Après le pouvoir d’achat et les services publics dévoilés précédemment à Fès et Oujda, le parti a choisi Marrakech comme troisième escale
Logique thématique : Le troisième engagement du programme du RNI fixe un cap ambitieux : un million d’emplois supplémentaires à l’horizon 2030. Au-delà de cet objectif global, le parti détaille une batterie de mesures touchant à la création d’emplois, à l’indemnité pour perte d’emploi (IPE), à la protection des travailleurs saisonniers ainsi qu’au financement de l’entrepreneuriat.
Après la protection durable du pouvoir d’achat dévoilée, il y a quelques jours, à Fès puis le deuxième engagement consacré à la qualité des services publics et à la justice territoriale présenté à Oujda, le Rassemblement national des indépendants (RNI) poursuit le dévoilement progressif de son programme pour la prochaine législature. La troisième étape, tenue à Marrakech, est cette fois entièrement consacrée à l’emploi et à l’inclusion économique.
L’ambition affichée est importante. Le parti vise ainsi la création de près d’un million d’emplois à l’horizon 2030, soit environ 100.000 nouveaux postes chaque année, tout en ramenant le taux de chômage de 10,8% à moins de 9%. Pour soutenir cette dynamique, le programme prévoit une mobilisation supplémentaire de 15 milliards de dirhams afin de porter le taux d’investissement national à 33% du PIB sur la période 2026-2031.
Un million d’emplois répartis sur plusieurs moteurs de croissance. L’industrie constituerait le principal gisement avec 300.000 emplois, devant les services traditionnels et l’économie numérique (240.000 emplois), les activités et projets directement liés à la Coupe du monde 2030 (150.000 emplois), le tourisme (100.000 emplois), l’agriculture (100.000 emplois) ainsi que les autres secteurs de services (100.000 emplois).
Le programme insiste également sur le rôle des grands projets structurants comme accélérateurs d’emploi. Les chantiers liés au dessalement de l’eau de mer, aux grands barrages, aux ports, au port Dakhla Atlantique, aux infrastructures de la Coupe du monde ou encore aux grands investissements industriels sont présentés comme des leviers capables de diffuser la création d’emplois dans l’ensemble des territoires.
Parallèlement, le RNI entend placer l’emploi au cœur de la politique économique avec une croissance annuelle ciblée de 5%.
250.000 parcours d’insertion chaque année
Le premier volet du programme ne se limite pas à la création d’emplois. Il prévoit également un dispositif spécifique destiné aux travailleurs du secteur informel ainsi qu’aux jeunes NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation). Ces derniers bénéficieraient d’un parcours individualisé comprenant diagnostic, orientation, formation courte, accompagnement et insertion professionnelle.
L’objectif annoncé est de parvenir progressivement à 250.000 insertions professionnelles par an.
Refonte de l’indemnité pour perte d’emploi (IPE)
Un deuxième axe concerne la réforme de l’indemnité pour perte d’emploi. A ce titre, le programme prévoit de doubler la durée d’indemnisation, qui passerait de 6 à 12 mois.
Les bénéficiaires pourraient percevoir 70% de leur salaire de référence pendant douze mois, avec un plafond relevé jusqu’à quatre fois le SMIG.
Les conditions d’ouverture des droits seraient également assouplies puisque le nombre de jours de cotisation exigés passerait de 780 à 520 jours au cours des trois dernières années.
Le RNI prévoit également une réforme du calcul de l’indemnité afin de mieux prendre en compte les salariés percevant des revenus supérieurs au salaire minimum.
Une protection sociale pour les travailleurs saisonniers
Le troisième volet, lui, cible une catégorie longtemps restée à la marge des dispositifs classiques : les travailleurs saisonniers.
Le programme prévoit qu’ils bénéficient désormais des mêmes droits que les salariés permanents en matière d’assurance maladie obligatoire, de retraite, d’allocations familiales ainsi que d’indemnité pour perte d’emploi.
Et pour rendre ce dispositif opérationnel, le parti propose la création d’une carte professionnelle du travailleur saisonnier permettant de comptabiliser les journées effectivement travaillées et d’accumuler progressivement les droits sociaux.
Les contrats à durée déterminée (CDD) seraient, de leur côté, davantage encadrés. Leur utilisation serait limitée aux besoins réellement temporaires ou exceptionnels, avec un basculement automatique vers un contrat à durée indéterminée (CDI) dans les situations prévues par la réglementation.
Parmi les principaux bénéficiaires de cette réforme les travailleurs de l’agriculture, du tourisme, de la pêche, de la culture, du bâtiment et des travaux publics.
Des prêts productifs sans intérêt
Le quatrième volet concerne l’entrepreneuriat. Sous cet engagement, le RNI prévoit la création d’un fonds national de prêts productifs sans intérêt, garantis par l’État, destiné aux personnes en situation de vulnérabilité souhaitant lancer une activité économique.
Le dispositif repose sur plusieurs principes : suppression de l’exigence de garantie personnelle, remboursement adapté à la capacité financière des bénéficiaires, accompagnement technique depuis la conception du projet jusqu’au lancement de l’activité ainsi que le financement de petits projets répondant aux besoins des économies locales.
Au-delà du financement, le parti présente cette mesure comme une évolution du rôle de l’État, appelé à devenir non seulement un filet de protection sociale mais également un levier d’inclusion économique et de création de richesse.
Une troisième étape centrée sur l’emploi
Avec ce troisième engagement, le RNI poursuit la présentation progressive de son programme en suivant une logique thématique.
Après le soutien durable au pouvoir d’achat puis la qualité des services publics, le parti choisit de placer l’emploi et l’inclusion économique au centre de cette nouvelle séquence. À travers ces quatre ensembles de mesures, dévoilés à Marrakech, le but est donc d’agir simultanément sur plusieurs leviers : création de postes, sécurisation des parcours professionnels, élargissement de la protection sociale et encouragement de l’initiative privée.
Dans les jours qui viennent, une dernière étape est programmée à Casablanca où se déroulera probablement une séquence finale de consolidation de l’ensemble des engagements qui composeront le programme complet du RNI de la prochaine législature.








