurs publics à travers le monde. Au Maroc aussi, le sujet a changé de dimension. Il ne relève plus uniquement des débats d’experts, de scientifiques ou d’initiés. Il s’est progressivement invité dans le quotidien des citoyens.
Et pour cause. Les Marocains n’ont désormais plus besoin de longues démonstrations pour mesurer la réalité du dérèglement climatique. Ils l’ont vécu. Ils le vivent encore.
Les longues années de sécheresse ont placé le pays face à une situation de stress hydrique sans précédent. Les épisodes d’inondations observés ces dernières années ont rappelé avec brutalité la vulnérabilité de certains territoires. Les incendies de forêts, les vagues de chaleur ou encore la pression croissante sur les ressources naturelles ont fini par transformer une préoccupation environnementale en une question très concrète touchant directement la vie quotidienne.
Les conséquences ne sont d’ailleurs pas uniquement environnementales. Elles sont aussi économiques et sociales. Derrière chaque catastrophe naturelle, il y a des infrastructures à reconstruire, des populations à secourir, des activités à soutenir, des exploitations agricoles à accompagner et parfois des vies à reconstruire. Les montants mobilisés ces dernières années pour faire face aux situations d’urgence se chiffrent en centaines de milliards de dirhams sous différentes formes : investissements hydriques, aides directes, réhabilitation d’infrastructures, soutien aux secteurs touchés ou encore programmes d’adaptation.
Face à cette nouvelle réalité, le Maroc a engagé depuis plusieurs années une transformation de fond. Développement massif des énergies renouvelables, stratégie hydrogène vert, décarbonation progressive de l’économie, dessalement de l’eau de mer, préservation des ressources naturelles ou encore intégration du développement durable dans les politiques publiques : la transition est désormais engagée et semble irréversible.
Mais il reste encore un maillon essentiel à renforcer : celui du citoyen lui-même.
Car aussi ambitieuses soient-elles, les politiques publiques ne peuvent à elles seules relever le défi environnemental. Les comportements individuels ont eux aussi un impact direct. Le tri des déchets, l’utilisation rationnelle de l’eau, la réduction du gaspillage, le recours à des modes de consommation plus responsables ou même certains réflexes aussi simples que la manière de conduire son véhicule peuvent contribuer à réduire l’empreinte environnementale collective.
La transition écologique ne se gagnera pas seulement dans les centrales solaires, les stations de dessalement ou les grandes stratégies nationales. Elle se jouera aussi, chaque jour, dans les gestes les plus ordinaires. Ceux de millions de citoyens dont l’addition des comportements finit toujours par produire de grands effets.