RégionsSociété

Soufisme et réforme sociétale La Zaouïa Bassiriya de Beni Ayat au cœur d’un dialogue scientifique international

© D.R

Spiritualité
Placée sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la Zaouïa Bassiriya de Beni Ayat, province d’Azilal, a accueilli les 17 et 18 juin 2026 une importante rencontre scientifique internationale réunissant des oulémas, chercheurs et universitaires issus du Maroc ainsi que de plusieurs pays arabes, africains, européens et américains, à l’initiative de la Fondation Mohammed Bassir pour la recherche, les études et les médias, sous le thème «Les savants soufis : de la transmission du savoir au comportement éducatif et à la réforme sociétale».


Dans son allocution d’ouverture, Cheikh Moulay Ismaïl Bassir, président de la Fondation Mohammed Bassir pour la recherche, les études et les médias et serviteur de la Tariqa Bassiriya, a souligné l’importance du thème retenu, mettant en avant les contributions des savants soufis à la diffusion des valeurs de modération, à l’éducation spirituelle et au service des causes de la réforme sociétale.
La séance inaugurale a également été marquée par les interventions du président du conseil des oulémas de la région Béni Mellal-Khénifra, Dr Mustapha Zamhani, du doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines de Béni Mellal, Dr Mohammed Benlachehab, représentant le département des études islamiques, du coordinateur pédagogique du Master «Sciences religieuses et construction civilisationnelle» à l’Université Mohammed V de Rabat, Dr Abdelrazak Al-Jaï, ainsi que de Ismaïl Marji.
L’ouverture a été couronnée par une conférence inaugurale animée par Cheikh Abdelhadi Al-Kharsa, consacrée à «L’articulation entre la Charia et la voie spirituelle dans le parcours des savants», mettant en exergue la complémentarité entre les dimensions scientifique et éducative de l’expérience soufie sunnite.
Cette cérémonie s’est déroulée en présence du wali de la région Béni Mellal-Khénifra, du gouverneur de la province d’Azilal, du président du conseil régional, du président du conseil des oulémas de la région, du président du conseil local des oulémas d’Azilal, ainsi que des représentants des autorités locales, des élus, des responsables des services extérieurs, des chercheurs, étudiants et disciples de la Zaouïa Bassiriya.
En marge de cette rencontre, une convention de partenariat et de coopération a été signée entre la Fondation Mohammed Bassir pour la recherche, les études et les médias (section de Laâyoune) et l’Association «Arah Tay Modou» des sports populaires et traditionnels, dans l’objectif de promouvoir la coopération culturelle et scientifique et de valoriser le patrimoine et l’identité.
Cette manifestation scientifique s’inscrit dans une dynamique visant à mettre en lumière les rôles intellectuel, éducatif et réformateur joués par les savants soufis à travers les différentes époques, ainsi que leur contribution à la formation de l’individu, à la consolidation des valeurs du juste milieu et de la modération et au service des enjeux de développement humain et de réforme sociale.

Des communications scientifiques entre héritage soufi et enjeux contemporains
Les différentes sessions scientifiques ont été marquées par des communications académiques de haut niveau présentées par des chercheurs venus du Maroc, d’Irak, du Nigeria, du Canada, de Palestine et d’autres pays.
Les débats ont porté notamment sur la pensée soufie chez Abou Naïm Al-Isfahani, les efforts réformateurs des soufis au Maroc, les apports de l’intelligence artificielle dans la préservation et la diffusion du patrimoine spirituel, le rôle des confréries dans l’éducation et la cohésion sociale, ainsi que les enjeux du renouvellement civilisationnel et du renforcement de la sécurité spirituelle.
Les participants ont également abordé des thématiques liées à la gouvernance numérique du patrimoine soufi, à la médiation familiale et sociale, à la justice restaurative, ainsi qu’aux fondements doctrinaux et éducatifs du soufisme sunnite modéré.

Une clôture consacrant le rôle du soufisme dans la réforme de l’homme et de la société
Les travaux de cette rencontre scientifique internationale se sont achevés, le 18 juin, par une séance de dikr, de chants spirituels et de panégyriques religieux animée par l’artiste Ali Rabbahi et sa troupe, avant la lecture d’un message de fidélité et de loyalisme adressé à Amir Al Mouminine, Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Dans leurs recommandations finales, les participants ont souligné que le soufisme sunnite modéré a constitué, à travers l’histoire, un levier majeur de réforme religieuse, éducative et sociale, contribuant à la formation de l’individu, à la consolidation des valeurs de modération et à la préservation de la sécurité spirituelle.