Dans quelques jours, en principe, le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz devrait progressivement retrouver son rythme normal.
Une séquence de fortes tensions géopolitiques et économiques s’achèvera alors après avoir rappelé au monde entier à quel point certaines routes maritimes sont vitales pour l’économie mondiale.
Comme beaucoup d’autres pays, le Maroc n’a pas été épargné. La fermeture de ce passage a ravivé les inquiétudes sur l’approvisionnement de certaines matières premières essentielles à l’industrie, sur les coûts du transport maritime et sur les primes d’assurance appliquées aux navires transitant dans la région. À chaque crise de ce type, les mêmes interrogations refont surface: l’inflation va-t-elle repartir ? Les équilibres budgétaires seront-ils fragilisés? Les grands projets d’investissement devront-ils être ralentis ?
Ces craintes étaient légitimes. Elles l’étaient d’autant plus que l’économie mondiale sort à peine de plusieurs années marquées par une succession de chocs majeurs : pandémie, flambée des prix de l’énergie, perturbations logistiques, sécheresses répétées et tensions géopolitiques. L’addition aurait pu être lourde.
Pourtant, le Maroc aura traversé cette nouvelle zone de turbulence avec davantage de résilience que ce que beaucoup redoutaient. L’inflation est restée contenue à des niveaux historiquement bas. Les finances publiques ont préservé leurs grands équilibres. Les programmes d’investissement se sont poursuivis. Mieux encore, plusieurs grands chantiers stratégiques ont continué d’avancer, voire d’accélérer.
La crise d’Ormuz aura joué le rôle d’un nouveau test grandeur nature. Elle a rappelé que dans une économie mondialisée, aucun pays n’est totalement à l’abri des secousses internationales. Mais elle a également montré que la vulnérabilité n’est pas une fatalité. Plus une économie est diversifiée, plus ses institutions sont solides et plus ses marges de manœuvre sont importantes, mieux elle résiste aux chocs.
Le retour progressif à la normale dans le Golfe sera évidemment une bonne nouvelle pour les échanges internationaux. Mais cette accalmie ne doit pas être perçue comme une fin de l’histoire. Dans un monde devenu structurellement instable, la prochaine crise n’est jamais très loin. Elle prendra peut-être une autre forme, surgira dans une autre région ou touchera d’autres secteurs stratégiques. Peu importe finalement sa nature.
L’essentiel est que chaque choc traversé doit servir à renforcer davantage la résilience nationale, à diversifier les approvisionnements, à consolider les équilibres macroéconomiques et à accroître encore la capacité du pays à absorber les turbulences extérieures.
Car la véritable leçon de cette séquence n’est pas que le Maroc a résisté mais qu’il doit continuer à se préparer à résister davantage.










