ActualitéUne

Migration et diaspora élue : Quels défis et opportunités ?

© D.R

Verbatim : Dans un contexte marqué par l’accélération des flux migratoires, les tensions géopolitiques et les défis liés à l’inclusion sociale, une session lors de la 8ème édition du Congrès CGLU, Sommet mondial des dirigeants locaux et régionaux, a été organisée pour en débattre. Enjeux et opportunités.

Abdellatif Maazouz président du conseil de la région de Casablanca-Settat. 

«La question est de savoir comment ces collectivités territoriales peuvent mobiliser cette diaspora pour une meilleure représentativité. Selon les chiffres, il y a aujourd’hui 304 millions de migrants à travers le monde. Et cette migration a un coût puisque 82.000 morts ont été recensés en 2014, soit environ 16.000 décès par an.

Pour le Maroc, sa diaspora constitue une manne financière avec un transfert de pratiquement 905 milliards de dirhams en devises. Il s’agit, rappelons-le, de la contribution la plus chiffrable concernant la diaspora pour le pays d’origine. Cela dit, il faut noter que d’un autre côté, le pays perd 700 médecins par an. Au Maroc, en 2024, 150.000 résidents de l’étranger ont été comptabilisés. 60% sont originaires du continent africain. 61.000 vivent dans la région de Casa-Settat. Ces migrants sont intégrés économiquement dans plusieurs domaines comme l’agriculture, les finances ou encore le BTP. Tous ces flux ont un impact sur le territoire par le biais des associations mixtes, ces migrants s’investissent dans les cités. Dans l’autre sens, le Marocain est très mobile. Cette population de MRE est très entourée aussi et nous devons nous occuper d’eux sur le plan territorial.
D’ailleurs, les Art 17-18 de la Constitution ont été spécialement conçus pour cette population. Ils concernent notamment le vote.

La gestion de la diaspora marocaine est citée comme exemple à l’échelle mondiale. L’opération Marhaba l’atteste. Il faut dire que les MRE contribuent à la politique territoriale déjà dans le rural à travers la construction d’écoles, l’amélioration des conditions de vie en général dans les douars. Partant de ces constats, je recommande la création d’un Observatoire national des mouvements humains (entrants et sortants) et la production de la Data pour préparer les politiques urbaines. Une plateforme de compétences serait aussi la bienvenue dans la même optique. D’ailleurs, lors de la Coupe du monde nous sommes allés chercher les joueurs marocains un à un… et ça a marché. Bref, il ne faut pas rester sur l’aspect sécuritaire pour cette diaspora. Il faudra même réserver un quota parmi les élus locaux pour qu’ils puissent participer au développement territorial».

Severine Diallo, directrice des programmes Migration à la GIZ (Agence de coopération internationale allemande). 

«Nous entreprenons des actions locales pour améliorer la gestion de la migration et nous travaillons pour cela avec la diaspora marocaine qui est établie en Allemagne.
D’ailleurs, elle a été dénombrée à 250.000 personnes et est très bien intégrée. L’Allemagne compte des Marocains très engagés dans la politique locale. En matière de transfert de compétences, on accompagne la région d’Al Hoceima à travers un mémorandum signé avec la région Basse Saxe (Hanvers) où les intérêts sont communs. Les investissements, la mobilité professionnelle et la formation professionnelle caractérisent les Marocains en Allemagne car la main-d’œuvre est très demandée.
L’Allemagne et l’Union européenne tiennent, par ailleurs, à ce que cette mobilité professionnelle soit gagnante. Et de ce partenariat est né un cadre de représentants allemands. Dans l’autre sens, des déplacements de la délégation marocaine en Allemagne sont organisés. Sur un autre registre, la GIZ accompagne les diasporas Sud-Sud. Car la migration est tout d’abord intra africaine au Maroc. Et c’est dans ce cadre que nous accompagnons les acteurs marocains pour renforcer leurs connaissances».

 

Lire votre journal

EDITO

Couverture

Nos suppléments spéciaux