Le Souverain adresse un message aux participants au 8ème Congrès mondial des Cités et gouvernements locaux unis
Evénement : Le Royaume du Maroc continue de faire de la coopération internationale décentralisée un levier opérationnel de partage d’expériences et d’expertises entre les collectivités territoriales, tout particulièrement avec leurs consœurs africaines, a assuré Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
«C’est précisément la mission dévolue au Fonds africain d’appui à la coopération décentralisée internationale (FACDI) des collectivités territoriales qui, quelques années après sa création en 2020, est devenu un mécanisme novateur pour accompagner des partenariats territoriaux à impact réel et pour ancrer une coopération interafricaine axée sur le développement local, la bonne gouvernance, le renforcement des capacités et l’échange de savoir-faire», a affirmé le Souverain dans un message adressé aux participants au 8ème Congrès mondial des Cités et gouvernements locaux unis (CGLU), dont la cérémonie d’ouverture officielle a eu lieu mardi à Tanger. Rappelant la conjoncture internationale sensible dans laquelle se tient ce Congrès mondial, SM le Roi a souligné, dans ce message dont lecture a été donnée par le ministre de l’intérieur, Abdelouafi Laftit, que les défis actuels «confirment, jour après jour, que l’avenir ne se construit pas seulement à travers des décisions centralisées mais aussi par l’implication des territoires». «C’est en effet à cette échelle que se concrétisent les politiques publiques dans leurs dimensions économique, sociale et environnementale, qu’il s’agisse d’éducation, de santé, de logement, d’eau, d’environnement, de transport, de culture, de loisirs ou de création d’emplois», a insisté le Souverain. SM le Roi a, par ailleurs, fait savoir que la dynamique de développement au Royaume du Maroc demeure intimement liée aux constantes qui font intrinsèquement l’unanimité de la Nation et qui constituent les piliers de sa stabilité et de son progrès. Dans cet esprit, a poursuivi le Souverain, «Nos provinces du Sud, au Sahara marocain, et à la faveur d’une vision intégrée fondée sur la solidarité, l’intégration régionale et le co-développement, continuent de voir se concrétiser de grands projets de développement, qui en ont fait un pôle de croissance et de stabilité, ainsi qu’un levier de consolidation de la coopération africaine et atlantique».
«Dans le même contexte, Nous avons lancé, au profit du continent africain, des initiatives guidées par une vision renouvelée de la coopération Sud-Sud. Parmi celles-ci figurent l’Initiative visant à favoriser l’accès des États du Sahel à l’océan Atlantique, le projet de Gazoduc Africain Atlantique, ainsi que le Processus des États Africains Atlantiques», a précisé SM le Roi, relevant que ces initiatives font de la façade atlantique africaine un espace stratégique de coopération et de prospérité partagée et confortent le rôle du Maroc en tant qu’acteur crédible et partenaire engagé au service d’un développement africain stable et intégré. Evoquant le thème du Congrès : «Une nouvelle génération de services publics locaux universels», le Souverain a affirmé qu’il rejoint, dans son essence même, «l’action que Nous nous attachons à mener au Royaume du Maroc, en veillant notamment à ce que les politiques publiques territoriales soient au service de l’Homme. De même, Nous considérons que l’accès aux services de base est un droit du citoyen et non un privilège lié à son lieu de résidence ou à son statut social». C’est dans cette optique que s’inscrit l’importance particulière du débat amorcé autour de l’avenir des services publics locaux universels, du nouveau pacte social local, du financement du développement territorial, de la transformation numérique, de la justice climatique et de la diplomatie territoriale, a précisé SM le Roi. Ce débat appelle, selon le message royal, à une relation renouvelée entre les gouvernements, les collectivités locales et les populations, qui soit adossée aux principes de proximité, d’écoute, de concertation, de transparence, de participation et de protection, et qui soit conçue comme une responsabilité publique commune poursuivant la finalité d’un développement équitable et durable.
Le Souverain a évoqué, à ce titre, l’initiative «100 jours de multilatéralisme local», qui place le Congrès mondial de l’Organisation des Cités et gouvernements locaux unis au centre d’un processus international intégré, et témoigne de la conviction grandissante que les gouvernements locaux et régionaux ne sauraient plus être réduits à de simples instances d’exécution des engagements internationaux.
«Ils s’imposent désormais comme des partenaires à part entière, contribuant à leur élaboration et comme une force de proposition au sein du système de gouvernance mondiale», a insisté Sa Majesté le Roi.
Verbatim

Khalid Safir, directeur général de la CDG
«L’architecture financière est très importante dans le domaine des territoires car c’est dans les régions que se mesurent les changements, notamment climatiques. Aujourd’hui, l’équation est complexe et le défi est de repenser comment acheminer les capitaux vers les centres qui génèrent le plus de plus-values. Et il s’agit d’évaluer ces éléments tant sur le plan social, économique que logistique. L’évolution de la manière de financer les différents projets s’est effectuée, en large partie, à travers la coopération Sud-Sud. Il s’agit aussi de prendre plus de risques pour capitaliser et c’est là où la CDG et les autres instances financières interviennent. En partant du fait que l’économie verte se construit territoire par territoire, la donne change et une nouvelle architecture mondiale est en train de prendre en forme. Car la régionalisation avancée s’est traduite par des transformations majeures dans plusieurs secteurs, notamment dans le domaine de la santé, de l’environnement et des équipements et des infrastructures. Pour le Maroc, les banques ont suivi, les instances internationales également. Les enjeux sont de trouver aujourd’hui les bonnes manières pour accélérer le processus. Le renforcement entre acteurs publics et privés étant nécessaire à ce stade. La Caisse de dépôt et de gestion intervient à ce niveau. En tant qu’investisseur public, la CDG mise aujourd’hui plus que jamais sur les territoires dans le cadre du processus de la régionalisation avancée. Et c’est de cette manière que l’architecture financière internationale en sera transformée. C’est tout là l’enjeu du Congrès aujourd’hui en matière de financement».

Mbarka Bouaida, présidente de l’Association des régions du Maroc
«Je souhaite démarrer ma présentation par des sujets soulevés au quotidien par le citoyen liés à l’eau, notamment comment lutter contre la sécheresse ? Comment lutter contre les incendies ou encore les inondations ? A travers la Loi organique, le rôle des régions est de plus en plus important en termes de planification territoriale. L’arsenal juridique est là et son exécution sous entend son financement. Et dans le cas de la région de Guelmim, le vrai défi est de savoir comment ces projets pourront être structurés pour arriver à des solutions durables. Je prends l’exemple de l’eau qui est une priorité, en citant la BERD comme partenaire dans ce projet aussi crucial. L’instance nous accompagne également dans le cadre du transfert de savoir-faire en matière d’eau. Et Guelmim-Oued Noun est la seule région à être accompagnée par une instance internationale. La préservation des oasis étant une priorité dans la région. Nos plans territoriaux tiennent compte de la stratégie nationale bien sûr. Le financement des régions est d’ailleurs très cadré par la loi, ce qui représente une garantie que nous apportons aux banques. Le second défi, à mon sens, est de trouver le meilleur outil de financement car dans la région nous avons de petites collectivités, des TPE et des PME. Pour résumer, les expériences concluantes existent au Maroc mais il n’y a pas encore beaucoup de marge de manœuvre alors qu’il y a encore tant à faire ».
Propos recueillis par Dounia Essabban









