Lorsqu’une compagnie aérienne ouvre une nouvelle ligne, l’attention se porte presque systématiquement sur le tourisme. C’est logique. Une liaison directe entre Casablanca et Los Angeles, comme celle annoncée par Royal Air Maroc, permettra sans doute de rapprocher le Maroc d’un important bassin de voyageurs de la côte ouest américaine. Encore faut-il que cette opportunité soit exploitée.
Une ligne aérienne ne remplit pas à elle seule les hôtels. Elle crée une opportunité. Et c’est aux professionnels du tourisme ensuite de transformer cette accessibilité nouvelle en flux réels grâce à des offres adaptées, des partenariats et une présence commerciale sur le terrain, etc.
Mais l’ouverture d’une ligne aérienne ne peut être réduite à sa seule dimension touristique. Ce serait une erreur. Car derrière chaque nouvelle route aérienne se cache en réalité un marché entier qui devient soudain plus proche, plus accessible et souvent plus lisible. Les avions transportent certes des touristes, mais aussi des investisseurs, des entrepreneurs, des chefs d’entreprises, des cadres, des chercheurs, des étudiants, des porteurs de projets et parfois même de futures opportunités d’affaires qui n’existaient pas la veille.
Une liaison directe réduit bien davantage que la durée d’un voyage. Elle réduit la distance psychologique entre deux économies. Elle facilite les rencontres, accélère les prises de contact et rend possibles des échanges qui, jusque-là, restaient hypothétiques ou trop contraignants. Dans un monde où la compétition économique se joue aussi sur la connectivité, disposer d’un réseau aérien dense devient un véritable avantage concurrentiel.
C’est pourquoi chaque nouvelle ligne ouverte par la compagnie nationale, RAM, devrait être regardée comme un gisement économique potentiel. Une véritable infrastructure immatérielle qui élargit le périmètre d’action des entreprises marocaines et ouvre de nouveaux horizons à ceux qui ont l’audace d’aller les explorer puis les exploiter.
L’avion n’est que le début du voyage. Le reste dépend de la capacité des acteurs économiques à monter à bord.










