La population urbaine connaîtrait une expansion significative, passant de 23,1 millions en 2024 à 32,5 millions en 2060, soit une augmentation d’environ 41%.
Rapport : Le principal fait démographique des prochaines décennies réside dans l’accélération du vieillissement de la population. Selon les projections démographiques du HCP, les personnes âgées de 60 ans et plus verraient leur effectif plus que doubler, passant de 5 millions en 2024 à près de 10,9 millions vers 2060.Les détails.
Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) vient de publier un rapport sur les projections de la population au Maroc 2040-2060 en se basant sur les résultats du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024. Dans le cadre de ce rapport, le HCP a procédé à l’actualisation des projections démographiques pour le Maroc, en intégrant les données récentes sur la fécondité, la mortalité ainsi que les migrations internes et internationales. Selon le scénario moyen (tendanciel), la population du Maroc passerait de 36,8 millions d’habitants en 2024 à 43,3 millions en 2060, soit une hausse d’environ 18%. Cela équivaut à une population additionnelle moyenne de 182.000 habitants. Toutefois, cette progression s’accompagnerait d’un net ralentissement du rythme de croissance.
Le taux d’accroissement annuel, estimé à 0,7% en 2024, diminuerait progressivement pour tendre à environ 0,08% à l’horizon 2060. Le HCP fait remarquer que cette croissance globale masque des dynamiques territoriales contrastées. Cette croissance globale masque des dynamiques contrastées selon le milieu de résidence. La population urbaine connaîtrait une expansion significative, passant de 23,1 millions en 2024 à 32,5 millions en 2060, soit une augmentation d’environ 41%. Cette évolution traduit une urbanisation soutenue, portée par l’exode rural, la concentration des activités économiques et le développement de nouvelles zones urbaines. Cela dit, le rythme de croissance de la population urbaine devrait progressivement ralentir, avec un taux d’accroissement annuel qui passerait de 1,38% en 2024 à 0,47% en 2060. En conséquence, près de trois Marocains sur quatre (75%) vivraient en ville à l’horizon 2060, contre 62,7% en 2024. En revanche, la population rurale connaîtrait une diminution progressive, passant de 13,7 millions en 2024 à 10,8 millions en 2060, soit une baisse de près de 21%. Cette contraction résulte à la fois de l’intensification de la migration, particulièrement des jeunes adultes vers les villes et de la baisse continue de la fécondité en milieu rural. Le HCP souligne que cette urbanisation soutenue nécessite la mise en place de politiques publiques capables de répondre aux besoins croissants en logement, infrastructures, éducation et santé, tout en limitant les déséquilibres territoriaux.
La population âgée de 15 à 59 ans continuera de croître
La baisse prévue de la fécondité se répercuterait directement sur les effectifs de ces différentes tranches d’âge. Ainsi, la population préscolaire (4-5 ans) enregistrerait une diminution de 23,8%, passant de 1,25 million en 2024 à 0,96 million en 2060. Le nombre d’enfants scolarisables dans le primaire (6-11 ans) reculerait de 27%, de 4,16 millions à 3,04 millions sur la même période. De même, les effectifs des enfants de 12-14 ans passeraient de 2,08 millions à 1,61 million, soit une baisse de 22,9%. Le groupe des 15-17 ans devrait connaître une diminution de 11,4% d’ici 2060, passant de 1,85 million en 2024 à 1,64 million. Dans son rapport, le HCP fait savoir que la population âgée de 15 à 59 ans continuerait de croître jusqu’en 2060, enregistrant une augmentation de 13,1%, passant de 22,08 millions en 2024 à près de 24,96 millions en 2060, soit un accroissement annuel moyen d’environ 80.190 personnes. La population proche de la retraite (50-59 ans) connaîtrait une hausse particulièrement marquée, progressant de 44,9%, passant de 3,74 millions en 2024 à 5,42 millions en 2060. Par ailleurs, les jeunes âgés de 18 à 24 ans, futurs entrants sur le marché de travail, connaîtraient une légère baisse de leur effectif, passant de 3,89 millions à 3,77 millions, soit une diminution de 3,1% entre 2024 et 2060.
Les personnes âgées de 70 ans et plus devraient atteindre 6,3 millions en 2060
Pour ce qui est des séniors, la croissance du nombre de personnes âgées de 60 ans et plus au cours de prochaines décennies serait étroitement liée à la baisse de la fécondité. Ainsi, les générations nées à partir de 1975 atteindront l’âge de la vieillesse à partir de 2035, ce qui contribuera à accélérer cette dynamique. La population âgée de 60 ans et plus connaîtrait une progression soutenue, avec un rythme annuel moyen de 2,2% entre 2024 et 2060. Elle passerait de 5 millions en 2024 à 10,9 millions en 2060, représentant à cette date près de 25,2% de la population totale, contre seulement 8% en 2004, 9,4% en 2014 et 13,6% en 2024. Par milieu de résidence, les effectifs des personnes âgées progresseraient fortement en milieu urbain, ils passeraient de 3,18 millions en 2024 à 8,06 millions en 2060, soit une multiplication par 2,5 fois. En milieu rural, ils augmenteraient de 1,81 million à 2,83 millions sur la même période, soit une multiplication par 1,6 fois de son effectif. La population des personnes âgées de 70 ans et plus connaîtra une croissance spectaculaire au cours des prochaines décennies. Elle passerait de 2,06 millions en 2024 à 6,3 millions en 2060, soit une multiplication par plus de trois, avec une augmentation annuelle moyenne estimée à près de 118.000 personnes. Cette progression sera particulièrement marquée en milieu urbain, où le nombre de septuagénaires atteindrait 4,44 millions en 2060, contre 1,25 million en 2024, soit une hausse de 256%. En revanche, la croissance serait plus modérée en milieu rural, passant de 0,81 million à 1,86 million sur la même période. Ces évolutions traduisent un vieillissement accéléré de la population marocaine, mais également son caractère de plus en plus urbain. Le vieillissement démographique constitue désormais un enjeu stratégique majeur, qui soulèvera plusieurs contraintes concernant le financement des retraites et la couverture des dépenses de santé, compte tenu de l’augmentation rapide du nombre de personnes âgées, dont une proportion significative nécessitera des soins de longue durée liés aux maladies chroniques et dégénératives. Cette situation exige la mise en place de réformes structurelles ambitieuses afin d’assurer la pérennité des systèmes de protection sociale, de préserver les solidarités familiales et intergénérationnelles, mais aussi de promouvoir un «vieillissement actif» .









