Culture

Festival des Musiques Sacrées du Monde de Fès: Une célébration réussie du geste et de la mémoire vivante

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Bilan
Du 4 au 7 juin 2026, Fès a vécu au rythme de la 29ème édition du Festival des musiques sacrées du monde. Placée sous le thème «Fès et les Mâalemines, Gardiens du Geste et du Patrimoine », cette édition a rassemblé près de 32.000 spectateurs sur l’ensemble des scènes et du forum, malgré une durée écourtée mais vécue intensément.


La 29ème édition du Festival des musiques sacrées du monde de Fès s’est achevée dimanche 7 juin sur un succès incontestable. « Pendant quatre jours, la cité spirituelle a vibré au son des voix et des instruments venus des quatre continents. Comme à l’accoutumée, le public a répondu présent, avec une affluence soutenue sur l’ensemble des soirées, confirmant l’ancrage du Festival comme un rendez-vous incontournable pour les amateurs de traditions musicales et de dialogues entre les cultures », indiquent les organisateurs. Le public local, ajoute la même source, a été particulièrement nombreux, dès les premiers concerts du matin à Dar Adyel, jusqu’aux horaires tardifs dans les jardins de Jnan Sbil, preuve de l’attachement des Fassis à leur Festival. Sur l’ensemble des quatre jours, ce sont plus de 160 artistes issus d’une vingtaine de pays qui ont investi les scènes du Festival, pour près de 18 spectacles et concerts, sans compter les conférences du Forum et les rencontres autour des expositions. «En tout, ce sont plus de 32.000 spectateurs qui ont fait le déplacement à la cité spirituelle et ont fait de cette édition un succès en termes de fréquentation, notamment au niveau de la scène emblématique de Bab Makina qui a réuni chaque soir près 5.000 spectateurs», relèvent les initiateurs.

Une ouverture entre ciel et terre
L’édition 2026 restera marquée par l’émotion de la création d’ouverture. Le jeudi 4 juin, «Anima Ex Materia-Du ciel à la terre» a déployé une fresque poétique et chorégraphique célébrant le geste sacré de l’artisan. Cette soirée s’est poursuivie avec l’Ensemble de musique traditionnelle de chambre du Conservatoire de musique de Chine, invité pour la première fois à Fès, établissant un pont entre les traditions millénaires d’Extrême-Orient et l’âme de la médina. La prestation de l’orchestre chinois, soutenue par l’ambassade de la République de Chine, a été très appréciée du public, de même que celle du jazzman Leon Phal, offerte avec le concours de la diplomatie suisse.
L’Allemagne à l’honneur :

une soirée de voix féminines
Le vendredi 5 juin, le Festival a inscrit son hommage au cœur de l’actualité diplomatique. À l’occasion des 70 ans des relations entre le Maroc et l’Allemagne, l’Allemagne était désignée pays à l’honneur. La soirée «Hymnes-Voix des femmes d’Orient et d’Occident» a ainsi offert un moment rare de partage, mêlant la création polyphonique «Bodies» de l’artiste australo-allemande Kat Frankie, les chants araméens de la Libanaise Ghada Shbeir, le chant andalou judéo-arabe de la Fassie Nabyla Maan et la première apparition au Festival de l’Indienne Kaushiki Chakrabarty, virtuose du khayal, d’une rare vélocité modale et rythmique. Les chants responsoriaux des femmes de l’ensemble Ahwach Isaffen du Haut-Atlas sont venus magnifier cette célébration des expressions féminines, sacrées et profanes.

Sami Yusuf et la ferveur d’un public fidèle
Les samedi et dimanche 6 et 7 juin resteront comme les des moments les plus suivis de cette édition. «Les concerts de Sami Yusuf ont rassemblé une présence massive de spectateurs, dans des conditions d’accueil exemplaires. Le compositeur britannique s’est produit sur la scène de Bab Makina devant une affluence exceptionnelle». Son concert, empreint de spiritualité, a suscité une ferveur particulière. Cette même soirée, le public a également pu découvrir la star du qawwali Sanam Marvi, dont les chants soufis subliment la quête de l’extase, ainsi que «Incarnation», les danses sacrées khmères du Cambodge revisitées par les danseuses sous la direction de Chap Chamroeun Mina. Le dimanche 7 juin, le Festival a pris une dimension nomade avec «Chants des montagnes et des steppes -Une évocation de la route de la Soie», réunissant des artistes de Mongolie, d’Ouzbékistan et du Tadjikistan. La soirée de clôture a proposé «La Nuit du Samaa- De Fès à Konya», une fusion entre le samâ marocain, l’un des chants spirituels les plus raffinés du Maghreb, et la grande tradition mevlevie des derviches tourneurs de Konya, ville sanctuaire de Djalâl ad-Dîn Rûmı. Sami Yusuf, invité une nouvelle fois, a participé à cette soirée, offrant un second concert très attendu, lui aussi marqué par une forte affluence. La magie des voix et des cercles des derviches a conclu quatre jours de célébration de la mémoire vivante.

Un festival qui se vit aussi en dehors des concerts
Au-delà des concerts, cette 29ème édition a été rythmée par d’autres temps forts. Le Forum a proposé un contenu et des intervenants de haut niveau sur la thématique cruciale de la préservation et de la transmission du patrimoine, explorant notamment les liens entre les formes géométriques du zellige et les sciences. Le Prix «Le Souffle de la main» a été lancé pour mettre en valeur de jeunes talents de l’artisanat, prolongeant ainsi le thème des Mâalemines dans une dynamique de transmission aux nouvelles générations. Des expositions ont ponctué le parcours des festivaliers. Enfin, la programmation en matinée a constitué une nouveauté, permettant au public de prolonger l’expérience du Festival au-delà des soirées. «Les partenariats diplomatiques, notamment avec l’Allemagne, la Suisse et la Chine ont été salués pour leur qualité et leur contribution au rayonnement international du Festival», conclut la même source.