Crime ignoble »
Yassine, jeune chauffeur InDrive originaire de Sidi Taïbi, ignorait que ce trajet serait le dernier. Attiré dans un guet-apens, il a été enlevé, sauvagement assassiné, puis son corps mutilé et brûlé avant d’être abandonné dans une zone isolée de la périphérie casablancaise.
Les éléments du Centre judiciaire de la compagnie 2 Mars, relevant du Commandement régional de Casablanca, ont élucidé, mardi 2 avril, le meurtre brutal de ce jeune chauffeur professionnel exerçant via l’application de transport InDrive, apprend-on d’une source judiciaire. Trois mis en cause, dont une jeune femme, tous vingtenaires et originaires de la périphérie de Salé, ont été arrêtés mardi matin dans le cadre de cette affaire qui a profondément ému l’opinion publique à travers les quatre coins du pays.
La victime, prénommée Yassine, résidait à Sidi Taïbi, dans la province de Kénitra.
En effet, ce samedi 30 mai, il a quitté son domicile vers 15h après avoir été contacté par un client. D’habitude, il appelait sa mère ou son épouse pour les informer qu’il rentrerait tard parce qu’il devait déposer un client. Mais ce soir fatidique, cet appel n’est jamais venu. Jusqu’à 22 h, son téléphone est resté joignable, avant d’être finalement éteint. À 2 heures du matin du dimanche 31 mai, son père, pris d’inquiétude, a signalé sa disparition à la Gendarmerie royale. Deux heures plus tard, une personne a utilisé l’un de ses téléphones, celui réservé aux contacts clients, pour envoyer des messages laissant entendre qu’il était en route vers Marrakech. Une tentative de diversion grossière. À 7h du matin, un inconnu a contacté sa sœur pour lui indiquer avoir retrouvé l’appareil dans un café du quartier Guéliz, à Marrakech. Elle lui a demandé de le remettre à la police. Après cet échange, toute communication a cessé définitivement.
Les investigations, menées sans relâche par les brigades de la Gendarmerie royale de Casablanca, Salé et Kénitra, en coordination étroite avec l’ensemble des services de la sûreté du Royaume, ont permis de retrouver, dimanche 31 mai, le cadavre de Yassine dans un état de dégradation avancée, présentant de graves blessures et des brûlures. Son corps avait été abandonné dans une zone isolée à Ouled Azzouz, relevant de la province de Nouaceur, dans la région Casablanca-Settat. Selon la même source judiciaire, les mis en cause auraient attiré la victime dans un guet-apens avant de l’enlever et de le tuer dans des conditions d’une extrême violence, la poignardant puis brûlant son corps pour effacer toute trace.
L’arrestation des trois suspects dans les environs de Salé a résulté d’un travail d’enquête minutieux, alliant investigations de terrain et analyse technique, conduit en coordination entre la brigade d’Ouled Azzouz, les éléments du Centre judiciaire du 2 Mars et leurs homologues de Salé et Kénitra. Alors qu’ils ont cru avoir semé la confusion et brouillé les pistes, les suspects ont été localisés, encerclés et neutralisés un à un. Quant au véhicule de la victime, avec lequel il exerçait son activité, il a été retrouvé et saisi à Mohammedia, où les meurtriers l’avaient abandonné pour échapper à la traque sécuritaire.
Placés en garde à vue sous la supervision du parquet général, les trois mis en cause devront répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment enlèvement et séquestration, homicide avec préméditation et guet-apens, mutilation et incinération de cadavre, ainsi que vol qualifié, et ce, avant d’être traduits devant le procureur général et le juge d’instruction.









