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Ingénierie urbaine pour réduire les disparités sociales : Tous réunis pour créer des territoires où il fait bon vivre !

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Les différents intervenants ont présenté leur vision quant aux leviers permettant de construire des territoires plus inclusifs, résilients et équilibrés. 

Innovation et accessibilité : C’est cette thématique qui a été présentée, lors de la troisième journée du Congrès mondial des cités et des gouvernements élus (CGLU), organisé à Tanger par le ministère de l’Intérieur. Tour à tour, les experts du domaine ont présenté leur vision pour une meilleure valorisation des territoires à travers l’expérience des villes intermédiaires. L’objectif étant d’endiguer les disparités sociales. Les détails.

 

Face à l’accélération du changement climatique, aux crises géopolitiques et à l’aggravation des inégalités sociales et territoriales, cette session aura permis aux différents intervenants de présenter leur vision quant aux leviers permettant de construire des territoires plus inclusifs, résilients et équilibrés. Le rôle des villes intermédiaires à ce stade est stratégique dans la cohésion territoriale. La planification urbaine sensible au climat et fondée sur la justice spatiale a également été citée comme élément important de cette problématique. Ce Congrès aura ainsi pour finalité de réunir décideurs publics, collectivités territoriales et partenaires internationaux autour de solutions innovantes pour réduire les vulnérabilités sociales et territoriales. Et la réflexion autour de la question enrichira les débats internationaux sur les futurs cadres de développement urbain et territorial post-2030.
Sous la modération de Fabricio Rossi, secrétaire général au CCRE (Conseil des communes et régions d’Europe), Youssef Hosni, secrétaire général du département de l’urbanisme au sein du ministère de l’habitat, de l’aménagement du territoire national et de la politique de la ville, a rappelé que le Maroc mène une réflexion sur les disparités sociales territoriales depuis plusieurs années déjà. « La justice sociale ne pouvant pas être dissociée de la politique territoriale». Le ton est donné car la nécessité d’agir pour avoir un développement territorial dans l’égalité s’invite dans un contexte social de plus en plus complexe où les facteurs climatiques ont vite fait de changer la donne !
«Sous l’impulsion du Souverain, le logement social a été placé au cœur des priorités ; l’objectif étant de résorber la totalité des bidonvilles d’ici 2030 », poursuit le représentant dudit ministère. Si la politique «Villes sans bidonville» a été mise en œuvre depuis plus d’une décennie, une nouvelle étape a été, aujourd’hui franchie dans le sens où le logement social sera suivi d’infrastructures, d’espaces de vie pour une meilleure intégration territoriale.
«Le rapprochement des services publics aux citoyens est au cœur de la nouvelle politique. Et compte tenu du changement climatique, le processus devra être accéléré. Mais ce qui est sûr c’est que les maîtres mots de la politique sont équité, résilience et inclusion», poursuit le haut fonctionnaire. Pour sa part, Kandia Camara, maire de Abobo et présidente du Sénat de Côte d’Ivoire, a présenté le cas de la ville d’Abobo qui compte, aujourd’hui, pas moins de deux millions d’habitants. «Avec une population âgée de moins de 35 ans, cette ville a connu de grands retards mais à partir de 2011, de grands projets sont venus apporter des changements à cette cité comme des constructions de lycées, d’hôpitaux, de voieries, des espaces de culte… Tout ceci a été réalisé dans un souci de justice sociale. Nous avons décidé de mettre en œuvre, en effet, une politique de gouvernance intégrée participative. La ville comprend, actuellement, 70 sous-quartiers et l’implication des habitants a permis de récolter leurs avis et d’en faire ainsi des personnes de plus en plus heureuses », explique-t-elle non sans une pointe de fierté.
La recommandation première de la maire de la ville sénégalaise est de développer des partenariats permettant l’accompagnement sur le financement. Des jumelages entre des villes de différents états représentent aussi une manière de développer l’urbanisme des villes de manière durable en tenant compte de la donne sociale. «Et d’ailleurs, ce Congrès est une opportunité pour toutes les parties prenantes de nouer des ententes à cette fin». L’élue sénégalaise n’omettra pas de le signaler au passage…
Oumar Ba, président de CGLU Afrique et président de l’Association des maires du Sénégal, a décrit, de son côté, ce que vit le Sénégal quant à la difficulté d’accéder aux logements d’une manière générale. «Avant, les caractéristiques des logements changeaient en fonction des endroits car ils étaient adaptés à l’environnement et répondaient aux contraintes. Ils étaient par ailleurs construits avec des matériaux locaux, ce qui permettait d’avoir des logements accessibles. Aujourd’hui, au Sénégal, cette notion a été malheureusement perdue et le béton a engendré une uniformisation de l’habitat. Le défi est de trouver des matériaux conformes au lieu où les logements seront construits». L’élu du Sénégal a souligné une donne importante.
Pour Minna Karhunen, présidente de l’Association des villes et des municipalités finlandaises (Kuntaliitto), « l’accessibilité aux services publics ne doit pas représenter un rêve mais au contraire une nécessité pour enrayer les inégalités sociales en matière de logements».
Bref, tous les intervenants abondent dans le sens d’une quête d’une meilleure qualité de vie dans les villes en proposant des solutions «intelligentes» tenant compte du coût des matériaux, de l’environnement, du changement climatique, des infrastructures devant accompagner les logements… Ceci dans un souci d’égalité et d’accessibilité.

