Meurtre
Une simple visite immobilière. Une annonce comme il en paraît chaque jour, un rendez-vous fixé entre deux inconnus et la promesse d’un appartement à louer. Rien ne laissait penser que cette rencontre allait se transformer en une affaire criminelle, bouleversant deux destins et plongeant une famille dans le deuil.
À Ksar El Kébir, derrière la porte d’un logement ordinaire, une nuit a fait basculer plusieurs vies.
Tout commence lorsqu’un homme propose à une jeune femme de venir découvrir un appartement disponible. Elle accepte et se rend sur place, convaincue qu’il ne s’agit que d’une formalité avant une éventuelle location. Les premiers instants se déroulent sans incident. Mais une fois à l’intérieur, l’atmosphère change brusquement. Celui qui lui faisait visiter les lieux a tenté de la retenir contre son gré et de porter atteinte à son intégrité.
Face au danger, la jeune femme réagit instinctivement. Dans la peur et la confusion, elle repousse son agresseur avec force pour se dégager. Elle ne cherche qu’une seule chose : ouvrir une issue et s’enfuir. Sans attendre, elle quitte l’appartement et disparaît dans la rue, persuadée d’avoir laissé derrière elle un homme simplement déséquilibré par la bousculade, mais vivant. La réalité sera bien plus dramatique. L’homme succombe à ses blessures après sa chute. Lorsque les enquêteurs de la police judiciaire arrivent, ils découvrent un appartement silencieux et un corps sans vie, sans témoin direct pour raconter ce qui s’est réellement produit.
Commence alors une enquête délicate où chaque détail prend une importance capitale. Pendant plusieurs jours, les investigations progressent difficilement. Puis un élément attire l’attention des enquêteurs. Le téléphone portable de la victime est retrouvé en possession d’une jeune femme. Cet objet devient la pièce maîtresse du dossier et permet aux enquêteurs de remonter jusqu’à elle et l’arrêter. L’a-t-elle volé ? Non, repond-elle tout en livrant une explication constante. Dans sa fuite précipitée, elle soutient avoir ramassé par erreur le téléphone du jeune homme, croyant récupérer le sien. La panique a brouillé ses gestes et son jugement. L’accusation, au contraire, voit dans cette possession un indice de vol et estime que son comportement après les faits fragilise considérablement sa version.
Le procès devant la chambre criminelle près la Cour d’appel de Tanger donne lieu à des débats nourris. La défense insiste sur l’absence de préméditation et invoque la légitime défense, décrivant une femme acculée qui n’a agi que pour échapper à une menace de viol. Le représentant du ministère public rappelle cependant qu’un homme est mort, que des violences ont été exercées et que plusieurs éléments matériels contredisent, selon lui, le récit de la prévenue.
Après avoir examiné les faits et entendu les différentes parties, la Cour rend son sentence : sans retenir l’intention de tuer, mais considérant que les coups portés ont entraîné la mort de la victime, la jeune femme est coupable de coups et blessures volontaires ayant causé la mort sans l’intention de la donner, elle a été condamnée à cinq ans de réclusion criminelle après avoir bénéficié des circonstances atténuantes.









