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Rapport : Le Conseil supérieur de l’éducation appelle à encadrer l’IA à l’école

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Une utilisation précoce et non encadrée de l’IA pourrait aboutir à un affaiblissement de l’effort cognitif. 

éducation : Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) insiste sur l’impératif d’encadrer les usages de l’IA en milieu éducatif. Il recommande la conception d’un cadre national référentiel destiné à réguler ces usages.

Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a publié une recommandation issue d’une auto-saisine portant sur l’adoption d’un cadre national d’orientation relatif à l’usage de l’intelligence artificielle en éducation, formation et recherche scientifique. Cette recommandation s’appuie sur des éléments de diagnostic qui révèlent une présence de plus en plus accélérée de l’IA dans l’environnement numérique des enfants et des jeunes et son intrusion effective dans l’espace éducatif. Cette présence accélérée de l’IA se manifeste à travers les smartphones, les plateformes numériques, les moteurs de recherche générative. Cette présence est marquée par son caractère précoce, invasif et accéléré. Cela dépasse, la plupart du temps, les capacités des familles et des institutions scolaires d’accompagner ou de réguler ces usages. S’ajoutent à cela une augmentation du temps de connexion quotidien et un recours de plus en plus fréquent aux services numériques pour l’apprentissage et pour la réalisation des devoirs scolaires.

Le Conseil fait remarquer que cette transition met en évidence un dysfonctionnement issu du décalage entre le rythme accéléré de l’expansion des usages de l’IA au sein de l’espace éducatif et le retard en matière de cadrage institutionnel en mesure d’orienter et de réguler l’impact de ces technologies. Le CSEFRS estime que chez les enfants et les adolescents, dont les compétences linguistiques, analytiques et critiques sont en cours de construction, une utilisation précoce et non encadrée de l’IA pourrait aboutir à un affaiblissement de l’effort cognitif et à des fragilités dans les apprentissages de base (lecture, écriture, calcul, raisonnement logique). Les analyses pédagogiques modernes révèlent que le véritable apprentissage exige du temps, des essais, des erreurs et un effort cognitif nécessaire à la construction d’une profonde compréhension. Alors qu’un usage informel de l’IA ne peut conduire qu’à un apprentissage superficiel et rapide, peu consistant.

Responsabilité publique de l’État en matière d’IA

Le Conseil appelle à une intervention publique urgente destinée à encadrer et à orienter les usages de l’IA dans le domaine éducatif. Il propose un ensemble de recommandations qui s’articule autour de 4 axes, à savoir : institutionnel et réglementaire, pédagogique et organisationnel, sociétal et stratégique. Au niveau du cadre institutionnel et réglementaire, le Conseil estime que le recours à l’État pour la régulation de ce domaine est un préalable essentiel pour orienter les usages en harmonie avec l’intérêt général et renforcer la confiance en l’espace éducatif. Il recommande de lancer la conception d’un cadre national référentiel destiné à réguler les usages de l’IA dans le domaine de l’éducation. Un tel cadre devrait définir les visées pédagogiques, les principes de cadrage, les conditions d’utilisation ainsi que les responsabilités institutionnelles. Par ailleurs, le Conseil appelle à mettre en place une instance nationale dédiée à la production de connaissances sur l’IA et ses usages dans les domaines de l’éducation et de la formation.

Cette structure permettrait de développer une compréhension fine des mutations en cours et de fournir des données fiables susceptibles de contribuer à l’orientation des politiques publiques. Par ailleurs, le Conseil recommande d’adopter une approche fondée sur la participation effective des apprenants, filles et garçons, selon des modalités adaptées à leur âge et à leur parcours scolaire, à la réflexion sur les usages de l’IA dans l’éducation, en veillant à prendre en compte leurs expériences et perceptions, y compris celles des catégories en situation de vulnérabilité, parallèlement à la mobilisation de l’expertise professionnelle des enseignants. Cette implication ne se limite pas à un rôle consultatif ponctuel, mais doit être considérée comme un principe fondateur visant à développer chez l’apprenant la capacité d’agir en connaissance de cause sur son environnement numérique.