Verbatim

Les liens ruraux-urbains comme moteurs d’équilibre territorial

Taoufiq Benali, gouverneur directeur de l’Agence urbaine de Casablanca.

«Le nouveau schéma directeur repose sur une architecture péri-centrique. Il intègre un accompagnement des offres territoriales pour les rapprocher aux accès de la vie courante. L’amélioration de la mobilité a également été retenue dans le cadre de ce schéma directeur pour ne citer que le tramway, la rocade collectrice et le RER. Ceci dans un souci de connecter la périphérie au centre-ville et permettre que le territoire puisse respirer. Ces axes ont été respectés et les cœurs de villes sont devenus au fil des ans des centres de business. Et la production de logements connaît un dynamisme certain ».

Saya Setsuko, directrice adjointe centre de dévelop-pement de l’OCDE.

Les villes intermédiaires doivent avoir des stratégies propres. L’une d’entre elles au Mozambique a été construite de telle sorte à ce que les habitants n’utilisent que les bicyclettes. Ceci pour améliorer leur vie. Une ville ainsi attrayante est le résultat d’une bonne coordination pour maintenir cette harmonie».

Fatiha El Moudni, présidente du conseil communal de Rabat et présidente de Métropolis.

« Les politiques publiques ne peuvent pas être inclusives rurales et urbaines. Notre approche sur les inégalités sociales est que tous les citoyens doivent avoir accès aux services publics. Car l’égalité consiste aussi en l’accessibilité. Nous devons réfléchir ainsi. L’équité territoriale ne veut pas dire appliquer les mêmes solutions partout. Cette approche a été traduite par des actions comme les 75 terrains de proximité construits, les piscines municipales remplies avec de l’eau de mer, la réhabilitation de la médina. C’est de cette manière que l’équité sera atteinte».

Hosni El Ghazaoui, président du directoire de la Holding Al Omrane.

«Nous sommes en train de parler de dignité, de crédibilité, de politiques publiques, de stabilité sociale dans un contexte d’accélération de déséquilibres avec le changement climatique. Cette ambition s’inscrit dans la vision royale 2025 avec comme priorité le développement territorial intégré. Et c’est dans ce cadre que le Groupe Omrane arme l’Etat d’habitats. Notre vision est de traduire les politiques publiques. Dans le nouveau programme Habitat 2024/2028, il s’agit de construire 148.000 habitats. Ce nombre étant réparti sur 84 localités au Maroc ».