Agenda
Pour les mois de juillet, août et septembre, la Fondation Al Mada propose une programmation culturelle riche et variée alliant expositions, concerts et spectacles musicaux. En voici un aperçu !
La Fondation Al Mada a dévoilé son programme pour le nouveau trimestre (juillet, août et septembre). Entre exposition, concerts et spectacles, la nouvelle programmation prévoit plusieurs temps forts aux Villas des Arts de Casablanca et Rabat. A commencer par l’exposition «De fil en mémoire» de Soumiya Jalal prévue du 24 juin au 20 septembre 2026. A travers cette exposition, le public découvre l’œuvre de Soumiya Jalal se situant à la lisière de la sculpture textile et de l’installation immersive. «S’inscrivant dans la lignée de figures majeures de l’Art Textile telles que Sheila Hicks ou Chiharu Shiota, l’artiste explore la puissance narrative de la fibre à travers des structures monumentales qui redéfinissent l’espace architectural», lit-on dans la note d’information. Et d’indiquer: «Sa démarche repose sur une alchimie du contraste : l’utilisation de matériaux dits «pauvres» ou utilitaires – ficelle de chanvre, sisal, laine brute de chèvre et de mouton – qu’elle détourne de leur usage premier pour leur offrir une dignité sculpturale. Par l’accumulation et la répétition du geste, ces fibres humbles se métamorphosent en panneaux de plusieurs mètres de haut, véritables parois de mémoire qui imposent une confrontation physique et sensorielle au spectateur ».
L’artiste tisse un dialogue constant entre la matité organique des matières animales et l’éclat nerveux du fil de cuivre. Dans ses installations, la lumière agit comme un matériau à part entière : elle vient s’absorber dans l’épaisseur des laines ou ricocher sur les structures métalliques, créant un jeu d’ombres portées qui prolonge l’œuvre dans l’immatériel. Chaque installation est une invitation à ralentir, un passage entre le domestique et le sacré, où la verticalité des panneaux devient une écriture silencieuse, reliant l’intime à la démesure de l’espace. Le programme comprend également «l’exposition «État(s) de passage». Celle-ci réunit treize artistes nés entre 1985 et 2000 dont les pratiques questionnent les nouvelles formes de création liées à la mobilité transnationale. Imaginée par le commissaire Achraf Remok et portée par l’Institut français du Maroc dans le cadre de sa saison culturelle 25-26 «J-Lioum Ici et maintenant», «État(s) de passage » explore ainsi la manière dont une génération navigue entre territoires, disciplines et identités mouvantes.
«Ni totalement d’ici, ni totalement d’ailleurs, ces artistes incarnent ce que Deleuze et Guattari nomment la «déterritorialisation»: un processus de création qui échappe aux logiques d’appartenance fixes. Leurs trajectoires dessinent une cartographie inédite où Rabat, Casablanca, Tétouan, Marrakech, Paris, Bruxelles, Marseille et Zurich deviennent des lieux d’expérimentation plutôt que des origines déterminantes. L’exposition rassemble des pratiques multiples – cinéma expérimental, photographie documentaire, arts numériques, installation, peinture, broderie etc. – qui témoignent d’une porosité disciplinaire caractéristique de cette génération». Le public découvre de même «Papers blooming in a forest» d’Ilyas Selfati. Cette exposition trouve son origine dans une résonance historique et artistique avec le séjour de Henri Matisse à Tanger en 1912. À une période marquée par le deuil et le doute, Matisse découvre dans la ville un espace de retrait et de renouvellement. Ce moment fondateur devient, plusieurs décennies plus tard, un point d’ancrage pour Ilyas Selfati.
Revenant sur les traces de cette expérience, Selfati réinvestit un lieu chargé d’histoire et d’imaginaire, transformant ce geste en une démarche à la fois intime et conceptuelle. Ce retour prend la forme d’un rituel artistique, où la mémoire personnelle et l’héritage pictural se croisent dans un espace devenu à la fois refuge et laboratoire de création. «Au cœur de cette exposition, la fenêtre s’impose comme un motif central. Héritée de la tradition picturale depuis la Renaissance, elle devient ici un dispositif complexe, oscillant entre ouverture et retrait, entre perception et introspection. Chez Selfati, elle ne se contente pas de cadrer le monde : elle en interroge la possibilité même», lit-on dans la présentation de l’exposition. Le programme donne à voir d’autres rendez-vous culturels à l’instar le Spectacle, workshop et dance battle: Breaking in Morocco (4ème édition) «Breaking in Morocco».
Il s’agit d’un évènement international de breaking qui se déroulera sur l’esplanade de la Villa des Arts de Casablanca en juillet 2026. C’est un évènement sur deux jours avec au programme un workshop, un spectacle breaking et un battle de danse qui accueillera tous les jeunes talents du breaking. «Cet évènement est une continuation du travail qui a été fait depuis 2020 avec les programmes training et les compétitions pour promouvoir la transition pour les jeux olympiques». Outre ce rendez-vous, le public découvre «Mizaj» prévu vendredi 10 juillet 2026 à la Villa des Arts de Rabat. Il s’agit d’un projet musical et performatif qui vise à recréer une fusion du patrimoine musical marocain dans une œuvre contemporaine, où les sons du passé deviennent un cri artistique moderne exprimant l’identité plurielle du Maroc. «Le projet relie les différentes régions du Maroc (Rif, Atlas, Sahara, plaines) à travers un mélange de styles musicaux tels que la musique gnaoua, ahwach, aïta, andalouse, ainsi que le rap et la musique électronique».









