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Le Portugal de Ronaldo et la Croatie de Modrić se disputent une place en huitièmes: Une dernière danse à Toronto

© D.R

16èmes de finale
Le stade de Toronto s’apprête à vibrer ce jeudi à minuit pour un grand choc des seizièmes de finale. Au-delà de la qualification pour les huitièmes, cette rencontre historique offre une résonance unique : elle marquera l’ultime confrontation sur la scène mondiale entre deux légendes du football moderne, Cristiano Ronaldo et Luka Modrić.


L’élégant artiste Luka Modric et le buteur invétéré Cristiano Ronaldo, ex-complices au Real Madrid, ont étiré leur carrière jusqu’à la quarantaine et un Croatie-Portugal au Mondial-2026 qui laissera un de ces talents générationnels sur la touche jeudi à Toronto.
Ce seizième de finale dessine une nouvelle guerre des étoiles entre d’un côté Modric, milieu délicieux de 40 ans qui dispute sa dernière Coupe du monde, et de l’autre Ronaldo, superstar globale déterminée à repousser à 41 ans le déclin que beaucoup lui prédestinent.
Au crépuscule de leur carrière internationale, ces deux copains d’avant vont donc livrer un ultime affrontement, après avoir partagé tant de titres ensemble au Real Madrid, entre 2012 et 2018.
Cette année-là, Modric a remporté sa troisième Ligue des champions d’affilée, emmené la Croatie en finale de la Coupe du monde et décroché le Ballon d’Or, un an après le cinquième et dernier obtenu par «CR7».
Le N°7 du Portugal a joué jusque-là trois matchs en entier, alternant le meilleur (doublé contre l’Ouzbékistan), le pire (contre la RD Congo) et le moyen (contre la Colombie), suscitant des commentaires incessants sur ses prestations irrégulières.
«J’ai 23 ans de carrière et, à chaque fois que les choses vont bien, «c’est Cristiano» et quand ça va mal, on le pointe du doigt «il est fini, il est vieux». Ce sera toujours comme ça», a-t-il lâché après l’Ouzbékistan.
Le N°10 de la Croatie, lui, est monté en puissance à la fois dans les minutes jouées et la qualité déployée, jusqu’à une prestation complète et couronnée d’éloges contre le Ghana (2-1) en clôture du premier tour.
«Comme d’habitude, il a été le maestro de l’équipe», s’est incliné le sélectionneur portugais des Black Stars, Carlos Queiroz. Le Ghana a tenté des ajustements pour «essayer de bloquer» ses initiatives, mais «avec sa manière de se déplacer, il est toujours très difficile de le contrôler».
Cet esthète du ballon rond, réputé pour sa technique soyeuse et sa science du jeu, avait encore du jus à la fin pour délivrer un corner sur la tête de Nicola Vlasic (83e) – faisant de lui le passeur décisif le plus âgé de l’histoire en Coupe du monde – et réaliser une dernière intervention défensive, également décisive, dans le temps additionnel.
Au total, il a même «sauvé deux buts, en se battant, en se jetant, et il n’a jamais abandonné», l’a félicité son sélectionneur, Zlatko Dalic.
«C’est vraiment un exemple de ce qu’il faut faire, et c’est ça, son caractère, son énergie. Il essaie de faire de son mieux pour ses adieux avec la Coupe du monde», a souligné le patron de l’équipe au damier, demi-finaliste en 2022 au Qatar.
Dans le camp d’en face, Cristiano Ronaldo entend lui aussi repousser ses limites pour son sixième Mondial.
Pour son premier, en 2006, il avait terminé aux portes de la finale, éliminé par la France de Zinédine Zidane. Les trois suivants se sont vite et donc mal finis, et en 2022 il a échoué en quarts de finale, dans la peau d’un remplaçant.
Roberto Martinez, l’actuel sélectionneur, a fait du capitaine aux 145 buts en 231 sélections un indéboulonnable de son «onze» de départ, un choix qui ne passe pas toujours bien au Portugal, mais qui comble de joie ses nombreux admirateurs dans les stades nord-américains.
Le vainqueur de ce duel portugo-croate et Ronaldo-modriesque gagnera un billet pour un huitième de finale contre l’Autriche ou l’Espagne, le 6 juillet à Dallas.